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De Regina à Québec afin d'étudier et nager en français pour Jean-Philippe Dufresne

Jean-Philippe Dufresne vise les Jeux olympiques de 2020.
Jean-Philippe Dufresne vise les Jeux olympiques de 2020. Photo: Radio-Canada / Simon Roberge

Après avoir effectué sa première année universitaire avec les Cougars de l'Université de Regina, le nageur fransaskois Jean-Philippe Dufresne a choisi de rejoindre les rangs Rouge et Or de l'Université Laval, à Québec. Sa décision n'a rien à voir avec le sport, dit-il, c'est qu'il voulait étudier en français.

Un texte de Charles Lalande

Avant l'université, Jean-Philippe Dufresne a suivi un parcours scolaire en français, à l'école Monseigneur de Laval à Regina, « dans un bel environnement qui permet aux francophones en milieu minoritaire de garder leur culture ».

En douzième année, il explique avoir visité différents établissements scolaires avant de choisir de rester à Regina, notamment parce que le programme de natation avait attiré son attention, mais aussi les professionnels qui y participent.

« J’ai aimé l’équipe et Abderrahmane Tissira est un entraîneur phénoménal, mais j’ai moins aimé étudier en anglais. Pendant cette année en milieu anglophone, j’ai trouvé que la qualité de mon français avait beaucoup diminué. »

J’avais envie de vivre ma culture, de vivre ma langue.

Jean-Philippe Dufresne, nageur

La Cité universitaire francophone de l'Université de Regina garantit une présence francophone à l'université grâce à ses programmes d'enseignement. Elle offre cinq programmes de premier cycle et deux programmes de maîtrise, en plus de la formation continue.

Puisqu'il étudie au baccalauréat en histoire, les options pour permettre au nageur de suivre un parcours universitaire en français à Regina sont minces. Jean-Philippe Dufresne a choisi de déménager au Québec car il n'avait « pas vraiment » la possibilité de suivre des cours en français dans le programme qui le passionne.

Un directeur associé à La Cité, André Magnan, souligne qu'une telle situation n'est pas étrangère. Il n'est pas rare de voir des étudiants de l'Ouest s'exiler pour étudier en français. C'est pour cette raison que La Cité « cherche toujours à diversifier l'offre de programmes » afin de répondre aux besoins du plus grand nombre de gens. « La Cité est aussi un milieu social. Nous avons nos bureaux et de beaux espaces communs pour que les gens, qui suivent nos programmes ou non, peuvent se rassembler et échanger en français ».

Son ex-entraîneur l'a soutenu

Jean-Philippe Dufresne a donc jugé qu’il avait l'intérêt à faire le saut au sein du Rouge et Or de l’Université Laval.

Aussitôt qu’il en a parlé à son entraîneur Abderrahmane Tissira, ce dernier l’a libéré afin de lui permettre de s’épanouir sur le circuit universitaire.

« Mon but est de voir les athlètes réussir, que ce soit avec les couleurs de Regina ou celles de l’Université Laval. J’ai eu la chance de faire partie de son parcours et il a eu la chance d’être ici et d’apprendre », raconte l'entraîneur.

Abderrahmane Tissira en entrevue dans les gradins menant à la piscine des Cougars de l'Université de Regina. L'entraîneur Abderrahmane Tissira dirige le club de natation des Cougars de l'Université de Regina. Il est aussi entraîneur-chef et directeur général des Dolphins de Regina. Photo : Radio-Canada

Les yeux sur Vancouver

En 2017, le nageur de 1,90 m avait commencé sa carrière universitaire en force en alignant des performances au-delà de ses propres attentes. Malheureusement, un bête accident survenu lors d'un entraînement en gymnase au mois de janvier l’a tenu hors de la piscine pendant quelques semaines.

« Au développé couché (bench press), j’ai eu un problème avec mon poignet et la barre est tombée sur mon visage. J’ai eu une commotion cérébrale alors cela a limité ma capacité à réaliser de bonnes performances lors des Championnats canadiens à la fin du mois de février. »

Cette année, l’étudiant-athlète de 19 ans entend demeurer en santé et s’entraîner très fort pour se présenter aux Nationaux, à Vancouver, en bonne forme physique, prêt à livrer sa meilleure performance pour l’épreuve la plus importante de la saison.

D’ici là, il continue de s’acclimater à son nouvel environnement, habitant loin de chez ses parents pour la première fois. En revanche, il peut bénéficier de la présence de membres de sa famille, installés à Québec, Lévis et Montréal.

Il s’estime également chanceux de compter sur de bons coéquipiers dans le vestiaire du Rouge et Or, comme son colocataire Jérémy Gagné.

« L’environnement sportif est très bien. Les gars visent la performance et sont toujours prêts à aider les autres, dans la piscine et même si quelqu’un éprouve des difficultés à l’école » se réjouit Jean-Philippe Dufresne.

Jean-Philippe Dufresne en train de nager dans la piscine.Jean-Philippe Dufresne passera le temps des Fêtes en Martinique pour s'entraîner avec l'équipe de natation du Rouge et Or de l'Université Laval. Photo : Radio-Canada / Simon Roberge

La perte d’un ami franco

Originaire de Longueuil, au Québec, Étienne Paquin-Foisy en est à sa deuxième saison dans le club de natation de l’Université de Regina. L’an dernier, il avait la chance de parler français avec Jean-Philippe Dufresne au sein d’une équipe mixte tissée serrée.

« On est une grosse famille ici, alors c’est toujours plate de voir quelqu’un partir pour un autre endroit, mais ça fait peut-être quelque chose un peu plus, car c’était le seul autre nageur qui parlait français », avoue Paquin-Foisy, qui comprend toutefois les raisons derrière le départ de son ami.

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