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Une horloge sonne l'alarme sur le réchauffement climatique

Données sur le réchauffement climatique projetées sur un édifice : réchauffement climatique, temps pour atteindre + 1,5 °C, tonnes de CO2 émises
L'horloge climatique développée à l'Université Concordia montre le temps qu'il reste avant une hausse globale de la température de 1,5 °C et incite à agir maintenant pour renverser la tendance. Photo: Radio-Canada
Daniel Blanchette Pelletier

Au rythme actuel, la planète se réchauffera de 1,5 degré Celsius en moins de 16 ans, selon les projections de l'horloge climatique. C'est un an et demi plus tard qu'estimé auparavant.

« L’idée de l'horloge est de montrer clairement le temps qu’il nous reste avant qu’on arrive aux cibles climatiques qu’on pense dangereuses », explique son concepteur Damon Matthews.

Le titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia en climatologie et en durabilité a développé cet outil de visualisation à la suggestion du chanteur David Usher, fondateur du Human Impact Lab. « Il jugeait qu’il manquait ce facteur temps dans la conversation autour du changement climatique », précise le professeur.

Atteindre 1,5 degré Celsius en 16 ans se fonde sur trois séries de données :

  • les émissions planétaires de gaz à effet de serre en 2018;
  • l’ampleur du changement de température causé par ces émissions;
  • le budget carbone, soit la quantité de CO2 que l’humanité est encore autorisée à rejeter dans l’atmosphère.

Les conséquences d’une hausse globale de température de 1,5 degré Celsius sont bien réelles, de la multiplication des événements météorologiques extrêmes, à l’élévation du niveau de la mer et à la diminution de la banquise.

Ça ne va pas nécessairement arriver [aussi rapidement]. Ça dépend de ce qu’on fait. Si on agit plus fort que maintenant [contre le réchauffement climatique], on peut ajouter du temps à l'horloge.

Damon Matthews, Université Concordia

Mais il faut agir dès maintenant, et pour toujours, s’empresse-t-il d’ajouter.

L’horloge climatique, qui peut être consultée en ligne (Nouvelle fenêtre), est aussi projetée sur un édifice à l’angle de la rue Mackay et du boulevard de Maisonneuve, à Montréal, du 5 au 7 décembre de 16 h 30 à 21 h 30.

Nouveau délai

Damon Matthews devant le mur où est projetée l'horloge climatique.« Si on agit plus fort que maintenant, on peut ajouter du temps à l'horloge », affirme Damon Matthews, de l'Université Concordia, à propos de l'outil de projection qu'il a conçu. Photo : Radio-Canada / Daniel Blanchette-Pelletier

Malgré une hausse de 2,7 % des émissions mondiales de CO2 en 2018, l’humanité dispose d’un peu plus de temps que prévu pour circonscrire le réchauffement climatique.

La hausse de 1,5 degré Celsius devait auparavant être atteinte en 14 ans. Or, selon la mise à jour du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, la conjoncture climatique repousse à 2034 la date à laquelle ce marqueur sera atteint.

C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, selon Damon Matthews. « On va dans la mauvaise direction », estime-t-il, notant que, sans une hausse des émissions, l’atteinte du 1,5 degré aurait été repoussée à encore plus de 16 ans.

Les émissions de gaz à effet de serre avaient commencé à se stabiliser depuis les dix dernières années, rappelle l’expert en climat. Le sursaut de 2018 montre, selon lui, l’importance de continuer à poser des gestes pour les réduire.

« Et il faut continuer jusqu’à ce qu’on arrive à zéro émission. C’est ça le défi », soutient Damon Matthews.

Un outil de sensibilisation

Représenter de manière visuelle le peu de temps qu’il reste pour agir montre à quel point le défi est réel et urgent, en plus d’interpeller la population, estime l’équipe de l’horloge climatique.

Le professeur Damon Matthews invite d’ailleurs chacun d’entre nous à réduire son empreinte écologique pour ajouter du temps à l’horloge, en prenant moins fréquemment la voiture et l’avion, par exemple.

Il salue par ailleurs le « Pacte pour la transition » écologique, une initiative québécoise endossée par plus de 240 000 signataires. Mais le plus important, selon lui, reste d’agir auprès des gouvernements pour instaurer un réel changement.

La projection de l’horloge climatique coïncide d’ailleurs avec la tenue de la 24e Conférence des Nations unies sur le climat (COP24), qui réunit en Pologne les représentants de 195 pays engagés à lutter ensemble contre le réchauffement climatique.

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