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Le Parlement britannique publie des courriels des dirigeants de Facebook

Le palais de Westminster
Les documents ont été saisis dans le cadre de l'enquête du Parlement britannique sur la propagation des fausses nouvelles Photo: Radio-Canada

Facebook a accordé un traitement de faveur à certaines entreprises, dont la Banque Royale du Canada, en leur donnant un plus grand accès aux données de ses utilisateurs, révèlent des documents internes publiés mercredi par le Parlement britannique.

Les documents ont été obtenus la semaine dernière en vertu d’une procédure rarement utilisée. C'est un homme d'affaires poursuivant Facebook et qui se trouvait en sol britannique qui les avait en sa possession.

Le lot de documents de 250 pages contient notamment des courriels internes échangés entre le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, et d’autres hauts gradés de l’entreprise. Certains portent la mention « hautement confidentiel ».

Ils permettent d’en apprendre plus sur les coulisses de l’expansion fulgurante de Facebook de 2012 à 2015, à un moment où l’entreprise mettait la main sur d’énormes quantités de données.

Traitements de faveur

Les 15 premières pages ont été rédigées par le président du comité législatif du Numérique, de la Culture, des Médias et du Sport, le député Damian Collins, et contiennent un résumé de ses découvertes.

On y apprend notamment que Facebook a octroyé le droit à certaines entreprises de continuer à avoir accès aux données des amis de leurs utilisateurs après 2014-2015, au moment où Facebook interdisait cette pratique. La Banque Royale du Canada, Netflix, Tinder, Airbnb, Badoo et Lyft font partie des entreprises qui ont eu droit à ce traitement de faveur.

Certains courriels démontrent que les dirigeants de Facebook ne s’entendaient pas toujours sur l’idée d’accorder des privilèges aux entreprises qui achetaient de la publicité sur sa plateforme.

Pouvoir de vie ou de mort financière

L’introduction d’une nouvelle plateforme pour les concepteurs d’applications par Facebook aurait d’ailleurs été motivée par l’intention d’avoir accès à plus de données provenant de ces concepteurs. Damian Collins souligne également que la valeur financière de la relation entre Facebook et les concepteurs pouvait servir à justifier un accès accru aux données des utilisateurs.

Dans certains cas, les documents suggèrent que le refus de Facebook d’accorder un accès aux données de ses utilisateurs à des concepteurs a mené à l’échec de leurs entreprises. Un échange de courriels mentionne par exemple le lancement de Vine, une plateforme de diffusion de courtes vidéos créée par Twitter en 2012 et fermée en 2016. Dans cette correspondance, le vice-président de Facebook Justin Osofksy et le PDG, Mark Zuckerberg, s’entendent pour retirer l’accès aux listes d’amis à Vine.

Le député note aussi que les utilisateurs de l’application Facebook pour Android ont pu être davantage épiés que les autres, puisque ce système d’opération permettait d’obtenir des données sur des appels et des messages textes. Les dirigeants de Facebook étaient conscients que cela pourrait être mal reçu par l’opinion publique et ont donc tenté par tous les moyens de cacher cette fonction aux utilisateurs.

Facebook réagit

Une porte-parole de Facebook a expliqué à la BBC que les documents étaient présentés de façon très trompeuse et qu’ils devaient être mis en contexte.

« Comme toute entreprise, nous avons eu de nombreuses conversations internes au sujet des différentes façons de définir un modèle d’affaires durable pour notre plateforme, a indiqué la porte-parole. Mais les faits sont clairs : nous n’avons jamais vendu les données des gens. »

Facebook s’était opposé la semaine dernière à ce que ces documents soient rendus publics en indiquant qu’ils étaient sous le coup d’une injonction aux États-Unis.

Le député Damian Collins, qui mène l’enquête parlementaire sur Facebook, avait toutefois écrit à Facebook pour lui expliquer qu’en vertu de la loi britannique, la Chambre des communes avait le droit de saisir ces documents et pouvait les rendre publics.

Mercredi matin, M. Collins a écrit sur Twitter qu’il était selon lui dans l’intérêt public de publier les documents saisis la semaine dernière.

Avec les informations de BBC News, The Washington Post, The New York Times, et CNet

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