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Des élèves dénoncent une campagne homophobe dans leur école secondaire

Ashley Hoskins et Daniel Peckford assis à une table.
Bien qu'ils n'aient pas été visés personnellement, Ashley Hoskins et Daniel Peckford prennent la parole pour dénoncer le harcèlement et les gestes homophobes d'élèves de leur école. Photo: Radio-Canada / CBC/Garrett Barry
Radio-Canada

Des étudiants d'une école secondaire de Terre-Neuve-et-Labrador dénoncent une campagne d'homophobie, de harcèlement et de menaces qui, disent-ils, a pris de l'ampleur depuis deux semaines.

Ce n’est rien de moins qu’une guerre civile qui est en cours, illustre Ashley Hoskins, une élève de 11e année à l’École secondaire Botwood, à Botwood.

Des membres du club Gay-Straight Alliance (GSA), une alliance gai-hétéro soutenant les jeunes LGBTQ+ et leurs alliés hétérosexuels, tirent la sonnette d’alarme. Ce qui a commencé par du vandalisme a dégénéré en menaces de violences physiques, allèguent des étudiants.

Ils disaient vouloir la mort de personnes, qu’ils voulaient nous mettre dans une boîte, y mettre le feu et nous jeter dans la rivière.

Ashley Hoskins, élève de 11e année

Il y a plusieurs personnes qui ont été absentes de l’école une semaine, ou plus, parce qu’elles se sentaient à ce point menacées, ajoute Ashley Hoskins.

Selon Daniel Peckford, qui a fondé l'alliance gai-hétéro à l'École Botwood au début de l'année scolaire, le conflit a commencé lorsqu’une affiche du Bureau provincial du défenseur des enfants et de la jeunesse, aux couleurs du drapeau arc-en-ciel et apposée dans un couloir par du personnel de l’école, a été vandalisée à répétition.

L’affiche a été arrachée et jetée à la poubelle à plusieurs reprises. Des étudiants l’ont recouverte d’une affiche de la fierté hétérosexuelle, ou d’une autre disant “les gais ne sont pas les bienvenus dans notre école, ils sont stupides, leur présence ne devrait pas être permise”, affirme Daniel Peckford.

Affiche proclamant la « fierté hétérosexuelle » collée sur une affiche arborant le drapeau arc-en-ciel.À l'école secondaire, une affiche arborant le drapeau arc-en-ciel a été recouverte d'une affiche proclamant la « fierté hétérosexuelle ». Photo : Daniel Peckford

Ashley Hoskins ajoute que des élèves ont même commencé à monter la garde en se tenant près de l’affiche.

Affiche du Bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse aux couleurs du drapeau arc-en-ciel est aperçue dans une poubelle de l'école.Daniel Peckford dit avoir pris cette photo 20 minutes après que cette affiche du Bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse de Terre-Neuve-et-Labrador a été posée dans un corridor. Photo : Daniel Peckford

Daniel Peckford se dit étonné des propos de certains élèves, qui ont clamé que les hétérosexuels ne se sentent plus acceptés.

Je ne le ressens pas ainsi, dit-il. L’homophobie à notre école est vraiment grave. Je ne pense pas que qui que ce soit se fait harceler parce qu’il est hétérosexuel.

Il a montré une capture d’écran prise sur son téléphone d’injures homophobes qu’il dit avoir reçues d’autres élèves de l'École Botwood.

Téléphone cellulaire sur lequel on voit la capture d'écran d'un message homophobe.Daniel Peckford dit que d'autres élèves de Botwood lui ont envoyé ces injures homophobes sur Snapchat. Photo : Radio-Canada / CBC/Garrett Barry

Des mesures disciplinaires imposées par l’école n’auraient pas changé grand-chose. Ils ont suspendu des étudiants. Ils sont revenus et ont recommencé à faire les mêmes choses, dit le fondateur du club. Ils viennent juste de les suspendre à nouveau.

Ashley Hoskins.Ashley Hoskins s'inquiète pour la sécurité des élèves de son école. Photo : Radio-Canada / CBC/Garrett Barry

Ashley Hoskins indique ne pas avoir été menacée personnellement, mais à l’instar de plusieurs autres élèves, elle s’inquiète pour la sécurité de plusieurs de ses camarades.

J’ai une amie qui a le “look lesbienne”, elle se fait toujours traiter de “gouine” chaque fois qu’elle circule dans les corridors. Même avant toute cette histoire avec l'Alliance gai-hétéro, elle ne pouvait pas passer dans le couloir sans se faire crier des injures, affirme-t-elle.

Réactions de l’École et de la Commission scolaire

La Commission scolaire anglaise de Terre-Neuve-et-Labrador explique que c’est l’École Botwood qui gère la situation pour le moment, mais dit planifier une réponse à long terme.

Le directeur général de la Commission scolaire, Tony Stack, qualifie les allégations de répugnantes et estime que certaines des menaces qui auraient été proférées pourraient être de nature criminelle.

Tony Stack.Tony Stack est directeur général de la Commission scolaire anglaise de Terre-Neuve-et-Labrador. Photo : Radio-Canada

Il promet que la Commission scolaire fera tout en son possible pour appuyer les élèves membres de l'Alliance gai-hétéro. Les politiques d’inclusion adoptées par les écoles sont non négociables, insiste M. Stack.

Pour remédier à la situation, aucune des mesures disciplinaires permises ne sera exclue, ajoute-t-il, incluant l’expulsion des élèves responsables, si nécessaire. Tony Stack croit qu’au final, la solution pour mettre fin à ce qu’il appelle des comportements régressifs et de petites enclaves de haine à l’école passera par l’éducation.

Le fondateur de l'Alliance gai-hétéro de l'École Botwood, Daniel Peckford, dit que son école a soutenu l’association depuis le début des incidents allégués. Il est prévu que l’École tienne cette semaine des discussions en classe au sujet des politiques d’inclusion de l’établissement.

Des jeunes de l'école ont aussi affirmé avoir vu des élèves se porter à la défense de ceux qui étaient pris pour cibles.

D’après un reportage de Leigh Anne Power et Garrett Barry

Avec les informations de CBC

Terre-Neuve-et-Labrador

Jeunesse