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Le conseil de Champagne et Aishihik mécontent avec Énergie Yukon

barrage hydroélectrique en hiver

Le barrage hydroélectrique de Whitehorse sur le fleuve Yukon.

Photo : Radio-Canada / Christian Molgat

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le conseil des Premières Nations de Champagne et Aishihik accuse Énergie Yukon de ne pas respecter une entente collaborative signée en 2016 pour gérer le barrage hydroélectrique Aishihik, situé près de Haines Junction.

L’accusation survient alors que le permis d’utilisation des eaux du barrage vient à échéance l’an prochain.

En conférence de presse, les porte-parole des Premières Nations ont rappelé que la construction du barrage dans les années 1970 avait forcé la relocalisation d’un village et causé d’importantes perturbations au mode de vie traditionnel des habitants. L’état de la faune et des poissons n’a jamais été le même en raison du bas niveau d’eau, disent-ils.

« [L’entente signée en 2016] visait, nous le croyons, à reconnaître les difficultés du passé pour nos membres et le territoire traditionnel et nous permettre d'élaborer une proposition conjointe qui serait acceptable pour les deux partis. »

— Une citation de  Rose Kushniruk, chef adjointe, conseil des Premières Nations de Champagne et Aishihik
Un homme et une femme devant des micros sur une table.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les porte-paroles du conseil des Premières Nations Champagne et Aishihik, Roger Brown du département de l'Environnement et des Ressources naturelles et Rose Kushniruk chef adjointe.

Photo : Radio-Canada / Alexandra Byers

Pas d’obligation de consensus

Le PDG d’Énergie Yukon, Andrew Hall, s’est dit surpris par la position du conseil autochtone parce que le processus de renouvellement du permis d’utilisation des eaux est en cours.

Selon lui, le protocole d’entente espérait trouver un terrain d’entente, mais le consensus n'était pas obligatoire.

L’entente a permis de procéder à une étude sur l’état et l’impact du niveau d’eau du lac avec l’apport du savoir traditionnel des aînés et des membres des Premières Nations ainsi que la contribution d’organismes non gouvernementaux.

Le processus de deux ans s’est conclu par la volonté des Premières Nations de porter le niveau du lac à ce qu’il était avant la construction du barrage. Le PDG soutient toutefois que, pour ce faire, Énergie Yukon devrait dépenser l’équivalent de 10 millions de dollars par année en mazout pour compenser le manque à gagner d’énergie.

« Malheureusement, de notre point de vue, nous ne pouvons pas nous permettre les engagements financiers [d’un tel projet]. »

— Une citation de  Andrew Hall, PDG, Énergie Yukon

Projets d’énergie renouvelable

De son côté, le conseil des Premières Nations de Champagne et Aishihik aurait aimé que des projets d’énergie renouvelable, tels que la biomasse ou la géothermie, soient envisagés pour compenser la perte d’énergie du barrage en ramenant le niveau d’eau

« Les membres des Premières Nations ont l’impression d’avoir subventionné l’énergie bon marché pendant des décennies par les effets qu’ils ont subis sans pour autant recevoir de bénéfices ou de recouvrement », affirme Roger Brown, directeur du département autochtone de l'Environnement et des Ressources naturelles.

Le conseil des Premières Nations souhaite donc qu’Énergie Yukon revienne à la table des discussions.

Le processus de consultations publiques en vue du renouvellement de la licence d’utilisation des eaux est toutefois en marche avec des activités prévues cette semaine à Whitehorse.

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