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Attention aux espions de téléphones dans le métro!

Quatre passagers assis côte à côte sur une banquette de métro. Trois d'entre eux tiennent leur téléphone entre leurs mains.
Les inconnus qui vous entourent dans les lieux publics peuvent obtenir assez d'informations sur vous pour vous causer du tort, affirme Luc Lefebvre. Photo: iStock
Radio-Canada

Qui n'a jamais lorgné le téléphone de son voisin dans le métro? Votre nom, votre adresse, vos comptes de réseaux sociaux, votre emploi... On peut en savoir beaucoup sur vous par un simple regard vers votre cellulaire dans un endroit public.

Un texte de Karl-Philip Vallée

C'est le constat de Luc Lefebvre, cofondateur de Crypto.Québec (Nouvelle fenêtre). L'expert en cybersécurité a récemment lancé une page Facebook (Nouvelle fenêtre) sur laquelle il raconte des cas bien réels de négligence en matière de confidentialité dans le métro de Montréal.

L'idée lui est venue alors qu’il était assis à côté d’une jeune femme émue dans le métro. Elle était en pleine discussion par texto avec un homme qui était en train de lui avouer son amour.

« En voyant ça, j’ai réalisé que j’étais en train d’assister à quelque chose de vraiment intime. Je vivais de belles émotions, c’était un beau moment, mais ça lui appartenait et je n'aurais pas dû en faire partie. »

Cet événement a été l’élément déclencheur. Celui qui est aujourd’hui chef analyste en sécurité de l’information à Radio-Canada a senti le besoin de sensibiliser la population aux conséquences potentielles de l’utilisation des appareils électroniques dans des lieux publics.

« Maintenant, je remarque des tonnes de cas similaires. C’est super fréquent. Ça devient une obsession; je commence à remarquer toutes ces choses-là encore davantage. »

Un outil de chantage

Une personne mal intentionnée pourrait facilement obtenir assez d’informations en quelques minutes dans le métro pour causer de sérieux torts à quelqu’un.

Il donne l’exemple de George, un homme originaire de l’Europe de l’Est, qui consultait ses courriels sur son téléphone devant lui, inconscient du fait qu’il était espionné.

George n’a été dans le champ de vision de Luc Lefebvre que quelques minutes, mais cela a suffi à ce dernier pour apprendre que George occupe un bon emploi dans une entreprise québécoise réputée, qu’il détient des cryptomonnaies et qu’il a des petits ennuis de santé.

Cet homme marié était d’ailleurs en train de lire sa correspondance avec une escorte.

« Imagine si j’étais quelqu’un d’autre et que je voulais lui faire du mal… Je pourrais utiliser ça pour le faire chanter. Je sais où il travaille, je sais qu’il ne manque pas d’argent. Quelqu’un qui est mal intentionné pourrait abuser de ces informations. »

Un espion éthique

Heureusement, l’objectif de Luc Lefebvre est de mieux outiller le public quant aux questions de cybersécurité. Il assure qu’il enlève tous les renseignements pouvant mener à l’identification d’une personne dans ses publications.

« C’est clair que ça va soulever les passions, concède-t-il. Mais on a tous le même objectif. On choisit simplement des approches différentes. Dans mon cas, j’ai écrit un livre [sur la cybersécurité] et je milite depuis de nombreuses années pour la protection de la vie privée. Je vois juste ça comme une initiative supplémentaire. »

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