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Baleines noires : la fermeture de la pêche au crabe utile, celle au homard beaucoup moins

Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Géorgie, en février 2009.
Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Géorgie, en février 2009. Photo: Associated Press / Aquarium de Nouvelle-Angleterre
Radio-Canada

Certaines fermetures de zones de pêche au crabe et les limites de vitesse imposées aux navires ont diminué les risques de rencontres fatales pour les baleines noires de l'Atlantique Nord dans le golfe du Saint-Laurent cette année.

En revanche, les dernières observations scientifiques laissent à penser que la pêche au homard serait un risque négligeable pour le mammifère marin en péril. Les baleines noires s’aventurent rarement en eaux peu profondes, rendant presque nuls les risques de rencontres entre elles et les pêcheurs de homard. C’est d'ailleurs ce que soutenaient certains acteurs de l'industrie qui s’opposaient à la restriction de la pêche au homard.

Le gouvernement fédéral a présenté mardi une mise à jour des études qu’elle conduit en eaux canadiennes et a partagé les récents résultats scientifiques colligés par le ministère des Pêches et des Océans (MPO), Transport Canada, la NOAA américaine et leurs partenaires.

Il ne reste que 411 baleines noires de l’Atlantique Nord, quarante de moins que l’an dernier, rapportait récemment l'organisme North Atlantic Right Whale Consortium. De nombreuses mortalités de baleines noires sont causées par les collisions avec les navires et l’enchevêtrement de ces animaux dans des cordages de pêche. Une douzaine de baleines mortes avaient été repêchées en 2017 dans le golfe du Saint-Laurent, mais aucun décès attribuable à ces causes n’a été rapporté jusqu’ici en 2018 dans les eaux canadiennes.

Cette baleine noire femelle, âgée de deux ans, est morte empêtrée dans de l'équipement de pêche.Cette baleine noire femelle, âgée de deux ans, est morte empêtrée dans de l'équipement de pêche. Photo : Radio-Canada / CBC/Shane Fowler

On a remarqué qu'on ne voit pas beaucoup de baleines noires en eaux moins profondes que 50 mètres, a expliqué mardi Mike Hammill, chef de la section des mammifères marins pour le Québec au MPO.

Une seule baleine a été observée dans ces eaux, ont expliqué les représentants du gouvernement. Ce n'est pas surprenant, parce qu'on ne voit pas beaucoup de zooplancton, on ne voit pas beaucoup de proies à cette profondeur, précise M. Hammill.

Il y a toujours un risque en eaux peu profondes, dit-il, mais il semble qu’il n’y ait guère d’occasions où les pêcheurs rencontrent des baleines.

Succès apparent des fermetures de zones de pêche au crabe

À l’inverse, en mettant en relief le mouvement des baleines noires et les zones où se déroule la pêche au crabe, les scientifiques ont été en mesure d’identifier le potentiel de rencontre entre les mammifères et l’équipement des pêcheurs ces dernières années.

En 2018, les zones de gestion maritimes semblent avoir couvert la plupart des endroits où se trouvent simultanément de l'équipement de pêche et des baleines noires dans le sud-ouest du golfe du Saint-Laurent, dit Garry Stenson, chef de la section des mammifères marins pour le MPO à Terre-Neuve-et-Labrador.

De son côté, Jean Landry, directeur des sciences des mammifères marins chez Pêches et Océans Canada, relate que l’établissement de zones statiques, où les navires sont obligés de limiter leur vitesse, ont diminué considérablement les risques de collision létale pour les baleines.

La moitié des baleines noires maintenant dans le golfe du Saint-Laurent

En 2018, les scientifiques ont augmenté la surveillance des baleines noires de l’Atlantique Nord, réalisant plus de 2200 heures de surveillance aérienne et 1000 heures de surveillance par bateau.

Les observations ont permis de constater la poursuite de tendances remarquées ces dernières années. Les baleines délaissent depuis 2010 les secteurs où elles se trouvaient historiquement, comme la baie de Fundy et le bassin Roseway. Depuis 2015, une très large proportion d’entre elles séjourne dans le sud-ouest du golfe du Saint-Laurent.

Une baleine noire trouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent en 2017Une baleine noire trouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent en 2017 Photo : La Presse canadienne / Marine Animal Response Society

En fait, ce serait plus ou moins la moitié des baleines noires qui séjourneraient dans le golfe du Saint-Laurent de la fin avril à la fin décembre. La population dans le golfe est maintenant estimée à 190 individus, ont indiqué les scientifiques.

Aucune naissance de baleine n’a été observée cette année.

Les scientifiques partageaient mardi les grandes lignes de la réunion du Comité national d’examen par les pairs sur les mammifères marins, tenue le mois dernier. Un rapport suivra dans quelques semaines et devrait fournir au gouvernement des informations supplémentaires sur ses efforts de conservation de l’espèce.

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