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  • Les implants mammaires et les ennuis de santé

    Deux mains tiennent un implant mammaire au gel de silicone texturé.
    Depuis la fin des années 1980, les implants mammaires au gel de silicone démontrent de la dangerosité pour la santé des femmes. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Ce n'est pas d'hier que les implants mammaires soulèvent des craintes, autant chez les scientifiques qu'au sein de la population.

    Durant les années 1980 et au début des années 1990, les très graves ennuis de santé provoqués par les implants mammaires en gel de silicone chez les femmes étaient signalés dans nos reportages.

    Déjà le 5 mai 1991, une explication procurée par Pierre Maisonneuve qui anime l’émission Découverte nous dévoile pourquoi ils peuvent miner la santé des femmes.

    Un détail surprend dans l’exposé de Pierre Maisonneuve. Les entreprises qui fabriquent à l’époque ces prothèses n’ont pas soumis leurs produits à une procédure de suivi clinique.

    La raison en est simple : les implants se trouvent sur le marché avant l’adoption dans les années 1970 d’une nouvelle loi sur les médicaments beaucoup plus contraignante.

    En d'autres termes, les fabricants ont bénéficié d’un droit acquis. Cela leur a évité de démontrer hors de tout doute que leurs produits étaient inoffensifs pour la santé.

    Un impact réel

    Au Canada, des milliers de femmes qui se sont fait implanter des prothèses mammaires au gel de silicone développent des maladies parfois très graves.

    Dans un reportage de l’émission Enjeux du 11 décembre 1995 qu’anime Pierre Nadeau, la journaliste Catherine Kovacs nous présente Diane Lacoste et sa famille.

    À l’âge de 19 ans, Diane Lacoste a subi une double amputation de ses seins qui avaient développé des cellules cancéreuses.

    Elle se fait alors implanter deux prothèses mammaires.

    Depuis, Diane Lacoste souffre de plusieurs problèmes de santé, dont la fibromyalgie. C’est une maladie chronique qui attaque les muscles et lui donne des douleurs constantes.

    Sa condition l’affaiblit considérablement et affecte toute sa famille.

    Au moment du reportage, elle se demande si elle doit joindre une entente intervenue dans le cadre d’un recours collectif contre le fabricant Bristol-Myers-Squibb ou intenter une poursuite personnelle contre cette entreprise.

    Une avalanche de poursuites

    En effet, partout dans le monde, des milliers de femmes porteuses ont intenté des poursuites individuelles ou des recours collectifs contre les fabricants de prothèses mammaires.

    En septembre 1994, un juge américain a entériné une compensation de 4,25 milliards de dollars américains offerte par la société Dow Corning et plusieurs autres fabricants américains aux femmes porteuses d’implants mammaires.

    Les nombreuses poursuites ont même forcé Dow Corning à se placer sous la loi américaine des faillites en mai 1995.

    Au Canada, comme le souligne un reportage du journaliste Réal D’Amours présenté au Téléjournal du 20 juin 1995 qu’anime Bernard Derome, des femmes ont aussi été dédommagées.

    Le reportage de Catherine Kovacs l'a mentionné auparavant. La société Bristol-Myers-Squibb a accepté de créer un fonds de 28 millions de dollars qui seront répartis entre des femmes québécoises et ontariennes.

    Un élément important de cette entente précise que les plaignantes n’ont pas à prouver hors de tout doute que la présence d’implants mammaires provoque leurs maux.

    Le fabricant Dow Corning pour sa part accepte un recours collectif au Canada avec 52 millions de dollars en compensation. Ce règlement fera l’objet de difficultés qui s'apparentent à un chemin de croix pour les plaignantes.

    Ce n’est qu’en novembre 2012 que ces dernières recevront leur dédommagement.

    Que fait le gouvernement fédéral?

    Le dossier des implants mammaires fera beaucoup hésiter le gouvernement fédéral canadien.

    Finalement, comme le souligne un reportage du correspondant Daniel Lessard présenté au Téléjournal du 13 janvier 1993, le ministre de la Santé et du Bien-être social fédéral Benoît Bouchard ordonne l’interdiction formelle de la vente d’implants mammaires au Canada.

    En 2006, Santé Canada lève ce moratoire. Les fonctionnaires approuvent conditionnellement la mise en marché de produits d'une nouvelle génération.

    Or, le ministère ne dispose pas de données à long terme sur ces produits. Il entend compenser cette lacune grâce à des études de suivi que le ministère exigera des fabricants.

    Ces études ont été amorcées, mais elles n’ont jamais été terminées.

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