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Des groupes LGBT veulent voir interdire les thérapies de conversion en Saskatchewan

Un drapeau multicolore flotte au vent.
Le gouvernement de la Saskatchewan s'oppose à la pratique des thérapies de conversion, mais ne compte pas légiférer. Photo: Radio-Canada / Bruno Giguère
Radio-Canada

Plusieurs groupes de défenses des droits LGBT en Saskatchewan demandent à la province de légiférer pour bannir les thérapies de conversion et de réparation.

Ces méthodes ont pour objectif de changer l'orientation sexuelle d'une personne, afin que celle-ci devienne hétérosexuelle. Ces pratiques sont notamment dénoncées par la Société canadienne de psychologie (SCP).

Selon cette dernière, les thérapies de conversion peuvent avoir de lourdes conséquences psychologiques. Elles se basent sur la mauvaise estime de soi, l’anxiété et la dépression. Et surtout, elles ne sont fondées sur aucune preuve scientifique. Ces méthodes peuvent prendre la forme de prières, de rites religieux ou de conseils individuels ou de groupe.

À l’heure actuelle, aucune loi n’interdit les thérapies de conversion en Saskatchewan, ni au Canada. Seuls l'Ontario, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse et la ville de Vancouver ont officiellement banni ces pratiques controversées. Un député de l'Alberta a récemment annoncé que des députés rédigeaient une loi pour faire de même dans cette province.

En Saskatchewan, le gouvernement affirme qu’il ne finance pas ces thérapies et qu’il s’y oppose également. Toutefois, aucune annonce de loi ne semble en voie de se faire.

Des pratiques inaperçues

Pour Laura Budd, une défenseure des droits des transsexuels qui travaille à la Moose Jaw Pride, ce genre de thérapie passe inaperçu et s'affiche dans peu de publicités, mais cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas en Saskatchewan. Elle précise qu’entre 20 et 30 personnes se sont manifestées lors des trois dernières années avec avoir participé à une thérapie de conversion. La plupart du temps, la pression familiale et les valeurs traditionnelles étaient leurs principales motivations.

À Saskatoon, Rachel Loewen Walker, directrice générale de l'organisme Out Saskatoon, confirme avoir entendu le même genre d’histoire. « À Saskatoon, on entend toutes sortes d'histoires, affirme-t-elle. Donc, même s'il ne s'agit pas explicitement de thérapie de conversion, le simple fait de bannir cette pratique peut nous donner les outils nécessaires en vue de dénoncer les personnes qui refusent d'octroyer des services aux personnes gaies ou lesbiennes. »

Le bien-être

Un groupe en Saskatchewan, God Gazers Bridge Builder Ministry, pratiquerait la thérapie de conversion, selon Laura Budd, la défenseure des droits des transsexuels. Par contre, Wilna van Beek, la fondatrice de ce groupe, réfute ces allégations. Elle aurait suivi une telle thérapie alors qu’elle se définissait comme « homosexuelle » dans les années 1980. « Cela a été l'expérience la plus difficile et la plus dévastatrice de ma vie », se rappelle-t-elle. Elle pratique le célibat maintenant.

De son côté, Wilna van Beek encourage les personnes LGBT à se tourner vers Jésus, à travers des prières et des lectures des Écritures. Elle veut les persuader de mener une vie de célibataire comme elle.

« J'ai choisi de m'éloigner de ce style de vie et de suivre Jésus de tout cœur, affirme-t-elle. C'est ce que je crois et je sais que beaucoup de gens ne sont pas d'accord avec cela, mais c'est ce que je crois. »

Charles McVety, chrétien évangélique et président du Canadian Christian College, avait déjà déclaré à Radio-Canada qu'il était faux de dire que les enfants ne pouvaient être « conseillés à propos de leur identité et de leur orientation sexuelles non hétérosexuelles ».

Un porte-parole de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, plus connu sous le nom de mormons, a déclaré que son Église ne préconisait pas la thérapie de conversion, mais favorisait la tolérance envers les personnes LGBT.

Bientôt une réponse juridique?

L’avocat fransaskois Roger Lepage va dans le même sens et estime que légiférer ne serait pas une mauvaise chose pour éviter les dérives. « Une loi serait utile pour justement dénoncer cette pratique-là et démontrer que la preuve a établi depuis plusieurs années que l'homosexualité ou être membre de la communauté LGBT, ce n’est pas être brisé, ce n’est pas être cassé, c'est être normal », soutient-il.

Des plus, une pétition a été transmise en septembre dernier à la Chambre des communes, à Ottawa, pour abolir les thérapies de conversion. Elle a recueilli plus de 10 000 signatures à ce jour, dont plus de 250 en Saskatchewan. La période de signature prend fin en janvier prochain, et le gouvernement de Justin Trudeau aura 45 jours pour y répondre.

Avec les informations de Gabrielle Proulx et de CBC.

Saskatchewan

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