•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des gènes liés à la démence identifiés

Illustration d'un cerveau humain.

Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement qui permet de modifier l'évolution de la démence associée à une perte de neurones.

Photo : iStock / metamorworks

Radio-Canada

Des groupes de gènes impliqués dans la perte progressive des neurones associée à la démence ont été identifiés par des scientifiques américains, qui estiment que leur percée est prometteuse pour la recherche de nouveaux traitements pour ralentir la maladie.

Un texte d'Alain Labelle

Le Dr Daniel Geschwind et ses collègues de l’Université de la Californie à Los Angeles ont découvert deux grands groupes de gènes impliqués dans l’apparition de mutations qui entraînent une surproduction de la protéine tau, caractéristique de la neurodégénérescence (perte de neurones) observée dans les principales formes de démence, dont l’alzheimer.

Pas moins de 564 000 Canadiens souffrent de démence, toutes formes confondues, estime la Société Alzheimer du Canada. Selon l'organisme, ils seront 937 000 dans seulement 15 ans.

Des souris et des humains

Les présents résultats ont été obtenus en grande partie sur des modèles murins de démence, mais d'autres expériences tendent à montrer que le même processus génétique se produit dans le cerveau humain.

Notre travail est le plus complet à ce jour pour identifier une source de la neurodégénérescence. Il fournit en quelque sorte une feuille de route pour le développement de nouveaux médicaments potentiellement efficaces contre la maladie d'Alzheimer et les autres démences.

Dr Daniel Geschwind, UCLA

À partir de ces nouvelles informations, les chercheurs ont consulté une base de données sur les effets génétiques des médicaments expérimentaux. Leur objectif était d’identifier ceux qui pourraient limiter cette perte de neurones.

Ainsi, les chercheurs ont montré que, dans des cultures cellulaires humaines, le recours à ces molécules interfère avec la neurodégénérescence.

Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement qui permet de modifier l'évolution de la démence associée à une perte de neurones.

Mieux comprendre la mort cellulaire

Si les scientifiques ont déjà identifié quelques gènes associés au risque de démence, ils ne comprennent toujours pas comment ces gènes contribuent à la cascade d'événements qui entraînent la mort des cellules nerveuses du cerveau.

C’est pour arriver à mieux cerner cette cascade que les chercheurs ont utilisé les puissants outils génomiques et analytiques maintenant à leur disposition pour étudier l’ensemble du génome.

Ils ont ainsi identifié les processus génétiques associés à une mutation qui entraîne la surproduction de la protéine tau dans l’apparition de la démence frontotemporale, une forme de démence précoce qui constitue de 2 % à 5 % des cas de troubles cognitifs.

Un processus similaire joue aussi un rôle important dans la maladie d'Alzheimer et une autre forme de démence connue sous le nom de paralysie supranucléaire progressive (maladie de Steele-Richardson-Olszewski) qui atteint à la fois le mouvement et la cognition.

Dans l'étude, dont le détail est publié dans la revue Nature Medicine (en anglais), deux groupes de gènes ont été associés à la neurodégénérescence chez les trois modèles murins.

Il reste encore beaucoup de travail à réaliser avant de mettre au point des médicaments qui pourraient être utilisés efficacement chez les humains, mais il s'agit là d'une étape encourageante.

Dr Daniel Geschwind

À l’échelle planétaire, l’Organisation mondiale de la santé estime que le nombre de cas d'alzheimer et de démences apparentées triplera pour passer de 50 millions actuellement à 152 millions d’ici à 2050. Cette augmentation serait liée au vieillissement de la population.

Médecine

Science