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Cinq moyens de réduire l'impact environnemental de son alimentation

Un sac rempli d'aliments est renversé sur le sol.
Il existe des moyens simples de réduire le gaspillage alimentaire. Photo: iStock
Radio-Canada

La production alimentaire est à l'origine d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, selon une étude publiée dans la revue Nature. De nombreux aliments génèreraient autant d'émissions de gaz à effet de serre que la conduite d'une voiture sur plusieurs kilomètres. Il y a toutefois des pistes de solution pour réduire l'empreinte écologique de son alimentation.

Une étude de l'Université de Manchester démontre qu'un sandwich déjeuner à emporter bacon, saucisse et œufs génère 1441 grammes de dioxyde de carbone. C’est l’équivalent de parcourir 9 kilomètres à bord d’une voiture de type Honda Civic.

La préparation de ce sandwich nécessite beaucoup d'énergie, selon Adisa Azapagic, professeure en génie chimique à l’Université de Manchester. Il faut nourrir les porcs et récolter le blé, puis réfrigérer le produit fini jusqu'à ce qu’il soit acheté.

« Tout cela s'additionne, affirme-t-elle. Lorsque vous assemblez un sandwich, avec tous les ingrédients, l'emballage, le transport et la préparation, vous arrivez à une empreinte écologique relativement élevée. »

La situation est pire lorsqu'un repas contient de la viande rouge. Un steak de 200 grammes équivaut à parcourir 50 km en voiture, selon les calculs du World Resources Institute, un groupe de réflexion sur le développement durable américain.

Selon une étude de l’Université de Waterloo, les gaz à effet de serre produits annuellement par l’alimentation d’une personne omnivore équivaudrait à conduire 15 000 kilomètres à bord d'une Honda Civic, soit le double des gaz produits pour alimenter une personne végétarienne ou végétalienne.

Un tableau démontrant l'équivalent des kilomètres parcourus par kilogramme de nourriture.Manger un steak de 200 grammes équivaut à parcourir 50 km à bord d'une Honda Civic. Photo : Radio-Canada

Il existe toutefois plusieurs options appuyées par la recherche scientifique qui peuvent aider à réduire l’empreinte écologique des Canadiens sans toutefois les obliger à devenir végétaliens. En voici cinq exemples.

1. Gaspiller moins de nourriture

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, le gaspillage alimentaire est à l'origine d'environ 8 % des émissions totales de gaz à effet de serre causées par l'humain, ce qui est presque autant que le transport routier.

En plus des émissions résultant de la culture, de la transformation et de la distribution des aliments, la décomposition des aliments génère du méthane. Ce gaz à effet de serre est 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone pour retenir la chaleur dans l'atmosphère.

Des aliments dans un compost.Le gaspillage alimentaire a presque autant d'impact sur l'environnement que la conduite automobile, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Photo : iStock

Réduire le gaspillage alimentaire pourrait aussi faire économiser de l’argent aux consommateurs.

Un ménage canadien gaspille en moyenne 1100 $ ou environ 140 kg de nourriture par an, selon une étude du Conseil national zéro déchet en 2017.

2. Préparer ses repas à la maison

« Si vous préparez un sandwich à la maison, vous réduirez normalement de moitié son empreinte carbone », ajoute Adisa Azapagic.

L’Université de Manchester explique cela en grande partie par l'augmentation du gaspillage alimentaire. Une étude de l'Université révèle que, durant la préparation d'un sandwich commercial, on jette 20 % plus de nourriture.

3. Manger moins

En 2014, un peu plus de 20 % des adultes canadiens étaient obèses, et 40 % des hommes et 27 % des femmes étaient en surpoids, affirme Statistique Canada.

Anastasia Veeramani, chercheure de l’Université de Waterloo, explique que les omnivores, qui représentaient 30 % de la population visée par son étude, consommaient en moyenne 20 % plus de calories que la quantité considérée comme optimale par Santé Canada.

Des pieds sur une balance.Beaucoup de personnes mangent plus que ce qu'il faut pour couvrir leurs besoins quotidiens. Photo : iStock

Elle recommande de manger seulement la quantité dont on a besoin. « C'est meilleur pour la santé et pour l'environnement », ajoute-t-elle.

4. Manger moins de viande, de produits laitiers et d'œufs

La chercheure dit qu’il ne faut pas s’inquiéter de ne pas manger assez de protéines.

Selon ses recherches, les personnes qui n’ont pas une alimentation végétalienne consomment entre 150 % et 250 % du niveau recommandé de protéines.

Cette affirmation est confirmée par le World Resources Institute. Selon lui, les personnes moyennes vivant dans plus de 90 % des régions du monde consommaient plus de protéines que nécessaire en 2009.

Une vache dans un champ avec son museau en avant-plan.Un steak de 200 grammes équivaut à parcourir 50 km en voiture, selon les calculs du World Resources Institute. Photo : Radio-Canada

La production de boeuf utilise 20 fois plus de terres et génère 20 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que la production de fèves, par gramme de protéines, ajoute le World Resources Institute.

5. Éviter les légumes de serre

L'étude sur les sandwichs à Manchester a révélé que le fait d'ajouter ou non des tomates peut avoir un effet important sur l’environnement.

En effet, la plupart des tomates cultivées au Royaume-Uni, où l'étude a été réalisée, sont cultivées dans des serres utilisant beaucoup d'énergie pour le chauffage et l'éclairage.

Dans ce cas-ci, 1 kg de tomates génère 10 fois son poids en émissions, affirme Adisa Azapagic.

Au Québec, la tomate est cultivée toute l'année sous serre ou en plein champ durant la belle saison. Au Québec, la tomate est cultivée toute l'année sous serre ou en plein champ durant la belle saison. Crédit: iStock Les tomates de serre cultivées localement ont généralement une empreinte carbone beaucoup plus élevée que les tomates de champ importées. Photo : iStock

Les tomates canadiennes sont souvent cultivées en serre.

C’est donc dire que les achats locaux ne sont pas nécessairement meilleurs pour l'environnement. Les tomates de champ importées peuvent avoir une empreinte carbone moindre, même en considérant le transport.

Avec les informations d'Emily Chung, CBC

Avec les informations de CBC

Manitoba

Alimentation