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Beaumont craint les impacts d’un troisième lien

Église Saint-Étienne-de-Beaumont.
Église Saint-Étienne-de-Beaumont. Photo: Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie
Radio-Canada

Le troisième lien entraînera « énormément de pression sur les terres agricoles », affirme le maire de Beaumont. David L. Christopher entend se doter d'un plan pour protéger son territoire, et ce même s'il appuie le projet par solidarité envers les autres élus de Chaudière-Appalaches.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

« On appuie [le troisième lien] parce que je dois penser à la MRC de Bellechasse, pas juste à Beaumont. [...] Les autres maires ont besoin de ça pour leur développement économique », explique le maire en entrevue à Radio-Canada.

S’il supporte le maire de Lévis, qui répète sur toutes les tribunes avoir le soutien de ses collègues de la Rive-Sud, M. Christopher craint que le nouveau lien accélère l’étalement urbain et force le dézonage de terres agricoles.

Un champ de Beaumont.Le troisième lien entraînera « énormément de pression sur les terres agricoles » affirme le maire de Beaumont. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

J’ai une responsabilité pour l’agriculture. Beaumont a été fondée sur l'agriculture.

David L. Christopher, maire de Beaumont

Beaumont sera aux premières loges pour assister à la construction du futur lien entre Québec et Lévis qui débouchera sur les terres à proximité de la municipalité.

Le village compte présentement un peu plus de 2600 résidents et les quartiers résidentiels « poussent comme des champignons ». Le maire précise que sa municipalité peut encore accueillir 275 résidences, ce qui devrait suffire pour les 15 à 20 prochaines années.

« À 4000 résidents, on va commencer à être plein et ça va mettre énormément de pression sur les terres agricoles », soulève M. Christopher.

Une maison en construction. Beaumont peut encore accueillir 275 résidences ce qui devrait suffire pour les 15 à 20 prochaines années. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Un cœur historique à protéger

Il ajoute que Beaumont est « l'une des plus vieilles municipalités au Canada ». Le cœur du village est d’ailleurs considéré comme un site patrimonial par le ministère de la Culture.

Regroupant une soixantaine de bâtiments, ce site comprend notamment le premier presbytère de la paroisse construit en 1722 ainsi que l’Église Saint-Étienne-de-Beaumont érigée une dizaine d’années plus tard.

« Il y a certaines parties de Beaumont qu'il faut absolument protéger », raconte le maire passionné d’histoire.

Une maison patrimoniale de Beaumont.Une maison patrimoniale de Beaumont. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Questionné à savoir si son appui au projet et ses craintes face à celui-ci sont contradictoires, le maire répond qu’à ses yeux, le troisième lien et la protection du territoire ne sont pas irréconciliables.

Il croit plutôt qu’il faut « être très avant-gardiste dans la façon dont on va le faire ».

« Un désastre écologique »

Alexandre Labonté, un producteur laitier de Beaumont, partage les inquiétudes du maire quant au troisième lien. Sans réserve, il ajoute que le projet est un « désastre écologique pour faire rouler l’économie ».

Je ne vois pas la pertinence de ce projet. Dans 15 ans ou 20 ans, le problème va être le même. Sur les heures de pointe, il va toujours y avoir de la congestion.

Alexandre Labonté, producteur laitier de Beaumont
Alexandre Labonté, un producteur laitier de Beaumont, devant sa ferme.Alexandre Labonté, un producteur laitier de Beaumont, croit que le troisième lien est un « désastre écologique pour faire rouler l’économie ». Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

L’Union des producteurs agricoles (UPA) s’est aussi positionnée contre le projet, craignant une perte importante du territoire cultivable.

« Beaumont c’est un peu comme l’île d’Orléans »

Le maire de Lévis dit entendre les préoccupations de son voisin de Beaumont. Gilles Lehouillier assure qu'il défendra et respectera le patrimoine culturel et agricole de Beaumont. Il appartient cependant aux élus de déterminer de quelle façon ils veulent développer leur territoire.

« La municipalité de Beaumont c’est un peu comme l’île d’Orléans. Il faudra s’assurer qu’on respecte les spécificités de ses milieux », précise-t-il.

Selon le maire, le développement se fera majoritairement dans les pôles industriels. Il cite en exemple la zone industrialo-portuaire à l’est de Lévis et le secteur de Montmagny.

Gilles Lehouillier croit également que l’axe de la route du Président-Kennedy vers Saint-Anselme profitera de l’arrivée du troisième lien.

Un plan pour l’avenir

À ce sujet, le maire David L. Christopher affirme travailler sur un plan d’urbanisme qui protégera son territoire des impacts la construction du troisième lien.

« Mais après, si on a une pression du gouvernement qui décide qu'on dézone, on va avoir l'aide de l’UPA. Il y a des groupes environnementaux qui parlent contre ça aussi », fait valoir le maire.

Le maire de Beaumont David L. Christopher. Le maire de Beaumont David L. Christopher. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Il s’en remet à la bonne foi des élus en place dans le futur. Il espère qu’ils auront les mêmes préoccupations. « Il faut avoir une bonne vision et le faire comme il faut. Ça nous prend le troisième lien, mais il faut regarder les conséquences de tout ça », conclut-il.

La Coalition avenir Québec n’a pas encore dévoilé le tracé du nouveau lien entre les deux rives. Le corridor étudié par Québec est situé près de la pointe ouest de l’île d’Orléans, en face du village riverain de Beaumont.

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