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Trois nouvelles prises en intelligence artificielle pour Montréal, 130 emplois à la clé

Les détails avec Julie Marceau
Radio-Canada

Montréal poursuit le développement de son secteur de l'intelligence artificielle avec l'annonce, mardi, de la venue de trois nouvelles entreprises britanniques dans la métropole.

QuantumBlack, WinningMinds et BIOS prévoient créer plus de 130 emplois au cours des trois prochaines années. Ces nouveaux venus s'ajoutent aux Facebook, Google et Microsoft, qui sont déjà établis dans la métropole afin de mener des recherches en intelligence artificielle.

L'arrivée de trois nouvelles entreprises britanniques a été annoncée mardi matin en marge de l’événement NeurIPS, qui se déroule à Montréal jusqu'à samedi et auquel participent des milliers de chercheurs spécialisés en intelligence artificielle. La mairesse Valérie Plante ainsi que la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau, étaient présentes.

Mme Plante a notamment salué le travail de Montréal International et d'Investissement Québec dans ce dossier, soulignant que ces trois compagnies venaient se greffer à un « écosystème qui est déjà très important » et que leur venue confirmait la place de Montréal comme deuxième ville mondiale de l'intelligence artificielle.

Propriété du géant McKinsey depuis 2015, QuantumBlack s’installera dans les bureaux de l’Institut québécois d’intelligence artificielle (Mila), qui a pignon sur rue dans une ancienne usine de textile du Mile-Ex, à Montréal, surnommée « O Mile Ex ». L’entreprise a fait sa marque dans le monde de la formule 1 grâce à son expertise dans la gestion de grande quantité de données.

BIOS, qui s’appelait jusqu’à tout récemment CBAS, a fait sa marque dans le secteur de la neuro-ingénierie et s’applique à accentuer l’usage de l’intelligence artificielle en médecine.

Quant à WinningMinds, elle offre aux dirigeants d'entreprise d'analyser les conversations de leur personnel afin d'améliorer le processus de prise de décision et la productivité. Elle fournit les enregistrements, puis un algorithme développé sur la base de recherches en neurolinguistique accomplit le travail.

Ses services, illustre-t-elle, permettent aux décideurs de choisir les meilleurs talents après des entrevues d'embauche ou de prendre des décisions éclairées après de longues réunions.

« On veut leur donner le pouvoir d'améliorer leurs réunions [ainsi que] chaque membre de l'équipe et l'entreprise elle-même », résume Neil Barrett, directeur des technologies et de l'information au bureau montréalais de WinningMinds.

Les rapports produits par son entreprise fournissent des données quantitatives qui permettent par exemple de savoir si tel ou tel employé parle souvent ou non. Mais ils permettent aussi de décoder certains aspects plus émotionnels, explique M. Barrett. Ainsi, la colère, par exemple, pourrait être identifiée.

WinningMinds prévoit investir cinq millions de dollars et créer une trentaine d'emplois spécialisés à Montréal d'ici 2022. Pour l'instant, l'entreprise en démarrage compte seulement trois employés à Montréal. Ceux-ci sont basés dans l'arrondissement du Plateau Mont-Royal.

Pour une intelligence artificielle responsable

Par ailleurs, la version finale de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle a été lancée mardi matin.

Cette initiative de l'Université de Montréal vise à encadrer le développement qui touche tous les domaines : algorithmes analysant la météo, filtres des réseaux sociaux, système d'arme autonome, etc.

Conçue en novembre 2017 au Palais des congrès de Montréal à l’occasion du Forum IA responsable, la Déclaration a été l’objet de plus d’un an de travail, de recherches et de consultations auprès de citoyens, d’experts et de responsables publics, a-t-on fait savoir par communiqué.

La version présentée mardi par le chercheur montréalais Yoshua Bengio, directeur scientifique du Mila, contient 10 principes qui visent notamment à assurer la vie privée des citoyens ainsi que l’équité dans le développement de la technologie.

Parmi ces principes figure celui du « bien-être » : « Le développement et l’utilisation des systèmes d’intelligence artificielle (SIA) doivent permettre d’accroître le bien-être de tous les êtres sensibles », peut-on lire. Il est aussi question de protection de la vie privée dans l'acquisition de données en intelligence artificielle.

Comme scientifique, je sens une grande responsabilité de veiller à ce que l’utilisation des fruits de mes recherches et de tout le secteur de l’intelligence artificielle se fasse au bénéfice du plus grand nombre.

Yoshua Bengio, directeur scientifique du Mila

Quiconque le souhaite peut ajouter sa voix à la Déclaration en y apposant sa signature.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

À écouter : L'entrevue de Midi info avec Marc-Antoine Dilhac, professeur en éthique et en philosophie politique à l’Université de Montréal et Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éthique publique et théorie politique.

Avec les informations de La Presse canadienne

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