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L'UQO adopte une Politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel

L'Université du Québec en Outaouais

Le conseil d’administration de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) a adopté une Politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel.

Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

Radio-Canada

Après des mois de consultations et de travaux avec les représentants des associations étudiantes, le personnel, les corps professoraux et de la direction, le conseil d'administration de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) a adopté sa Politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel, lors de sa réunion de lundi.

L’UQO devient un des premiers établissements postsecondaires du Québec à adopter cette politique obligatoire, près d'un an après l'adoption de la loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel sur les campus.

Pour respecter la loi, chaque cégep et université du Québec doivent adopter sa politique avant la fin de l'année et la transmettre immédiatement au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur du Québec.

La nouvelle politique précise que l’UQO dénonce collectivement les violences à caractère sexuel et désire y mettre fin. Elle reconnaît à tous les membres de la communauté universitaire le droit fondamental à un milieu de travail et d’études exempt de toute forme de violences à caractère sexuel ou mettant en cause la sexualité, l’identité sexuelle ou l’expression de l’identité sexuelle d’une personne, qu’il s’agisse de harcèlement sexuel, de comportements sexuels non désirés ou de toute autre forme de violence sexuelle.

La mise sur pied d’un bureau d’intervention en matière d’inconduite (BIMI), va regrouper plusieurs services qui auront pour objectifs de guider les personnes plaignantes et d’assurer le suivi du traitement des plaintes.

Ce bureau va permettre à quiconque qui porte une plainte, que ce soit en matière de violence sexuelle, d’inconduite ou de plagiat, de s’adresser à un seul endroit de façon à ce que la plainte soit bien acheminée et bien traitée.

Denis Harrisson, recteur de l’UQO

Le BIMI va entre autres se concentrer sur la réglementation concernant le plagiat et la fraude, la politique de conduite responsable en recherche et création et celle visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel.

En entrevue à l’émission Les matins d’ici, le recteur de l’UQO, monsieur Denis Harrisson, a soutenu que la nouvelle politique mise sur la formation, la prévention et l’éducation.

Au cours des prochains mois, il faut mettre en place des formations, notamment lors des activités d’initiations au début de l’année ou des partys qui sont organisés tout au long de l’année, les organisateurs devront suivre des formations et il y aura une obligation, a-t-il dit.

Une ressource spécialisée sera embauchée au cours des prochaines semaines et aura comme mandat de mettre en place l’ensemble des mesures de la Politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel.

M. Harrisson a également affirmé que l’UQO souhaite prendre des ententes avec le Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALAS) de l'Outaouais pour le volet prévention.

Voix discordante

Les personnes qui vont traiter les plaintes, à l'exception de la personne à l’externe spécialiste des violences à caractère sexuel, sont des employés de l’UQO. Pour nous, il était très important que l’examen des plaintes et leurs traitements soient faits par des gens indépendants de l’UQO, affirme Stéphanie Demers, présidente du Syndicat des professeures et professeurs (SPUQO).

Même si Mme Demers reconnaît que la politique a des lacunes elle se dit très heureuse qu’une politique soit mise en place et salue tout le travail qui a été fait.

La politique telle qu’elle est, en dépit des demandes de modifications que nous avons faites à cet égard, pourrait entraîner une victime dans un processus de plainte alors qu’elle n’est pas prête à le faire, fait-elle valoir.

Dans la politique actuelle, les personnes semblent être obligées de signaler au bureau des plaintes, pour nous, ce n’est pas acceptable parce que ça entraînerait la victime dans un processus de plainte à un moment où la victime ne pourrait pas être prête, précise la présidente du SPUQO.

Rappelons que le Syndicat des professeures et professeurs a choisi de boycotter le comité consultatif mené par la direction de l'établissement scolaire concernant la politique de lutte contre les violences sexuelles.

Des séquelles

À la rentrée universitaire en 2016, l'UQO a été secouée par une controverse de nature sexuelle. Une activité organisée par l'équipe des Jeux de la communication promettait des récompenses aux participants qui relevaient une douzaine de défis osés.

L'activité intitulée « Les 12 travaux d'Hercule » a été dénoncée, puis finalement annulée.

À la suite de cet incident, l'Association générale étudiante (AGE) avait tenu à s'attaquer rapidement à la problématique des violences sexuelles. L'AGE avait puisé dans ses poches pour embaucher une intervenante sociale afin de lutter contre les violences sexuelles. « Ce partenariat entre l’association étudiante et le CALAS sera renouvelé tant que l’institution n’assurera pas le financement du service, avait indiqué Bianca Schiffo Fuoco, conseillère générale par intérim de l’AGE.

Les chargés de cours saluent l’adoption de la Politique

Le Syndicat des chargées et chargés de cours (SCCC-UQO) avait déposé un mémoire sur la question en août 2018.

Marie-Josée Bourget, présidente du SCCC-UQO, assure qu’ils sont très satisfaits du résultat et accueillent favorablement la décision qu’une personne continuera de siéger au Comité permanent et que deux personnes siègeront au nouveau Comité de surveillance et d’application.

Plusieurs chargées et chargés de cours sont spécialistes de la question des violences sexuelles. Nous sommes heureux de pouvoir faire bénéficier la communauté universitaire de notre expertise, a conclu Mme Bourget dans un communiqué.

Ottawa-Gatineau

Éducation