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Imprimer des maisons pour contrer les pénuries de logements dans le Nord?

La communauté de Fort Good Hope en hiver.

La petite communauté de Fort Good Hope, dans les T.N.-O., vit une crise du logement depuis longtemps. En juillet, 10 % de sa population cherchait un logement.

Photo : Kate Kyle/CBC

Radio-Canada

Est-ce que les avancées technologiques dans l'impression 3D peuvent un jour régler les problèmes de logements dans le nord du pays? C'est une question que se pose un rapport du Conference Board du Canada.

Un texte de Mario De Ciccio

La pénurie de logements abordables tracasse bien des collectivités isolées depuis de nombreuses années.

Dans le Nord canadien, les ressources sont limitées, et le transport des matériaux de construction est souvent compliqué par les longues distances et le manque de routes.

Résultat : la construction d’un seul logement social au Nunavut peut coûter jusqu’à 550 000 $, estime le rapport du Conference Board. C’est trois fois plus cher que dans le sud du pays.

Selon le rapport qui a sondé ce qui se faisait ailleurs dans le monde dans le domaine de l’impression 3D, l’impression de maisons pourrait coûter le tiers des prix actuels, voire moins, « mais seulement si la technologie fonctionne dans les environnements arctiques et subarctiques ».

Utilisé dans la construction immobilière depuis quelques années à peine, le principe de l'impression 3D est relativement simple. Un matériel, souvent du béton, est extrudé d’une machine robotisée pour construire les murs de la maison.

Le processus peut se faire en quelques heures à peine et, comme il utilise du béton fait de matières présentes sur place, il permet, selon le rapport, « de réduire considérablement les coûts de main-d’oeuvre et l’ensemble des dépenses de produits ».

Une mousse sort d'une machine alors qu'un travailleurs la regarde faire derrière.

Un employé travaille à la construction d'un logement social imprimé en 3D avec une méthode développée par des chercheurs de l'Université de Nantes, en France, le 19 septembre 2017.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Cependant, aucune étude n’a été faite sur ce type de construction dans le Nord canadien, et l'idée est loin d'être sans faille.

Cité dans le rapport, Jeff Armstrong, le directeur général de Cold Climate Solutions, estime qu’il faut rester réaliste quand il s'agit de ces nouvelles technologies.

« Il faut noter qu’il y a encore des questions importantes à se poser, spécialement en ce qui a trait aux défis techniques et aux besoins de construction dans cet environnement unique », indique Jeff Armstrong.

Selon lui, le béton pourrait ne pas être l’idéal pour maintenir la chaleur des maisons dans les conditions de froids extrêmes et pour assurer l’intégrité de la structure sous les charges de neige.

Un mur fait de mousse et de béton.

Les chercheurs de Nantes utilisent deux couches de mousse polymère isolantes qui servent de coffrage à une troisième couche de béton.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Bref, le rapport recommande de faire davantage d’études pour examiner la faisabilité de tels projets dans un contexte nordique.

« Il est impératif que le Nord explore ces possibilités technologiques de sa propre initiative et ne se contente pas d’attendre que des collectivités, des entreprises ou des gouvernements du Sud [...] prennent des décisions à sa place », conclut le rapport.

L’avenir de l'impression 3D

L’impression 3D a commencé à émerger dans le secteur de la construction immobilière ces dernières années dans différents chantiers à travers le monde.

À Nantes, en France, par exemple, une maison économe en énergie et pensée pour le logement social a été imprimée et construite en 54 heures, l’an dernier.

Les murs de la maison ont été imprimés sur place par couches de polymère isolant et de béton. Une isolation qui permet d’utiliser 30 % moins d’énergie qu’une maison normale.

À Nantes, en France, les imprimantes en trois dimensions sont au service des moins nantis.

La maison a été construite et pensée selon les spécificités de Nantes, d'après Benoit Furet, professeur à l’Institut universitaire de technologie de Nantes.

Des recherches devront vraisemblablement être faites avec les spécificités du Nord canadien, estime aussi le chercheur, qui y voit tout de même un avenir.

Selon lui, son mode de construction au polymère isolant et au béton pourrait sûrement permettre une bonne isolation. Mais c’est l’idée d’utiliser les matières disponibles sur place pour créer le béton qui est la plus importante à ses yeux.

« Il ne faut pas chercher à faire quelque chose d'homogène », conclut-il.

Un homme regarde vers l'horizon.

Benoit Furet de l’Institut universitaire de technologie de Nantes, est le chercheur derrière le BatiPrint3D,une technologie de pointe d’impression 3D adaptée pour le l'impression de maison.

Photo : Benoit Furet

Il ajoute cependant que l’impression 3D de maisons n’inclut pas les fenêtres, la tuyauterie, l’électricité, qui, généralement, constituent les aspects les plus coûteux de la construction.

« Dans la construction d’un bâtiment, il n’y a que 25 % de la construction qui est sur le gros oeuvre, dit-il. Il ne faut pas imaginer que, parce qu'on va faire de l’impression 3D, on va minimiser par 10 le coût de la construction. »

Grand-Nord

Immobilier