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Commotions cérébrales : la mère d’un joueur de hockey junior dénonce un entraîneur

Le joueur en costume, le masque levé, se trouve sur le bord d'une patinoire, son bâton de hockey est aussi levé.
L'ancien joueur de hockey junior Carter Phair. Photo: Mike Stackhouse/SJHL/Weyburnredwings.ca
Radio-Canada

La mère d'un ancien gardien de but de la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan (SJHL) affirme que l'entraîneur d'une équipe adverse de la Ligue avait une « liste noire » de joueurs et qu'il encourageait ses joueurs à les frapper.

Anne Phair a ainsi témoigné en ce sens devant le sous-comité sur les commotions cérébrales liées aux sports au Canada la semaine dernière à Ottawa.

D'après elle, son fils, Carter, qui était gardien de but chez les Red Wings de Weyburn, a été victime d'une commotion cérébrale qui l'a forcé à prendre sa retraite du hockey junior, l’automne dernier. Sa blessure, dit-elle, provient d'une collision avec un joueur de l’équipe adverse dans sa zone de but qui a entraîné une hospitalisation. Carter avait été nommé meilleur gardien de but de la ligue le mois précédent.

Selon Mme Phair, avant cet accident, cette même équipe a mis fin à la saison de son fils deux années de suite, après un coup de genou à la tête.

Elle a indiqué que les médecins ont diagnostiqué six commotions cérébrales chez Carter en trois ans, alors qu'il jouait au hockey junior. Mme Phair précise toutefois que les deux premières étaient dues au masque de gardien de but inapproprié qu'il portait depuis l'âge de 14 ans.

Durant son témoignage, Anne Phair a déclaré que les antécédents de commotion cérébrale de son fils faisaient de lui une cible. « Quand Carter avait l’autorisation de jouer à nouveau, dit-elle, la nouvelle se répandait : ''Frappez-le à la tête et il va manquer deux semaines.'' »

Anne Phair a concédé que la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan a imposé plusieurs suspensions à la suite de ces incidents. « Mais cela n'a pas suffi pour changer les comportements, a-t-elle déploré. Carter a reçu quatre diagnostics de commotions cérébrales en cinq mois, à la suite de coups illégaux, malgré les suspensions infligées aux responsables. »

Après le dernier incident, quatre mois se sont écoulés avant que Carter puisse reprendre l'entraînement. Il avait perdu une partie de la vision, avait également des maux de tête quotidiens, ne pouvait pas dormir et avait du mal à se concentrer. Heureusement, selon Anne Phair, les symptômes de Carter ont, depuis, presque tous été soulagés.

Par ailleurs, il est à noter qu’aucune des allégations d’Anne Phair n'a été prouvée en cour. Le privilège parlementaire protège son témoignage.

La SJHL réagit

Le président de la SJHL, Bill Chow, a déclaré qu’à la suite de l’incident qui a mis fin à la carrière junior de Carter l'entraîneur a été suspendu.

Il a également affirmé qu’à l’époque il pensait administrer des suspensions suffisamment longues, notant que ces suspensions dépassaient le minimum prescrit dans le règlement de la Ligue.

Il a ajouté qu'il n'avait jamais entendu parler d'une « liste noire » avant le témoignage d’Anne Phair devant le sous-comité.

Il a indiqué que la Ligue ferait une enquête sur ce type d'allégation contre un entraîneur toujours en poste, mais qu’elle ne se pencherait pas sur cette affaire. « Il n'est plus dans notre Ligue, alors je n'ai plus aucun contrôle sur ses actions », a-t-il déclaré.

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