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Circulation sur le mont Royal : carrefours giratoires et aménagements pour piétons demandés

Vue de Montréal depuis le belvédère Kondiaronk, sur le mont Royal
L'expérience des piétons sur le mont Royal est loin d'être optimale, ont souligné des organismes représentant des aînés et des personnes ayant des limitations fonctionnelles. Photo: Montréal International

La circulation de transit doit être maintenue sur la montagne, a affirmé le CAA-Québec lundi, lors de la présentation de son mémoire devant l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM), qui tient une consultation sur les voies d'accès au mont Royal. Le CAA demande également que la signalisation soit améliorée et que des mini-carrefours giratoires soient aménagés à l'entrée et à la sortie du belvédère Camillien-Houde.

De leur côté, le Regroupement des usagers du transport adapté et accessible, la Société Logique et la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal ont présenté conjointement des recommandations visant à améliorer l’expérience des piétons sur la montagne.

Des constats inquiétants

Le CAA-Québec a dépêché sur le mont Royal en juillet dernier deux experts en sécurité routière pour évaluer le projet pilote de la Ville, au cours duquel la circulation de transit a été interdite sur la montagne du début juin à la fin octobre.

Les constats de ces spécialistes sont inquiétants, selon le directeur de la fondation du CAA-Québec, Marco Harrison.

« À plusieurs reprises, nos experts ont observé des cyclistes qui circulaient à des vitesses dangereuses, omettaient des arrêts obligatoires, circulaient à contresens, bafouaient des priorités de passage et roulaient en plein centre de la voie. Chez les automobilistes, on a vu des virages interdits, des voitures qui s'immobilisent, font des demi-tours, contournent des bollards, circulent à contresens », a-t-il rapporté.

Aux abords du belvédère Camillien-Houde, l’implantation de petits carrefours giratoires améliorerait la sécurité de ce secteur particulièrement dangereux, croit le CAA-Québec, un organisme sans but lucratif qui compte un million de membres et qui s’intéresse entre autres aux questions de sécurité routière.

C’est près de ce belvédère que le cycliste Clément Ouimet a perdu la vie le 4 octobre 2017 lorsqu’il a percuté la portière d’un véhicule qui faisait un demi-tour illégal.

Marco Harrison affirme que la vitesse dans les carrefours giratoires devrait être limitée à 10 km/h.

Il décrit également la configuration que devraient prendre ces carrefours : « Au milieu, le bouton est en bitume et un peu surélevé. [Il fait] deux à trois mètres de diamètre. Un véhicule plus gros, comme un autobus de la ville ou un camion qui passerait par là et qui ne serait pas capable de négocier la courbe, il passerait directement par-dessus, comme ça se fait en Europe ».

L'un des commissaires de l’OCPM a qualifié de très intéressante l'idée des carrefours giratoires pour améliorer la sécurité près du belvédère, qu'il y ait ou non circulation de transit sur le mont Royal.

Améliorer l’expérience des piétons

Quelle que soit la décision que prendra la Ville à propos de la circulation automobile sur les voies Camillien-Houde et Remembrance, il faudra améliorer l’expérience des piétons, affirment pour leur part le Regroupement des usagers du transport adapté et accessible, la Société Logique et la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal, dans leur mémoire conjoint.

« Dans tous les cas, l’expérience des piétons se doit d’être conviviale, facile et sécuritaire, ce qui est franchement loin d’être le cas actuellement! », écrivent-ils dans leur mémoire.

L’automne dernier, ils se sont penchés sur les caractéristiques des aménagements pour les piétons sur le mont Royal au cours d’une marche exploratoire suivie d’une évaluation au moyen d’un outil mis au point par la Société Logique et la Direction régionale de santé publique de Montréal.

Ils ont constaté une foule de problèmes d’aménagement qui compliquent la vie des piétons, en particulier ceux qui ont des limitations fonctionnelles, entre autres :

  • l’absence de séparation physique des voies piétonnes et des voies cyclables;
  • le mobilier urbain qui bloque le passage ou la vue;
  • la discontinuité des trottoirs à plusieurs endroits;
  • le manque de bancs facilement accessibles;
  • l’absence d’ombre sur les trottoirs.

Leurs 16 recommandations en vue d’une accessibilité universelle du mont Royal touchent l’aménagement du transport collectif, la configuration des chemins pour piétons et la gestion de la circulation des véhicules.

La Ville de Montréal a adopté en 2011 une politique d’accessibilité universelle qui vise à permettre « à toute personne, quelles que soient ses capacités, l’utilisation identique ou similaire, autonome et simultanée des services offerts à l’ensemble de la population ».

La présentation des mémoires se poursuivra mardi. Le rapport de l'OCPM sur les voies d'accès au Mont-Royal est attendu au printemps 2019.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

Grand Montréal

Transports