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Collecte des matières organiques à Québec : vers des sacs de plastique recyclables?

Des fruits et des légumes dans un sac de plastique recyclable

Des fruits et des légumes dans un sac de plastique recyclable

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Radio-Canada

Les sacs qui serviront à la collecte des matières organiques, à Québec, ne seront pas forcément compostables. Selon les informations de Radio-Canada, les sacs de plastique recyclables feraient partie des options envisagées par la Ville, malgré les défis que cela entraînerait.

Un texte d’Alexandre Duval

La Ville de Québec a déjà annoncé qu’à l’ouverture de son usine de biométhanisation, d’ici 2022, les matières organiques seront collectées avec des sacs plutôt qu’avec les traditionnels bacs bruns.

S’agira-t-il de sacs de plastique compostables, de sacs biodégradables ou de sacs de plastique recyclables? La Ville demeure muette sur ses intentions.

« Pour le moment, nous ne dévoilerons pas l’ensemble des éléments analysés [incluant les types de sacs], compte tenu des appels d’offres à venir », indique David O’Brien, porte-parole de la Ville.

Mais l’idée d’utiliser des sacs de plastique recyclables soulève plusieurs questions. Comme il s’agit d’une matière inerte, elle ne peut pas se transformer en compost avec les restes de table.

Il faudrait vraisemblablement ouvrir les sacs de plastique recyclables, en retirer le contenu, puis les transporter hors de l’usine de biométhanisation pour les laver et ensuite les recycler.

L'usine de biométhanisation de CacounaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup.

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

« Recycler des plastiques souillés, c’est quand même assez difficile », note Serge Forest, directeur général de la Société d’économie mixte d’énergie renouvelable de la région de Rivière-du-Loup.

L’usine de biométhanisation qu’il dirige à Cacouna a d’ailleurs rejeté l’option des sacs de plastique recyclables avant l’ouverture des installations en 2015.

Par ici, on a beaucoup de cultivateurs et les plastiques qui enrobent les balles de foin, ils ont beaucoup de difficulté à les recycler parce que c’est contaminé.

Serge Forest, directeur général de la Société d'économie mixte et d'énergie renouvelable de la région de Rivière-du-Loup

Diminution du rendement?

Si l’usine de biométhanisation de Québec optait pour les sacs de plastique recyclables, il faudrait donc s’assurer qu’ils soient efficacement séparés des matières organiques.

La professeure de génie chimique à l’Université Laval, Céline Vaneeckhaute, indique que si du plastique se retrouvait dans le digesteur, cela pourrait influencer le rendement de l’usine.

Céline Vaneeckhaute, professeure au département de génie chimique de l'Université LavalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Céline Vaneeckhaute, professeure au département de génie chimique de l'Université Laval

Photo : Radio-Canada

C’est que le processus de biométhanisation produit notamment du biogaz qui peut ensuite être vendu. Mais Mme Vaneeckhaute affirme que la production de biogaz peut être inhibée en présence de matière inerte dans le digesteur.

La biométhanisation produit aussi un résidu solide appelé digestat, qui peut servir de compost. « S'il y a trop de plastique qui va dans le biométhaniseur, les plastiques peuvent s'accumuler dans le digestat », soutient Mme Vaneeckhaute.

Ces plastiques-là sont non biodégradables, donc si on utilise le digestat comme engrais, on va envoyer ces plastiques dans l'environnement, ce qui n'est pas du tout le but.

Céline Vaneeckhaute, professeure au département de génie chimique de l'Université Laval

Enfin, le plastique pourrait potentiellement « bloquer le système de mélange dans le réacteur de digestion », ajoute la professeure, ce qui pourrait entraîner des problèmes mécaniques.

Avantage aux sacs compostables

Mme Vaneeckhaute estime que le choix de la Ville de Québec devra se baser sur des « analyses de cycle de vie » afin de déterminer quel serait le meilleur type de sac pour la collecte des matières organiques.

Mais à première vue, la solution qui lui semble la plus logique est celle des sacs compostables. « Au niveau de l'empreinte environnementale, je pense que ça va être plus intéressant. »

Ça peut être plus cher à la base, mais si on regarde toutes les étapes dans le cycle de vie, peut-être que ça va être plus efficace.

Céline Vaneeckhaute, professeure au département de génie chimique de l'Université Laval

Depuis juin, l’usine de biométhanisation de Cacouna permet aux citoyens d’utiliser des sacs compostables, en plus de leur bac brun. Une fois rendus à l’usine, les sacs sont tout simplement broyés avec les matières organiques.

Environ la moitié des sacs parviennent à être transformés en particules suffisamment fines pour se retrouver dans le digestat, qui est ensuite remis aux agriculteurs de la région.

« Étant donné que c’est du plastique compostable, s’il n’est pas déjà composté [dans le digesteur], il se composte au champ », illustre le directeur général, Serge Forest.

Serge Forest, directeur général de la Société d’économie mixte d’énergie renouvelable de la région de Rivière-du-LoupAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Serge Forest, directeur général de la Société d’économie mixte d’énergie renouvelable de la région de Rivière-du-Loup

Photo : SÉMER

La construction de l’usine de biométhanisation de Québec doit commencer l’an prochain au coût de 124,5 millions de dollars. La mise en service aura lieu en 2021 ou 2022.

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