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Le panier d'épicerie coûtera plus cher en 2019

Une femme pousse un panier d'épicerie rempli de légumes et de fruits.
Les consommateurs pourraient devoir payer davantage pour leurs légumes en 2019. Photo: Getty Images / Vadim Guzhva
Radio-Canada

Les Canadiens doivent s'attendre à payer davantage pour leur panier d'épicerie dans l'année qui vient. C'est ce que prévoit l'édition 2019 du Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation, publié conjointement par l'Université Dalhousie à Halifax et l'Université de Guelph, en Ontario.

Un texte de Frédéric Wolf

Le budget alimentaire augmentera de 1,5 % à 3,5 % l’an prochain, selon les auteurs de cet exercice annuel.

La nouvelle édition du rapport, dévoilée mardi, prévoit que la famille canadienne moyenne (deux adultes et deux enfants) dépensera 12 157 $ en alimentation dans l’année qui vient, soit 411 $ de plus qu’en 2018.

L’une des principales causes de cette augmentation est la hausse anticipée du prix des légumes. Les auteurs du rapport estiment que ceux-ci coûteront de 4 % à 6 % plus cher dans la prochaine année. C’est une hausse similaire à celle qui était prévue en 2018, et qui s’est concrétisée.

Les phénomènes climatiques pourraient empirer la situation, car 2019 sera marquée par la fin d’un épisode de La Niña et par le retour probable d’El Niño.

El Niño amène beaucoup d'humidité dans des régions comme l'Asie et l'Amérique du Sud, mais pas en Amérique du Nord. Et on achète beaucoup, beaucoup de légumes en Amérique du Nord, explique l’auteur du rapport, Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie d'Halifax. S'approvisionner en légumes des États-Unis et du Mexique, ça va être un peu plus difficile.

Le goût pour la viande se perd

À l’opposé, les prix dans deux grands groupes alimentaires, c’est-à-dire les viandes et le secteur des poissons et fruits de mer, devraient être à la baisse dans la prochaine année.

Le prix de la viande pourrait diminuer jusqu’à 3 %, prévoit-on, en raison de surplus d’inventaires et de la baisse de popularité de la viande en général, mais du boeuf en particulier.

Des bovins dans un pré.Des inventaires plus élevés et une demande chancelante pourrait faire baisser le prix de la viande en 2019. Photo : Radio-Canada / CBC/Katerina Georgieva

La protéine animale vit une crise, selon les auteurs du rapport, et les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux protéines végétales. Les Canadiens consomment désormais 94 millions de kilos de boeuf de moins par année comparativement à 2010.

Si les hausses et baisses de prix pressenties par les chercheurs se concrétisent en 2019, faut-il donc tourner le dos aux légumes et reprendre goût à la viande? Ce serait étonnant de voir ce phénomène se produire, selon Sylvain Charlebois.

Sylvain Charlebois le 3 décembre 2018.Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie d'Halifax. Photo : Radio-Canada / Peter Dawson

Je doute que lorsqu'on paie trop pour les légumes, on décide de commencer à acheter de la viande, dit-il. On va acheter du surgelé, par exemple, on va s'intéresser aux allées [du supermarché] où il y a des congélateurs au lieu d'acheter dans le frais. Ce sont des choses que l'on voit souvent lorsque le prix des légumes augmente.

Hausses plus ou moins marquées selon les provinces

Le rapport prévoit que le coût du panier d’épicerie des Canadiens sera à la hausse dans toutes les provinces en 2019. Cette augmentation sera plus marquée en Ontario, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique, et se situera dans la moyenne au Québec et au Manitoba.

Étalage de poissons et de fruits de mer au marché des fermiers à Halifax.Agrandir l’imagePoissons et fruits de mer au marché des fermiers à Halifax. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

2018 a été une bonne année pour l'Atlantique, souligne M. Charlebois, avant d’ajouter que ce ne sera pas le cas dans l’année qui vient.

C'est rare qu'une province ou une région va vivre la même chose deux années d'affilée. Habituellement lorsqu'on offre un répit au consommateur, on se fait avoir l'année suivante, prévient le chercheur. On doit s’attendre à des hausses substantielles en 2019, malheureusement, dans les Maritimes.

Les consommateurs de l’est du pays peuvent toutefois se consoler, car la hausse anticipée des prix devrait être inférieure à la moyenne canadienne en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Beaucoup d’argent dépensé pour manger hors de la maison

Une femme tient un sushi avec des baguettes.En 2019, une famille canadienne devrait dépenser 143 $ de plus que l’an dernier pour manger à l’extérieur de la maison. Photo : Getty Images / AvalancheZ

L’étude souligne que les achats réalisés hors du foyer continuent d’occuper une part importante du budget consacré à l'alimentation. La famille canadienne moyenne devrait dépenser 143 $ de plus que l’an dernier à l’extérieur de la maison.

Le salaire minimum a augmenté partout au Canada, on risque de voir un peu la même chose en 2019, et les gens sortent beaucoup plus. Donc, c'est un volet qui est de plus en plus important dans notre budget alimentaire, souligne Sylvain Charlebois.

Si vous voulez épargner un petit peu, ne sortez pas autant au restaurant, résume-t-il.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

Nouvelle-Écosse

Alimentation