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Des organismes veulent plus d'actions pour aider les retraités à s'alimenter

Une variété de produits alimentaires dans un réfrigérateur commercial.
Des paniers en attente de distribution dans le réfrigérateur d'une banque alimentaire. Photo: Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon
Radio-Canada

Le nombre d'aînés ayant eu recours à une banque alimentaire en Ontario a bondi de 10 % l'an dernier, selon l'Association des banques alimentaires de la province. Des organismes aidants souhaitent plus d'action de la part du gouvernement.

Un texte d’Aminata Yade

C'est un taux de croissance qui est presque trois fois supérieur à celui de la population d'aînés ontariens.

Au total, plus de 500 000 personnes ont eu recours à une banque alimentaire entre avril 2017 et mars 2018, révèle aussi le rapport de l'association.

Adelaide Wimpenny, qui coordonne les programmes alimentaires, craint que cette situation ne devienne alarmante.

une jeune femme brune.Adelaide Wimpenny est la coordinatrice des programmes alimentaires de l'Association des banques alimentaires. Photo : Avec l'autorisation d'Adelaide Wimpenny

Il y a un véritable problème de pauvreté en Ontario.

Adelaide Wimpenny - coordinatrice des programmes alimentaires de l'Association des banques alimentaires

Pour Gilles Fontaine de la Fédération des aînés, [les retraités] n’ont pas assez d’argent pour avoir une certaine qualité de vie. Ils gagnent entre 15 000 et 18 000 $ par an, ce qui ne représente rien dans une province comme l’Ontario. On voit que dans la région de Toronto, les loyers sont de plus en plus élevés.

Ces personnes qui ont recours aux banques alimentaires n’ont pas forcément eu un emploi qui leur permettait d’avoir des pensions, des ressources pour mettre de l’argent de côté pour leur retraite , dit Gilles Fontaine.

Le directeur général de la Fédération des Aînés et des retraités francophones de l’Ontario estime que le niveau de pauvreté chez les francophones de plus de 65 ans est plus élevé que chez les anglophones.

La plupart [des aînés] vivent avec le financement du gouvernement.

Gilles Fontaine - directeur général de la Fédération des Aînés et des retraités francophones de l’Ontario

L’isolement des personnes âgées et l’accès aux services de soutien est un véritable problème au sein de la communauté , affirme Paul Lapierre du Centre d’accueil Héritage.

« À la fin du mois on a plus d’argent on n’arrive pas à boucler nos dépenses »

Il y a même des gens qui doivent faire un choix entre payer un loyer et manger. Malheureusement, certains préfèrent payer leur loyer et aller dans les banques alimentaires , affirme Gilles Fontaine.

D’autres préfèrent payer leurs médicaments plutôt que de la nourriture, explique Paul Lapierre.

Un homme aux cheveux courts, vêtu d'une chemise bleue.Paul Lapierre, directeur du Centre d'accueil Héritage. Photo : avec l'autorisation de Paul Lapierre

Le directeur général adjoint du Centre Héritage explique que beaucoup de personnes âgées n’ont plus le soutien de leur famille et doivent se retourner vers des organismes qu’ils ne connaissent même pas.

Les banques alimentaires deviennentl’une de leurs dernières options , dit Adelaide Wimpenny.

65 % des personnes qui sollicitent les banques alimentaires reçoivent l’assistance sociale, mais cela ne suffit pas, car les revenus sont faibles , dit-elle.

Elle ajoute que le gouvernement devrait revoir le régime de pension de 60 à 100 % », car les aînés « ne vont pas revendiquer leurs droits. Ils ont déjà honte de faire appel aux banques alimentaires.

Le Centre d’accueil Héritage recommande un accompagnement complet des personnes âgées, qu’il juge vulnérables, voire faibles dans certains cas.

Penser aux plus âgées

Pour Gilles Fontaine de la Fédération des aînés, les médicaments coûtent trop cher etles retraités n’ont pas les ressources pour se protégersurtout ceux qui n’ont pas d’assurance.

Paul Lapierre déplore par exemple que certains retraités se retrouvent à l’hôpital en urgence pour des besoins mineurs qui auraient pu être traités.

Le directeur du Centre d’accueil Héritage dit qu'il voudrait plus de collaboration entre les différents paliers de gouvernement. Il juge essentiel de subvenir aux besoins des personnes âgées pour éviter des écarts de société importants.

Si la tendance se maintient, on va cultiver le déclin de la classe moyenne comme on a vu depuis ces dernières années, constate-t-il.

En attendant, le Centre d'accueil Héritage offre des certificats cadeaux, des bons d’achat et un programme de soutien à domicile tout comme l’Association des banques alimentaires qui organise chaque année, le mois d’action contre la faim en Ontario.

Toronto

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