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Moins de coupes à blanc et plus de pratiques écologiques, promet la Nouvelle-Écosse

Iain Rankin en conférence de presse le 3 décembre 2018.

Le ministre Iain Rankin a présenté lundi la réponse du gouvernement à un rapport indépendant sur les pratiques forestières en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Pat Callaghan/CBC

Radio-Canada

La Nouvelle-Écosse s'engage à réduire les coupes à blanc et accepte les recommandations d'un rapport qui lui a été remis en août, lui demandant de revoir ses pratiques forestières pour faire de la protection des écosystèmes et de la biodiversité une priorité.

Le ministre des Terres et de la Foresterie, Iain Rankin, a annoncé lundi que des mesures allaient être prises immédiatement pour mettre en place un modèle écologique de foresterie en Nouvelle-Écosse. Cela signifie des changements importants dans la gestion des forêts, incluant moins de coupes à blanc sur les terres de la Couronne, déclare-t-il, sans pouvoir préciser à quel point.

L’été dernier, le président de l’Université de King's College, William Lahey, avait présenté un rapport recommandant de mettre à l’essai un modèle écologique de foresterie conjuguant conservation de la nature et rentabilité de l’industrie forestière.

Triade forestière

Le gouvernement adoptera le modèle d’aménagement forestier appelé « triade » que recommandait M. Lahey. En vertu de ce modèle, certaines zones sont protégées de toute exploitation forestière; d'autres sont consacrées à l'exploitation forestière intensive, y compris la coupe à blanc; et d'autres encore sont exploitées avec une touche plus légère et des coupes à blanc limitées.

Le professeur Lahey, qui a été sous-ministre de l’Environnement en Nouvelle-Écosse de 2004 à 2007, demandait entre autres une importante réduction des coupes à blanc, qui seraient pratiquées sur 65 % des terres de la Couronne en Nouvelle-Écosse. Ces terres représentent environ 30 % des forêts de la province.

M. Rankin explique que son ministère entamera d'abord un processus afin de déterminer les zones appropriées pour la foresterie à haute production sur les terres de la Couronne. Une fois ces zones délimitées, la province autorisera l'utilisation réglementée d'herbicides dans les zones destinées à une exploitation élevée. Les fonds publics ne seront toutefois pas utilisés.

Un arbre se dresse seul dans une zone déboisée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un arbre se dresse dans une zone déboisée de la vallée de Wentworth, dans le nord-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Dans sa réponse présentée lundi au rapport Lahey, le gouvernement provincial s’engage à :

  • faire de la protection des écosystèmes et de la biodiversité sa priorité;
  • mettre en place un modèle de triade forestière;
  • réviser son guide de gestion des forêts afin d’augmenter l'accent mis sur les considérations écologiques au moment des prises de décisions;
  • mettre plus d’accent sur la santé de la faune et le rétablissement des espèces en péril;
  • améliorer la transparence et la responsabilisation du Ministère;
  • étudier des projets énergétiques à petite échelle dans lesquels le bois de moins bonne qualité pourrait servir au chauffage de bâtiments publics comme les hôpitaux, les écoles et les bureaux du gouvernement.

Le provincial estime qu’il faudra un an pour passer en revue son guide de gestion des forêts, qui dicte les pratiques forestières sur les terres de la Couronne. Dans l’intervalle, il dit qu’il suivra des directives temporaires de rétention, qui mettront l’accent sur les « forêts inéquiennes », composées d’arbres de tous âges. Le gouvernement affirme se fixer un objectif de conservation de 10 % à 30 % des arbres.

Quant aux terres privées, elles feront l’objet de discussions, selon le ministre Rankin. On estime que la coupe à blanc est la méthode privilégiée de récolte du bois dans environ 90 % des terres forestières privées de la province.

Le gouvernement s’engage aussi à réviser sa Loi sur les terres de la Couronne, et à déposer en 2019 une Loi sur la biodiversité, qui servira à enchâsser le principe d’écologie forestière qu’il dit vouloir poursuivre.

Le ministère des Terres et de la Foresterie mettra également en place un processus indépendant d'examens environnementaux pour les permis de gestion forestière à long terme.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Industrie forestière