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Antonio Guterres dénonce l’apathie des nations face aux changements climatiques

Antonio Guterres parle au micro.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'adresse aux participants lors de l'ouverture de la Conférence de l'ONU sur le climat de Katowice, en Pologne. Photo: Reuters / Kacper Pempel
Radio-Canada

Le monde « ne va pas du tout dans la bonne direction », a déploré lundi le secrétaire général de l'ONU, en dénonçant le manque de détermination mondiale face à l'urgence climatique au deuxième jour de la Conférence de l'ONU sur le climat (COP24), en Pologne.

Pour Antonio Guterres, les États et gouvernements sont loin d’en faire assez pour limiter les effets dévastateurs des changements climatiques, et ce malgré l’accumulation de preuves irréfutables que le phénomène est bien en marche.

Même si nous sommes les témoins d'impacts climatiques dévastateurs provoquant le chaos à travers le monde, nous ne faisons toujours pas assez, nous n'allons pas assez vite.

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Soulignant que, dans plusieurs pays, les changements climatiques sont déjà « une question de vie ou de mort », le grand patron de l’ONU a ajouté ne pas comprendre pourquoi nous avançons collectivement si lentement et même « dans la mauvaise direction ».

Rappelons que lors de la Conférence de Paris sur le climat de 2015, 195 pays se sont engagés à œuvrer pour contenir la hausse de la température moyenne de la planète « nettement en dessous de 2 °C » par rapport aux niveaux préindustriels et de s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5 °C.

Les membres de la COP24 doivent finaliser d’ici le 14 décembre les règles d'application qui permettront la mise en œuvre de l'Accord de Paris.

Un rapport des scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a révélé de nettes différences en termes de violence et de fréquence des impacts climatiques entre 2 °C et 1,5 °C.

La situation se détériore vite, prévient le GIEC

Un commerçant dans les rues de Lahore au Pakistan, où la pollution atteint des niveaux dangereux.Un commerçant dans les rues de Lahore au Pakistan, où la pollution atteint des niveaux dangereux. Photo : Associated Press / K.M. Chaudary

Selon le GIEC, pour contenir l’augmentation des températures moyennes sous la barre du 1,5 °C, l’humanité devra réduire ses émissions de CO2 de près de 50 % d'ici à 2030, par rapport à 2010.

Un défi colossal pour les nations de la Terre qui peinent actuellement à seulement stopper l’augmentation des gaz à effet de serre.

Que Dieu nous pardonne! Si nous ignorons les preuves irréfutables, nous deviendrons la génération qui a trahi l'humanité. À ceux qui traînent les pieds, je dis simplement " faites-le ".

Frank Bainimarama, premier ministre de Fidji

Alors que les pays les plus pauvres attendent beaucoup de cette conférence, Antonio Guterres a rappelé aux nations les plus riches « la responsabilité collective d'aider les communautés et les pays les plus vulnérables, comme les États insulaires et les pays les moins avancés, en soutenant les politiques d'adaptation et de résistance » aux conséquences du dérèglement climatique.

Les dirigeants de pays dits vulnérables, comme le Népal ou le Nigeria, doivent également prendre la parole lors de ce sommet où aucun chef d’État des pays les plus importants émetteurs de gaz à effet de serre n'est présent.

Des milliards qui se font attendre

Rappelons que lors des accords de Paris, les grandes puissances économiques du Nord se sont engagées à porter à 100 milliards de dollars par an l’aide financière climatique qu’ils versent aux pays en développement d’ici 2020.

Alors que cette question des financements Nord-Sud pèse régulièrement sur les négociations, la Banque mondiale a annoncé lundi une mobilisation d'environ 200 milliards de dollars de 2021 à 2025 pour l'aide à la réduction des émissions et à l'adaptation au changement climatique en encourageant la communauté internationale à faire de même.

L'optimisme à la baisse

Mais les observateurs ne se font pas trop d’illusions sur l’issue de la COP24 après le rejet pur et simple de l’Accord de Paris par le président des États-Unis Donald Trump et la tiédeur affichée par de nombreux pays qui tirent d’importants revenus de leur production de charbon, de pétrole et autres énergies fossiles.

La Pologne, hôte de la conférence, qui défend elle-même bec et ongles son industrie du charbon, a d’ailleurs plaidé pour la « déclaration de Silésie » qui prône « une transition juste » vers une économie sans carbone en invoquant les milliers de travailleurs qui dépendent de l’industrie houillère.

Pour plusieurs observateurs, ce principe de « transition juste » pourrait cependant devenir une excuse invoquée par plusieurs pays pour justifier leur inaction en matière de lutte contre les changements climatiques.

« Nous n'avons pas des décennies ou des siècles pour sortir des énergies fossiles », prévient Alden Meyer, de l'organisation Union of Concerned Scientists.

Shell lie le salaire de ses dirigeants à l'atteinte d'objectifs environnementaux

Pendant ce temps, à Londres, la direction de la pétrolière Shell a annoncé qu’elle allait adopter sous peu un nouveau mode de rémunération pour ses hauts dirigeants basés sur des objectifs à court terme de réductions des émissions de gaz à effet de serre.

Selon la direction de Royal Dutch Shell, « un nouvel objectif sera fixé chaque année pour la période de trois à cinq ans à venir ». La rémunération de ses dirigeants sera ensuite ajustée en fonction de l’atteinte de ces objectifs.

En 2017, la multinationale anglo-néerlandaise s’était fixé pour but de réduire de moitié l'empreinte carbone de ses produits énergétiques d'ici à 2050, avec une première étape de 20 % de réduction d'ici à 2035. Aujourd’hui, Shell affirme vouloir accélérer les choses en travaillant avec des objectifs à plus court terme.

Avec les informations de Agence France-Presse

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