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Nouvelles manifestations contre la politique d'Emmanuel Macron en France

Les ambulanciers protestent contre un article de la loi de financement de la sécurité sociale 2017.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Radio-Canada

Le mouvement qui conteste la politique fiscale du gouvernement français ne faiblit pas à Paris, où les « gilets jaunes » ont reçu lundi le soutien des ambulanciers. L'Élysée tient une réunion ministérielle d'urgence après que le premier ministre Édouard Philippe eut rencontré des élus de toutes allégeances politiques.

Sirènes en marche, près de 400 ambulanciers, selon les organisateurs, ont bloqué la place de la Concorde, lundi, pour protester contre la réforme du financement du transport médical, sans renier par ailleurs une proximité avec le mouvement des « gilets jaunes ».

Les ambulanciers, dont c'est le deuxième blocage parisien après un premier le 5 novembre, protestaient contre un article de la loi de financement de la sécurité sociale 2017.

L'article 80, entré en vigueur cette année, permet aux cliniques et aux hôpitaux d'organiser des appels d'offres pour les transferts de patients entre établissements, une mesure dénoncée comme défavorable aux petites structures indépendantes qui composent aujourd'hui la majorité du secteur face à certains grands groupes.

Un peu partout en France, des « gilets jaunes » poursuivaient leurs actions lundi et bloquaient certaines routes de province et des dépôts de carburants.

À la Réunion, des affrontements avaient lieu entre forces de l’ordre et « gilets jaunes ». Depuis deux semaines, le seul port marchand de l’île est bloqué.

Enfin, une centaine de lycées étaient partiellement ou totalement bloqués, à la fois contre les réformes dans l'Éducation et parfois en soutien aux « gilets jaunes ».

Une carcasse de voiture calcinée dans les tues de Paris.

Une voiture a été incendiée, à Aubervilliers (région parisienne) tout près du lycée professionnel Jean-Pierre Timbaud par des lycéens qui s'opposent à la réforme de l'éducation du gouvernement.

Photo : AFP/Getty Images / THOMAS SAMSON

Après des manifestations violentes samedi, 139 personnes ont été présentées à la justice et 111 sont maintenues en détention. Parmi elles, certaines seront entendues par un juge, au tribunal de Paris, lundi et mardi.

Selon une première estimation, les dégâts sont de 3 à 4 millions d’euros, soit 4,5 à 7,5 millions de dollars canadiens, rapporte BFM TV.

Des hommes en blouses blanches tentent de nettoyer des graffitis sur un bâtiment de pierre.

L'opération de nettoyage a commencé au pied de l'Arc de triomphe à Paris, après les importants dégâts causés par des casseurs samedi.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Une quatrième victime a été recensée à Marseille. Il s’agit d’une octogénaire qui a été touchée samedi par une grenade lacrymogène alors qu’elle fermait ses fenêtres. Elle est morte des suites de ses blessures lundi.

Tentative de dialogue

Pendant ce temps, le gouvernement français s'est lancé dans une course contre la montre pour trouver une sortie à cette fronde sociale de Français modestes contre la politique fiscale et sociale d'Emmanuel Macron.

Le premier ministre Édouard Philippe a commencé à recevoir lundi à tour de rôle : la maire de Paris Anne Hidalgo, les patrons des principaux partis politiques français, avant de rencontrer mardi des représentants des « gilets jaunes ». Au total, 32 élus étaient attendus à Matignon.

En sortant de cette rencontre, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, a souligné les efforts de dialogue du gouvernement. Il demande « des solutions durables qui répondent à la demande des Français » et une « discussion large qui ne porte pas exclusivement sur la fiscalité écologique, mais plus largement sur le pouvoir d'achat ».

Le président du parti Les Républicains n'est pas de cet avis. Pour Laurent Wauquiez, le gouvernement n'a toujours pas pris la mesure de la colère des Français. Il demande l'annulation des hausses de taxes, comme Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national.

Cette dernière va même plus loin et exige « la baisse des prix de l’électricité et du gaz, et l'augmentation des salaires minimum et des retraites ».

Quant à l'ancien candidat socialiste Benoît Hamon, la solution pour lui serait de remettre en place l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et de créer une taxe « sur l'ensemble des intérêts et des profits réalisés par les banques quand elles financent des projets d'énergies fossiles ». Une solution qui, d'après lui, permettra de financer la transition écologique.

Le gouvernement, qui ne peut pas se permettre une nouvelle journée d'émeutes, ne parvient pas à dialoguer depuis trois semaines avec ce mouvement protéiforme, qui évolue hors des structures de négociation classique.

Malgré l'invitation d'Édouard Philippe lancé aux « gilets jaunes » qu'il souhaitait rencontrer mardi, beaucoup d'entre eux ont déjà annoncé qu'ils n'y participeront pas. Ils évoquent l'inflexibilité du gouvernement et des menaces de mort reçues sur les réseaux sociaux.

Le président Macron n'a pas pris la parole publiquement depuis son retour d'Argentine dimanche, se murant dans le silence, et envoyant son premier ministre en première ligne, pour tenter de dénouer la plus grave crise pour son exécutif depuis son élection en 2017.

Il a organisé une réunion ministérielle d'urgence à l'Élysée lundi soir après avoir rencontré les policiers antiémeutes qui étaient sur le terrain, samedi.

Deux hommes sortent de Matignon et font face à des journalistes qui tendent leurs micros et leurs perches.

Le chef du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, et Christian Jacob, député LR, sortent de leur rencontre avec le premier ministre Édouard Philippe.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, ainsi que le secrétaire d'État Laurent Nunez doivent être entendus lundi par les députés et mardi par les sénateurs pour expliquer leur gestion du maintien de l'ordre, critiquée par les organisations syndicales policières.

Parmi les mesures qui pourraient être prises pour tenter d'amadouer les protestataires, une baisse des impôts est évoquée. « Il faut accélérer la baisse des impôts. Mais pour cela, il faut accélérer la baisse de la dépense publique. Et nous sommes décidés à nous engager dans cette voie », a déclaré lundi le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

Appels à la mobilisation

Le syndicat de la Confédération générale du travail (CGT) appelle par ailleurs à « une grande journée d’actions » le 14 décembre, pour une augmentation « immédiate » des salaires, des pensions, et de la protection sociale.

Un « Acte 4 » baptisé « Paris insurrection » sur les réseaux sociaux est déjà prévu le 8 décembre.

Sur la page de l’événement, on peut lire : « Peu importe le temps que cela prendra, un mouvement est né et nous ne lâcherons rien avant d’avoir obtenu tout ce dont nous avons besoin pour vivre normalement et décemment! »

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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