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Le premier ministre Blaine Higgs tente de faire revivre Énergie Est

Des conduites d'un oléoduc
L'oléoduc Énergie Est, un projet abandonné, devait conduire du pétrole albertain jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Photo: TransCanada
Radio-Canada

Le nouveau premier ministre du Nouveau-Brunswick tente de faire revivre l'oléoduc Énergie Est, même si le promoteur initial a déclaré que le projet était mort.

TransCanada a abandonné le projet de 15,7 milliards de dollars, il y a plus d'un an, après la modification du processus d'évaluation environnementale par l'Office national de l'énergie.

Mais le premier ministre Blaine Higgs ainsi que certains autres premiers ministres et politiciens fédéraux tentent de relancer le projet d'oléoduc comme moyen d'acheminer davantage de brut de l'Ouest vers les raffineries de l'est du Canada et de l'exporter vers les marchés étrangers.

Blaine Higgs dans l'Assemblée législativeLe premier ministre Blaine Higgs écoute attentivement le discours du Trône. Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

M. Higgs a fait valoir que l'Ontario, avec le nouveau gouvernement de Doug Ford, ne s'oppose pas au transport du pétrole sur son territoire, et qu'Énergie Est obtient des appuis au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta.

M. Higgs a dit reconnaître que le Québec pourrait encore constituer un obstacle et il a dit envisager de discuter du projet avec le premier ministre François Legault cette semaine lors d'une réunion des premiers ministres à Montréal.

Nous parlons de commerce interprovincial. Il y a quelques problèmes clés, et cela en représente un pour nous. C'est un point important pour notre province, a dit M. Higgs.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a affirmé avoir discuté d'Énergie Est il y a deux semaines avec le premier ministre Justin Trudeau. Il a soutenu que M. Trudeau avait indiqué qu'il serait prêt à discuter de nouveau de la question si M. Higgs réussissait à convaincre le Québec.

Il risque d’être difficile de convaincre le Québec, selon un expert

L’opposition à Énergie Est était forte au Québec, rappelle Roger Ouellette, professeur de science politique à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton. Il serait étonnant, selon lui, que les opposants d’hier changent d’avis aujourd’hui.

Effectivement, il y avait beaucoup d’opposition dans la population en général, dans les groupes environnementaux. Alors, il faudra voir si au Québec le climat a changé depuis la dernière fois. Mais ça m’apparaît étonnant que tout à coup au Québec il y aurait un revirement de la population pour dire : “Oui, oui, on veut le pipeline.” Ce serait toute une surprise, affirme le professeur Ouellette.

Carte des provinces de l'Est montrant le tracé du projetL'oléoduc Énergie Est doit relier les sables bitumineux de l'Alberta au port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada

Cependant, le plus gros obstacle pourrait être d'intéresser de nouveau TransCanada. La société a invoqué les modifications apportées à la réglementation et des circonstances nouvelles pour expliquer son retrait l'an dernier.

Dans un communiqué, Terry Cunha, responsable des communications pour TransCanada, a affirmé que la position de l'entreprise n'avait pas changé.

La viabilité du projet mise en doute

Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC, à Montréal, croit qu'au-delà de l'acceptabilité sociale, il faut s'interroger sur la viabilité d'un tel projet.

S’il y a des investisseurs privés qui veulent faire un pipeline, on peut aussi les laisser investir dans un secteur qui pourrait être en décroissance si la lutte aux changements climatiques prend le dessus. 

M. Higgs a dit croire que, si une société de portefeuille était créée, s'enregistrait auprès de l'Office national de l'énergie et démarrait le processus, TransCanada pourrait être disposée à s'impliquer de nouveau.

Le chef du Parti conservateur fédéral, Andrew Scheer, a également été un grand partisan d'Énergie Est et a déclaré qu'un gouvernement conservateur fédéral chercherait à relancer le projet.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouveau-Brunswick

Ressources naturelles