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« Je suis complètement abasourdi » : David Saint-Jacques arrive à la Station spatiale internationale

L'astronaute David Saint-Jacques dans la SSI avec ses collègues.

L'astronaute David Saint-Jacques dans la SSI avec ses collègues.

Photo : NASA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Je manque de mots. » Le nouveau venu à bord de la Station spatiale internationale (SSI), l'astronaute canadien David Saint-Jacques, s'est dit « complètement abasourdi » par le voyage qui l'a mené sans anicroche à 400 km d'altitude dans l'espace, où il doit passer les six prochains mois.

En compagnie de l'Américaine Anne McClain et du Russe Oleg Kononenko, David Saint-Jacques a décollé avec succès lundi matin à bord de la capsule Soyouz depuis le cosmodrome de Baïkonour, situé dans les steppes du Kazakhstan.

« C’était tout un voyage. Et ça ne fait que commencer. Je manque de mots, je vais peut-être avoir une meilleure manière de l’exprimer demain », a-t-il déclaré lors de la première conversation des astronautes avec leurs proches.

«  »

— Une citation de  David Saint-Jacques, astronaute canadien

À son arrivée en orbite, l'astronaute canadien a d'ailleurs pu assister à son premier lever de soleil à bord de la SSI. Un spectacle « époustouflant », selon ses dires.

Les équipages de la capsule Soyouz et de la SSI.
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Les équipages de la capsule Soyouz et de la SSI (David Saint-Jacques est en bas à gauche)

Photo : NASA

Quelques instants après l'amarrage, la pression de l'air à bord du Soyouz a été équilibrée avec celle de la SSI. Cette étape a mené à l'ouverture du sas qui a permis aux nouveaux arrivants de rejoindre leurs collègues dans la SSI.

Une famille fière

La première conversation avec les astronautes depuis la Station spatiale était émouvante. Famille, collègues et responsables des programmes spatiaux de la Russie, des États-Unis et du Canada ont encouragé les nouveaux locataires de la SSI qui devront cohabiter pendant les six prochains mois.

La conjointe et les parents de David Saint-Jacques ont assisté à son arrivée dans la SSI à partir du cosmodrome de Baïkonour.

«  »

— Une citation de  Véronique Morin, conjointe de David Saint-Jacques

« C’est la fin d’une longue, longue journée », a affirmé sa mère émue. « Demain commenceront six mois de découvertes, bon vent et à l’année prochaine », a-t-elle ajouté.

Son père lui a souhaité le meilleur dans la réalisation de ses recherches, mais il a aussi espéré que, dans ses moments libres, il leur fasse « saisir la beauté et surtout la fragilité de notre planète, la Terre ».

La conjointe et les parents de l'astronaute ont pu lui parler au téléphone

Départ parfait

À 6 h 31 (HNE) lundi matin, la puissante fusée russe Soyouz-FG a quitté sans encombre le pas de tir du cosmodrome de Baïkonour.

La puissante fusée russe Soyouz-FG a quitté sans encombre le pas de tir du cosmodrome de Baïkonour, situé au cœur des steppes du Kazakhstan, à 6 h 31 précise.
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La puissante fusée russe Soyouz-FG, avec à son bord les astronautes de la mission 58, a quitté sans encombre le pas de tir du cosmodrome de Baïkonour, situé au cœur des steppes du Kazakhstan, à 6 h 31 précise.

Photo : NASA

La fusée a ensuite poursuivi sa trajectoire de façon normale alors que les sections de la fusée se séparaient comme prévu.

« Le vaisseau a été mis sur orbite avec succès », a confirmé le centre de contrôle de Roskosmos sur Twitter en précisant que l'équipe de Soyouz devrait faire son entrée dans la SSI en début d'après-midi.

La gouverneure générale du Canada, Julie Payette, qui a elle-même volé dans l'espace, a assisté au décollage en personne. Il s'agissait par ailleurs du premier lancement d'un vol habité dans la capsule Soyouz depuis l'atterrissage d'urgence d'un équipage en octobre dernier.

Une fusée Soyouz s'envolle.
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La fusée Soyouz MS-11 a décollé sans encombre du cosmodrome de Baïkonour.

Photo : Reuters / Shamil Zhumatov

Un vol surveillé de près

Il va sans dire que ce lancement était scruté d'encore plus près que d'habitude par les scientifiques et les ingénieurs de l'agence spatiale russe, puisque le 11 octobre, la fusée emportant l'Américain Nick Hague et le Russe Alexeï Ovitchinine a connu une défaillance deux minutes après le décollage, contraignant les deux hommes à un retour agité sur Terre.

Il s'agit d'un premier raté pour le lancement d'un vol habité dans l'histoire de la Russie postsoviétique. Celui-ci a toutefois relancé les doutes sur l'industrie spatiale russe, qui fait la fierté du pays, mais qui a été la proie de nombreux échecs ces dernières années.

Des spectateurs regardent la fusée être installée sous le soleil levant.

Le fusée Soyouz a été installée sur sa rampe de lancement samedi.

Photo : Reuters / Shamil Zhumatov

Un vaisseau « sûr »

En conférence de presse à la veille du départ, David Saint-Jacques a vanté le vaisseau spatial Soyouz « incroyablement sûr ». « Ils sont rentrés sur Terre sains et saufs », a-t-il dit, en référence à Nick Hague et Alexeï Ovitchinine.

« Dans un sens, cet événement me rassure sur la conception intelligente du Soyouz et le travail incroyable de l'équipe de recherche ici sur Terre », a expliqué l'astronaute de 48 ans, qui est aussi médecin de famille, ingénieur, astrophysicien, physicien et pilote d’avion.

Les trois astronautes, qui ont décollé pour une mission de six mois et demi, ont de toute façon reçu un entraînement de plusieurs années, au point où David Saint-Jacques a plaisanté en expliquant qu'il « pourrait construire un Soyouz dans [son] jardin ».

David Saint-Jacques salue son fils à travers une vitre.

Placé en isolement avant son décollage, David Saint-Jacques a dit au revoir à son fils.

Photo : Reuters / Shamil Zhumatov

Quelques semaines après l'accident, la commission d'enquête mise en place par l'Agence spatiale russe avait conclu à la « déformation » d'un capteur lors de l'assemblage de la fusée.

Depuis l'accident, plusieurs fusées Soyouz ont décollé sans encombre, dont une le 16 novembre, emportant un vaisseau cargo Progress de ravitaillement à destination de la station. À ce jour, les capsules Soyouz sont le seul moyen d'acheminer des hommes sur la SSI.

Un voyage de quelques heures

Initialement prévu le 20 décembre, le lancement d'aujourd'hui a été avancé afin d'assurer une présence permanente dans la SSI; l'équipage actuel devant revenir sur Terre le 20 décembre.

La durée du voyage varie. Jusqu'en 2012, les astronautes passaient toujours environ deux jours dans la capsule Soyouz avant de s'amarrer à la Station. Depuis, le processus est beaucoup plus rapide.

Expériences en apesanteur

Pendant son séjour dans l’espace, David Saint-Jacques ne chômera pas. Il a en effet plusieurs expériences scientifiques à mener avec ses collègues dans la Station spatiale internationale.

Selon Mathieu Caron, ingénieur à l’Agence spatiale canadienne, responsable de l’exécution des expériences scientifiques à bord de la SSI, plusieurs des expériences canadiennes porteront sur les effets de l’apesanteur sur le corps humain.

L'astronaute canadien David Saint-Jacques et ses deux coéquipiers, l'Américaine Anne McClain et le Russe Oleg Kononenko, sont maintenant à bord de la Station spatiale internationale (SSI) à environ 400 km d'altitude. Sera-t-il le dernier astronaute canadien? Quel est le rôle du Canada dans l’exploration spatiale? Entrevue avec Erick Dupuis, Directeur du développement de l'exploration spatiale à l'Agence spatiale canadienne

Ces recherches menées dans l’espace ont plusieurs applications sur Terre, précise Mathieu Caron, notamment dans l’étude du vieillissement. Les os, notamment, se décalcifient plus rapidement dans l’espace et perdent de leur solidité, le système cardiovasculaire et la colonne vertébrale sont également affectés par l’apesanteur.

L'expérience de Saint-Jacques à travers les yeux de Hadfield

L'ancien astronaute canadien Chris Hadfield, aujourd'hui auteur et conférencier, a lui aussi voyagé à bord de la fusée Soyouz et de la Station spatiale internationale. Il connaît bien David Saint-Jacques et il sait très bien ce qui l'attend. Maxence Bilodeau s’est entretenu avec lui la semaine dernière.

L'ancien astronaute canadien, Chris Hadfield, précise que « la partie la plus dangereuse est celle du lancement ». « Et vous êtes dans l’apesanteur, c’est bizarre […] Vous pouvez voler maintenant comme superman », confie l’astronaute à la retraite qui connaît très bien David Saint-Jacques.

M. Hadfield indique que les astronautes à bord de la station internationale seront occupés tout le temps. Chaque période de cinq minutes est programmée pour les six prochains mois, dit-il.

Si l’on arrive à gagner quelques minutes pour soi, ce sera perçu comme un cadeau, laisse-t-il entendre non sans émotion, en affirmant avoir hâte de retrouver David Saint-Jacques pour partager avec lui cette expérience particulière.

Avec les informations de Agence France-Presse

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