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Des peines plus longues n'aideront pas les femmes autochtones, selon des intervenants

Lillian Dyck photographiée devant un mur blanc.
La sénatrice saskatchewanaise Lillian Dyck propose d'augmenter les peines de prison pour les crimes dont sont victimes les femmes autochtones. Photo: Radio-Canada / Jason Warick
Radio-Canada

L'idée de la sénatrice saskatchewanaise Lillian Dyck d'augmenter les peines de prison pour éliminer la violence faite aux femmes autochtones fait sourciller certains défenseurs des droits des Premières Nations, qui craignent que cela envenime la situation.

« Je ne suis pas certaine que ce soit la bonne réponse » au problème, lance d’emblée la directrice générale de la Société John Howard, Catherine Latimer.

Le fait d’enfermer plus longtemps les gens reconnus coupables d’agression sexuelle, de voie de fait ou de meurtre lorsque la victime est une femme autochtone ne sourit pas non plus à Stan Tu’Inukuafe, le président de l’organisme STR8 UP, qui aide à la réhabilitation des criminels de rue.

Pour prévenir la violence, il faut mettre l’accent sur la prévention, pas sur la répression.

Stan Tu’Inukuafe, président de STR8 UP

Solution douteuse à un problème réel

La sénatrice Lillian Dyck cite notamment l’Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées (ENFFADA) pour justifier son projet de loi visant à augmenter les peines de prison pour les crimes contre les femmes autochtones.

Elle veut ainsi pallier ce qu’elle qualifie d’absence de valeur accordée aux femmes autochtones par la société et le système de justice. Selon elle, les deux tiers des délinquants touchés par ces nouvelles mesures seraient des hommes autochtones.

Ce résultat soulève l’indignation des groupes d’aide aux Autochtones, qui doutent de la nécessité d’enfermer des membres des Premières Nations plus longtemps dans un système carcéral où ils sont déjà surreprésentés.

« Ça n’aidera pas », répond promptement Stan Tu’Inukuafe, dont l’organisme, STR8 UP, oeuvre auprès des membres de groupes criminalisés dans la rue et dans les prisons.

Tant M. Tu’Inukuafe que Mme Latimer soulignent que la solution proposée par la sénatrice ne s’attaque pas aux racines du mal. Selon eux, le soutien familial, le traitement des dépendances et la formation professionnelle seraient beaucoup plus productifs que la judiciarisation.

Cauchemar légal

Les mesures proposées par la sénatrice Dyck pourraient également causer des maux de tête à l’appareil judiciaire.

Elles pourraient, entre autres, contrecarrer les efforts d’éducation déployés auprès du système de justice depuis quelques décennies afin de sensibiliser les intervenants aux traumatismes subis par les survivants des pensionnats autochtones et au racisme ambiant.

Les principes de détermination de sentences du Code criminel exigent que les juges s’attardent, « plus particulièrement en ce qui concerne les délinquants autochtones, toutes les sanctions substitutives qui sont raisonnables dans les circonstances et qui tiennent compte du tort causé aux victimes ou à la collectivité ».

Avec les informations de Jason Warick

Saskatchewan

Procès et poursuites