•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Manifestation pour réclamer un moratoire sur l'expulsion de réfugiés haïtiens

Des manifestants tiennent des pancartes.
La situation en Haïti est trop dangereuse pour assurer la sécurité des migrants s'ils retournent en Haïti, affirment les manifestants. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une cinquantaine de personnes ont manifesté dimanche devant le bureau du premier ministre canadien Justin Trudeau, à Montréal, pour demander l'arrêt des expulsions de réfugiés haïtiens vers leur pays d'origine.

De nombreux demandeurs d’asile, certains étant entrés au Canada par le chemin Roxham au cours des dernières années, doivent retourner en Haïti, car le statut de réfugié leur est refusé.

Or, des voix s’élèvent pour signaler que la situation politique et sociale est trop instable sur l’île pour permettre aux migrants d’y retourner en toute sécurité.

« On voit des massacres, on voit des gens qui sont tués tous les jours, et le gouvernement canadien est au courant de ça », dit Frantz André, membre du comité d’action des personnes sans statut, organisation derrière la manifestation.

« Le Canada est en train de renvoyer des gens qui ont fui leur pays, car ils craignaient pour leur vie, souligne pour sa part Jennie-Laure Sully, également membre du comité. Et là, ces personnes sont renvoyées vers un danger encore plus grand que celui qu'elles fuyaient au départ. »

En 2004, un moratoire avait été mis en place en raison des violences en Haïti, et il avait été reconduit en 2010 à la suite du séisme qui a frappé le pays. Ce moratoire a été levé en 2014.

Or, Haïti a connu une nouvelle flambée de violence en novembre, ce qui a mené le gouvernement canadien à suspendre pour quelques jours les expulsions. Elles ont repris depuis.

À moins d’un an des élections fédérales, la communauté haïtienne veut faire entendre ses préoccupations auprès du gouvernement fédéral. « Le gouvernement libéral veut montrer au Parti conservateur que le Canada n'est pas une passoire », estime François Jean Denis, un membre du comité participant aussi à la manifestation.

S’il n'y a pas de moratoire, nous, on va se souvenir de ça et on va prendre nos dispositions pour les prochaines élections.

François Jean Denis

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice portait essentiellement le même message et invitait le premier ministre Trudeau et le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen à la « compassion ». « Ne les renvoyez pas en Haïti, c’est dangereux, leur sécurité est menacée », a-t-il dit.

Avec des informations de Johanne Burgell

Grand Montréal

Politique fédérale