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Signes religieux : des musulmans s'inquiètent du programme de la CAQ

Le reportage de Michel Marsolais
Radio-Canada

Réunis dimanche à Laval pour célébrer le jour de la naissance du prophète Mahomet, des membres de la communauté musulmane du Québec en ont profité pour exprimer leurs inquiétudes face au possible projet de loi du gouvernement sur le port de signes religieux.

Avec la reprise des travaux parlementaires à Québec, la volonté de la Coalition avenir Québec (CAQ) de légiférer sur le port de signes religieux au sein de la fonction publique, possiblement via deux projets de loi, sème l’inquiétude au sein de la communauté musulmane de la province.

« Il y a un certain chagrin, une blessure », résume Zeina El-Chaar, une psychoéducatrice qui prenait part, avec près de 2000 autres musulmans, à un rassemblement dimanche, à Laval.

« Depuis quand s’attarde-t-on à l’apparence physique plutôt qu’aux compétences des personnes », ajoute celle qui travaille depuis 12 ans dans le milieu de l’éducation.

Une jeune femme musulmane portant un voile regarde un journaliste lors d'une entrevue.Zeina El-Chaar, psychoéducatrice Photo : Radio-Canada

Un point de vue partagé par Karine Gafsi, directrice d’une école privée.

« Le débat ne devrait pas être sur la place de la femme voilée dans le milieu de l’éducation, il devrait être sur comment faire pour éduquer les jeunes d’aujourd’hui pour qu’ils ne tombent pas entre les mains de ces groupes d’égarés extrémistes », estime-t-elle. « C’est notre défi et notre danger à tous, pas qu’aux Québécois non-musulmans. »

Mme El-Chaar trouve paradoxale la position de la CAQ puisque d’un côté on espère que les femmes gagnent le monde du travail pour « s’épanouir », mais de l’autre on lui barre certaines possibilités professionnelles en vertu de ses croyances personnelles.

« Deux poids, deux mesures »

Pour sa part, Jalal Boushaba, un bénévole pour l’Association des projets charitables islamiques, souhaiterait que le gouvernement québécois « [s’attarde] à l’apport de ces personnes-là à la société » plutôt qu’à leur tenue vestimentaire.

M. Boushaba souligne également que le débat sur les signes religieux a mené à une situation de « deux poids, deux mesures », notamment dans le cas du crucifix à l’Assemblée nationale.

Un homme chauve portant un complet avec une cravate discute devant deux micros de journalistes.Jalal Boushaba, bénévole pour l'Association des projets charitables islamiques Photo : Radio-Canada

La CAQ a indiqué qu’elle ne retirerait pas le crucifix du Salon bleu, avançant qu’il s’agissait d’un objet patrimonial plutôt que religieux.

Un récent sondage CROP commandé par Radio-Canada indiquait qu’une majorité de répondants étaient en accord avec l’interdiction du port de signes religieux aux magistrats, aux gardiens de prison et aux enseignants.

La session parlementaire reprendra mardi à Québec et la CAQ estime qu’elle ne déposera pas de projet de loi sur la question de ces signes religieux avant le printemps.

Avec les informations de Michel Marsolais

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