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Changements climatiques : de la parole aux actes en Pologne

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un homme arrive à la COP24. En arrière plan, tous les drapeaux des pays participants à cette rencontre.

Cette 24e conférence des parties signataires de la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique (CCNUCC), doit permettre de définir des règles précises d'application de l'Accord de Paris.

Photo : Reuters / Kacper Pempel

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Devant l'urgence des changements climatiques, quelque 200 pays réunis en Pologne vont tenter de mettre en orbite l'Accord de Paris, malgré des vents contraires peu propices à une réponse ambitieuse.

Désastres météo, incidence sur la santé ou sur les rendements agricoles... « La science montre clairement que nous avons seulement une décennie pour juguler les émissions de gaz à effet de serre », souligne Johan Rockströem, de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK).

« C'est pourquoi nous devons commencer maintenant », pour éviter que les gouvernements d'aujourd'hui ne restent « dans les mémoires pendant des générations » pour leur échec, soutient-il alors que commence dimanche, pour deux semaines, la 24e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP24) à Katowice, en pleine région productrice de charbon.

La Pologne est le 9e producteur de charbon du monde, tout juste après l'Allemagne, avec plus de 130 millions de tonnes par année.

Avec l'Accord de Paris en 2015, le monde s'est engagé à limiter la hausse de la température à 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle, et idéalement à 1,5 degré.

De plus, le récent rapport des scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a souligné la différence « nette » des impacts entre ces deux objectifs, que ce soit sur les vagues de chaleur ou sur l'augmentation du niveau des mers.

Néanmoins, les engagements pris aujourd'hui par les signataires de Paris mèneraient à une hausse de 3 degrés.

Alors que la planète a déjà gagné 1 degré, il faudrait, pour rester sous la barre d'une hausse de 1,5 degré, que les émissions de CO2 soient réduites de près de 50 % d'ici à 2030 par rapport à 2010, selon le GIEC.

Les États sont-ils prêts?

Les membres du G20, à l'exception des États-Unis, ont certes réaffirmé samedi leur soutien à l'Accord de Paris.

Mais « on ne peut pas dire que les vents soient très porteurs » en faveur d'une hausse des ambitions climatiques, estime Michel Colombier, directeur scientifique de l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), en référence au contexte géopolitique.

Guerre commerciale entre Pékin et Washington, climatoscepticisme de Donald Trump et du futur président brésilien Jair Bolsonaro, qui a évoqué lui aussi une sortie de l'Accord de Paris. « Les étoiles ne sont plus alignées, manifestement », déplore Seyni Nafo, porte-parole du groupe Afrique.

Mais pour l'Afrique, quelles que soient les péripéties de la géopolitique, nous n'avons pas le choix. Nous ressentons les impacts du changement climatique tous les jours [...]. Nous allons amplifier notre action contre le changement climatique.

Seyni Nafo, porte-parole du groupe Afrique

Le sommet d'une journée prévu lundi à Katowice, où seuls quelques dirigeants sont confirmés, dont les premiers ministres néerlandais et espagnol ainsi que les présidents du Nigeria et du Botswana, pourrait donner un signe des intentions du reste du monde.

Malgré le dialogue politique dit de « Talanoa » destiné à évoquer une hausse des ambitions, les observateurs craignent que la plupart des États, encouragés à réviser leurs engagements pour 2020, attendent un autre sommet convoqué par le secrétaire général de l'ONU en septembre 2019 à New York pour afficher leurs objectifs.

Pas de Paris sans Katowice

Quant à la Pologne, hôte de la réunion et défenseur acharné de son industrie du charbon, son « principal » objectif est l'adoption du manuel d'utilisation de l'Accord de Paris.

Comme une loi a besoin d'un décret d'application, l'accord ne pourra libérer son potentiel sans des règles précises, notamment sur la « transparence » (comment les États rendent compte de leurs actions, leurs financements, leurs résultats) ou le degré de flexibilité accordé aux pays les plus pauvres.

« Il n'y a pas d'Accord de Paris sans Katowice », martèle la présidence polonaise de la COP24.

Mais les débats risquent d'être très âpres sur ces sujets sensibles, tout comme sur la question des financements Nord-Sud.

Les pays développés se sont engagés à porter à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 le financement des politiques climatiques des pays en développement. Même si ces flux sont en augmentation, selon l'OCDE, beaucoup de pays du Sud réclament des engagements plus clairs pour que cette promesse soit tenue.

« L'Accord de Paris ne peut être appliqué sans financement pour que les pays en développement prennent des mesures [....]. Plus les pays pauvres auront à attendre, plus cela coûtera cher », met en garde Gebru Jember Endalew, président du groupe des pays les moins avancés.

Changements climatiques

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