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« Gilets jaunes » : le gouvernement Macron n'exclut pas l'état d'urgence

Une canette de gaz lacrymogène au sol est visible à l'avant-plan devant des manifestants portant des gilets jaunes debout devant l'Arc de triomphe, à Paris.
Des manifestants devant l'Arc de triomphe, à Paris Photo: Radio-Canada / Yanik Dumont Baron
Yanik Dumont Baron

La colère des « gilets jaunes » s'est durcie hier, tandis que le monde a été témoin de scènes de chaos dans Paris. Les affrontements et le vandalisme ont ébranlé la capitale comme d'autres villes. Pour trouver une réponse à cette colère assourdissante, Emmanuel Macron réunit une partie de son gouvernement dimanche. En amont de cette rencontre, un porte-parole n'a d'ailleurs pas exclu l'instauration de l'état d'urgence pour endiguer les violences.

Autour de l’Arc de triomphe, le bruit de la rue était cacophonique, samedi. Une colère liée aux difficiles fins de mois, accompagnée d’opportunisme et de provocation dans les deux camps.

Entre les salves de grenades assourdissantes et les nuages de gaz lacrymogènes, un cri revenait souvent : « On en a marre que les gens ne nous écoutent pas », scandaient des manifestants.

Le président Emmanuel Macron « nous écoute, mais ne nous respecte pas. Rien ne change », dénonçaient d’autres.

Des manifestants réclament de l’attention de la part des élus et, surtout, du changement. Ce changement dépend d’ailleurs de la personne avec laquelle vous parlez. Ça va d’un gel des taxes à l’écriture d’une autre Constitution.

Le mouvement des gilets jaunes a fait son troisième mort dans la nuit de samedi à dimanche. Un automobiliste a été tué à Arles dans un carambolage provoqué par un bouchon dû à un barrage de gilets jaunes sur une route départementale.

Un homme et une femme portant des gilets jaunes brandissent des pancartes dénonçant l'arrogance d'Emmanuel Macron.Des manifestants dénoncent l'arrogance du président français Emmanuel Macron. Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Méfiance et appel au calme

Les événements de samedi, c’était la réponse des gilets jaunes au message du président Macron.

Quelques jours plus tôt, il avait dit entendre les colères, vouloir créer des dialogues pour trouver des solutions.

Un processus qui doit durer trois mois et qui est perçu par plusieurs comme une façon de gagner du temps, d’épuiser les colères.

C’est pour nous endormir et nous calmer.

Un manifestant

Clairement, une bonne partie des Français doutent des intentions de leur gouvernement dans cette crise. Une méfiance envers les élites qui rappelle celle qui plane sur plusieurs pays occidentaux.

C’est à distance que le président Emmanuel Macron a vécu les troubles de samedi. D’Argentine, où il participait à une rencontre internationale, il n’a parlé que de fermeté.

« J’entendrai toujours les oppositions », a-t-il lancé. « Mais je n’accepterai jamais la violence. »

Une réponse peut-être obligée pour ne pas avoir l’air de plier devant des casseurs.

Des manifestants portant des gilets jaunes observent une barricade en feu dans une rue de Paris pendant la nuit.Les violences entre les manifestants et les policiers ont enflammé Paris samedi. Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Ton ferme du gouvernement

Samedi soir, une ministre du gouvernement Macron parlait de « main tendue qu’il fallait prendre ». Pas d’ouverture à revoir certaines mesures controversées ni de lueur de compromis.

Dimanche matin, un porte-parole a affirmé que le gouvernement considérait toutes les mesures possibles, y compris l'instauration de l'état d'urgence, pour éviter que de nouvelles scènes d'émeute ne se produisent.

Un message de fermeté qui vise probablement à séparer, au sein du mouvement des gilets jaunes, ceux qui sont prêts à dialoguer avec le gouvernement et ceux qui veulent le faire plier.

Dans les rues, les manifestants promettent que c’est le contraire qui va se produire.

« C’est la majorité traditionnellement silencieuse qui se manifeste », a affirmé une cheminote qui s’est jointe à la contestation.

Bref, le ton semble se durcir des deux côtés. Reste à voir combien de temps les manifestants sont prêts à respirer des gaz lacrymogènes et combien de temps le gouvernement est prêt à vivre avec les lourdes conséquences de ces contestations.

Yanik Dumont Baron est notre correspondant à Paris

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