•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les francophones de l’Ouest solidaires avec les Franco-Ontariens

Des dizaines de personnes sont rassemblées devant l'Assemblée législative de la Saskatchewan. Elles brandissent des pancartes et des drapeaux fransaskois et franco-ontariens.
Des dizaines de personnes ont marché, samedi à Regina, en soutien aux Franco-Ontariens. Photo: Radio-Canada / Yessica Chavez
Radio-Canada

Des marches de soutien aux Franco-Ontariens ont eu lieu samedi dans les capitales provinciales de la Saskatchewan et du Manitoba. Ces rassemblements visaient non seulement à manifester la solidarité des francophones de l'Ouest, mais aussi à exprimer leurs craintes.

Un texte de Yessica Chavez

À Winnipeg, environ 200 personnes se sont donné rendez-vous devant l’hôtel de ville de Saint-Boniface, un quartier historique francophone. Pancartes à la main, ils ont dénoncé les compressions du gouvernement ontarien.

« Je vis dans la communauté [et] mes enfants vont dans des écoles francophones. J’espère qu’ils vont aller dans des universités francophones. S'il y a une attaque sur une minorité linguistique dans une province, c’est une attaque contre les minorités linguistiques dans toutes les provinces », a déclaré Daniel Vandal, le député fédéral pour Saint-Boniface–Saint-Vital.

Les compressions du gouvernement de Doug Ford ont été perçues comme une attaque directe à la francophonie non seulement ontarienne, mais aussi canadienne et elles ont suscité la grogne chez plusieurs Franco-Manitobains. Le drapeau franco-ontarien a d’ailleurs été hissé devant l’hôtel de ville de Saint-Boniface.

« Ça me donne vraiment espoir juste voir le montant de personnes qui est venu, puis à quel point les gens se sont mobilisés en appui avec la francophonie ontarienne, mais je pense que les gens ont vraiment compris le message qu’on veut donner le message au gouvernement manitobain qu’on est là », a affirmé Ariane Freynet-Gagné, la présidente du Conseil jeunesse provincial.

Pour Ben Maréga, le président de l’Association des étudiantes et étudiants de l’Université de Saint-Boniface, cette marche était une autre façon de faire valoir les intérêts de la francophonie. « Pourquoi il faut se battre pour la francophonie? Je pense qu’on l’explique chaque jour, mais on n’en a jamais assez. Et donc chacun peut faire des gestes, demander des services en français, parlez en français, vivez votre français », a-t-il revendiqué.


Les marcheurs ont aussi manifesté leur inquiétude pour les acquis de la population franco-manitobaine avec la récente annonce du gouvernement de Brian Pallister d’abolir 11 postes au service de traduction de la province.

« C’est extrêmement important de pouvoir toujours être très présent et vocal, et être présent aussi dans des… disons que je pourrais dire des structures de gouvernances, de façon à pouvoir faire entendre notre voix, et quand on voit des changements de gouvernement, bien souvent, on perd notre place à la table », a affirmé Raymonde Gagné, une sénatrice indépendante du Manitoba.

Les Fransaskois solidaires

À Regina, environ 60 personnes ont défilé dans le parc Wascana pour apporter leur soutien aux francophones de l’Ontario. La musique et les cris de ralliement ont animé le parcours des marcheurs.

La marche s’est terminée devant l’Assemblée législative, où plusieurs leaders de la communauté se sont adressés aux marcheurs.

« On sait tous que la perte des acquis, on ne peut pas se la permettre. Il y a une francophonie et quand on touche à une [communauté], on touche à toutes [les communautés]. C’est un pour tous et tous pour un! », s’est exclamé Alpha Barry, le président du Conseil scolaire fransaskois.

Le président de l’Assemblée communautaire fransaskoise, Denis Simard, abonde. « On a longtemps perçu les avancées de la communauté franco-ontarienne comme un modèle pour le reste du pays, mais quand les Franco-Ontariens reculent, on sait qu’on recule tous. Encore pire, c’est qu’on remarque des tendances inquiétantes partout au Canada. Des petits reculs qui semblent inexplicables », se désole-t-il.

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique saskatchewanais en matière d'éducation, Carla Beck, s'est aussi adressée aux Fransaskois. Elle a dit quelques mots en français, avant de continuer son discours en anglais.

« La devise de la Saskatchewan est ''La force de nombreux peuples''. Ce que je vois aujourd'hui, ici avec vous, le prouve, mais ce serait naïf de penser qu'il n'y a pas des forces qui veulent nous séparer en raison d'un jeu politique à court terme. On ne laissera pas cela arriver. Plus on travaille ensemble, plus on pourra se battre contre ça », a-t-elle lancé.

Ces paroles font chaud au cœur à la Fransaskoise d’adoption Frédérique Cyr Michaud. « Je suis Acadienne de souche, Franco-Ontarienne de naissance [et] Fransaskoise d’adoption. De voir ma famille fransaskoise qui supporte ma famille d’origine, c’était vraiment quelque chose d’extraordinaire », raconte-t-elle avec émotion.

Avec les informations de Mathilde Monteyne et Samuel Rancourt

Manitoba

Francophonie