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Rencontre des générations à la manifestation franco-ontarienne d’Ottawa

Un jeune garçon portant du vert et du blanc à côté d'une pancarte sur laquelle on peut lire « Un jour franco...toujours».
Des gens de tous les âges ont manifesté à Ottawa samedi. Photo: Radio-Canada / Michel Aspirot © 2018
Radio-Canada

Sous les pancartes aux slogans revendicateurs portés par les milliers de personnes réunies à Ottawa samedi, nombreux étaient ceux qui manifestaient en compagnie de leurs enfants et de leurs petits enfants. Portrait de trois générations qui se sont côtoyées sous les drapeaux blanc et vert.

Un texte de Dominique Degré

Militants de la première heure

Même si elle habite aujourd’hui au Québec, Irène Morin garde un attachement profond à l’Ontario. Je me suis fait tatouer le drapeau franco-ontarien avant de quitter l’Ontario français, raconte la dame en brandissant un exemplaire du drapeau en question.

Une dame âgée portant un chandail aux couleurs du mouvement franco-ontarien pose pour la caméra. Irène Morin, qui milite depuis longtemps pour la cause franco-ontarienne, se dit encouragée de voir qu'autant de familles et de jeunes ont tenu à manifester samedi. Photo : Radio-Canada / Dominique Degré

La mobilisation pour la cause francophone, c’est une affaire de famille pour Mme Morin. J’ai été ici pour Montfort, ma grand-mère était ici pour se battre contre le règlement 17 [...] ça fait longtemps qu’on se bat et on va continuer à se battre, explique-t-elle avec fierté.

Pierre Goyette veut lui aussi défendre le fait français, bec et ongle, même s’il n’a pas l’expérience de Mme Morin. C’est la première fois [que je manifeste]. J’ai grandi à Ottawa, j’ai enduré les choses à Ottawa, mais il est temps qu’on se tienne debout partout au Canada, relate-t-il.

Un septuagénaire pose pour la caméra à proximité du palais de justice d’Ottawa.Pierre Goyette manifestait pour la première fois samedi. Photo : Radio-Canada / Dominique Degré

Louise Bard est venue quant à elle en compagnie de son mari Paul et de son petit-fils, Antoine, âgé de neuf ans.

Je viens du sud de l’Ontario et je voulais venir à une université francophone. Je suis venue à Ottawa, j’y suis restée, mais on n’a pas encore nos droits, souligne-t-elle.

Toutes les générations sont affectées par ça. Ce n’est pas seulement nous, c’est la survie de notre peuple.

Louise Bard, manifestante
Un homme et une femme âgés en manteau d'hiver tiennent par la main entre eux leur petit fils de neuf ans. Paul Bard et sa femme Louise tenaient à montrer à leur petit fils Antoine l'importance de la mobilisation. Photo : Radio-Canada / Dominique Degré

Notre génération a assez lutté pour les écoles en français. La génération de nos fils a lutté pour Montfort, et là, c’est rendu qu’il faut lutter pour l’université francophone pour nos petits enfants, renchérit Paul Bard.

Préparer la relève

Flanqué de ses trois enfants — Isabelle, 9 ans, Rémi, 13 ans, et Pascal, 15 ans — Sandy Dupuis tenait à se rendre devant l’hôtel de ville d’Ottawa avec sa famille pour manifester. Comme papa, c’est important pour les enfants de les amener ici pour faire partie d’une démonstration, fait-il remarquer.

Un père de famille, ses deux fils adolescents et sa jeune fille tiennent un drapeau franco-ontarien dans la rue à Ottawa. Sandy Dupuis, tout comme ses trois enfants, en était à sa première manifestation. Photo : Radio-Canada / Dominique Degré

Ça fait partie de notre culture de nous battre pour nos droits, pour notre voix [...] Ça, c’est le commencement.

Sandy Dupuis, manifestant

La passation du flambeau était l’une des plus importantes motivations des manifestants qui se sont déplacés, samedi.

Ce sont des valeurs qu’on veut transmettre dans nos écoles, explique Jean-François Proulx, qui travaille dans une école francophone d’Orléans.

Un homme, sa conjointe et leurs deux filles posent pour la caméra au coin d'une rue à Ottawa. Jean-François Proulx (à droite) travaille dans une école francophone d'Orléans, à Ottawa. Photo : Radio-Canada / Dominique Degré

Geneviève Lussier, elle, était de la partie lors des mobilisations pour la sauvegarde de l’hôpital Montfort. J’y travaille [à Montfort] [...] J’étais enceinte de ma fille à ce moment-là. Donc, on continue, raconte-t-elle aux côtés sa petite.

Sept femmes adultes et adolescentes et quatre hommes et jeunes adolescents montrent le drapeau franco-ontarien sur le trottoir à Ottawa. Geneviève Lussier (complètement à gauche) a manifesté avec sa famille et ses proches, dont Émilie Paquette 14 ans (cinquième personne à partir de la gauche). Photo : Radio-Canada / Dominique Degré

Une première expérience

Un jeune enfant sur les épaules de son père dans la foule. Il y avait de nombreux enfants à la manifestation franco-ontarienne d'Ottawa. Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot © 2018

Malgré leur jeune âge, nombreux étaient les enfants qui partageaient la même fibre militante que leurs parents.

On veut défendre les Franco-Ontariens, parce que sinon ça va être tout anglais. On veut être unique et franco-ontarien, souligne le jeune Rémi Dupuis.

La décision du gouvernement Ford de mettre la hache dans l’Université de l’Ontario français pour des raisons budgétaires a touché une corde particulièrement sensible chez les adolescents qui manifestaient, samedi.

J’étais vraiment déçue que, dans le futur, je ne puisse pas aller à l’université et apprendre dans la langue française, déplore Émilie Paquette, 14 ans.

Je vais certainement encore soutenir la langue dans le futur. Je pourrai dire à mes enfants que je faisais partie de ça.

Émilie Paquette, manifestante

Il n’y aura plus d’écoles françaises si on n’apprend pas le français à nos enfants, ajoute Pascal Dupuis.

Les filles de Julie Cook, qui ont quatre et six ans, grandissent avec la culture britannique de leur père et la culture francophone de leur mère.

Une femme pose pour la caméra derrière un chariot dans lequel prennent place ses deux jeunes filles. Julie Cook s'est dite particulièrement déçue de voir l’abolition du projet d'Université de l'Ontario français. Photo : Radio-Canada / Dominique Degré

[Une de mes filles] a dit qu’elle voulait voir “le monsieur qui avait enlevé notre français”, et puis après ça elle a dit : “ Maman, je ne veux pas qu’il enlève notre français ”, rapporte Mme Cook avec un brin d’humour.

Ottawa-Gatineau

Francophonie