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Une carte du territoire des Métis fait réagir sur la toile

Une carte du Canada sur laquelle une zone délimitée en bleu couvre complètement le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta, ainsi qu'une partie de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest.

La carte montrant un territoire métis couvrant une bonne partie de l'Ouest canadien a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Photo : Fédération des Métis du Manitoba

Radio-Canada

Une nouvelle carte montrant le territoire des Métis s'attire les foudres des Premières Nations y habitant parce qu'il couvre totalement trois provinces, déborde sur deux autres et inclut une partie des Territoires du Nord-Ouest.

La carte adoptée par le Ralliement national des Métis englobe le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta, en plus de couvrir le nord-est de la Colombie-Britannique, ainsi que le sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest et de l’Ontario.

Peu après la publication de la carte, les commentaires ont fusé sur les réseaux sociaux, soulignant que « la tache bleue » empiète sur les territoires d’autres Premières Nations et que ce qui y est « réclamé » n’appartient pas au Métis.

Une question d’identité, pas de terres

Selon le ministre du Logement de la Fédération des Métis du Manitoba, Will Goodon, la carte n’a pas pour but de s’approprier un territoire, mais d’aider le gouvernement des Métis à déterminer qui fait réellement partie de la communauté.

Ça devenait nécessaire à cause de certaines situations en Nouvelle-Écosse et au Québec.

Will Goodon, ministre du Logement à la Fédération des Métis du Manitoba

L’ennui, précise-t-il, c’est que certains s’autoproclament métis dans l’est du pays.

« On s’approprie tous nos symboles culturels », soutient M. Goodon, « c’est dangereux et c’est pourquoi nous avons pensé à publier cette carte ».

Augmentation marquée

Le recensement de 2016 fait état d’une augmentation de 51,2 % de la population métis au pays. Le nombre de personnes se disant Métis a augmenté de 150 % au Québec et de 125 % en Nouvelle-Écosse entre 2006 et 2016.

Le Ralliement national des Métis a donc l’intention d’utiliser cette carte pour distinguer qui est réellement membre de la Nation et qui ne l’est pas.

Will Goodon précise toutefois que les citoyens de la Nation qui ont un lien avec le territoire traditionnel « seront protégés par les gouvernements métis, peu importe où ils habitent ».

Besoin d’affirmation

Lorsque la chef Lynn Acoose de la Première Nation de Sakimay, en Saskatchewan, a vu la carte, elle s’est immédiatement demandé si celle-ci avait à voir avec le Cadre de reconnaissance et de mise en oeuvre des droits ancestraux.

« Ils veulent limiter la définition de qui est un Métis afin de limiter le nombre d’ayants droit aux ententes qu’ils négocient » avec le gouvernement fédéral, précise-t-elle.

Mme Acoose y voit cependant une stratégie d’Ottawa visant à diviser les Premières Nations pour mieux régner sur elles.

Nous faisons partie d’une grande famille qui ne divise pas les Métis et les Premières Nations.

Lynn Acoose, chef de la Première Nation de Sakimay

Le ministre du Logement de la Fédération des Métis du Manitoba, Will Goodon abonde. « Si vous regardez les Métis des trois provinces [de la carte], ils sont tous liés », précise-t-il.

Avec les informations de Lenard Monkman

Manitoba

Autochtones