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Vivre avec le VIH : « Maintenant, c'est le soleil qui est important »

«Tu prends tes médicaments chaque jour, tu suis ton médecin, tu restes indétectable, et c'est correct, tu peux vivre une vie normale», explique Richard Lafrenière, francophone diagnostiqué avec le VIH depuis 2010.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Radio-Canada

Le VIH est en progression au Canada. En Alberta, 280 personnes ont appris, l'année dernière, qu'elles en sont porteuses. Cependant, il est maintenant possible de vivre avec le virus et, même, d'être rempli d'espoir. C'est le cas d'un francophone d'Edmonton.

Un texte d'Axel Tardieu

« C'était le choc... Ça faisait un mois que j'avais perdu ma blonde à cause d'une overdose, dans mes bras, puis j'ai appris que j'avais ça », raconte Richard Lafrenière, le regard ailleurs.

On lui a annoncé qu'il avait le VIH en 2010, dans une prison de Laval. Originaire de Gatineau, au Québec, ce plombier-maçon de formation a un parcours de vie semé d'embûches.

Des problèmes familiaux surviennent et divisent ses proches. Un mal de dos lié à son métier manuel entraîne ensuite une dépendance aux drogues dures. Pour finir, de mauvaises relations lui font passer quatre ans derrière les barreaux.

À 51 ans, Richard Lafrenière se rappelle aujourd'hui de la première chose qu'il a faite quand une équipe médicale de l'établissement La Réception lui fait découvrir ses résultats sanguins.

« J'ai tout de suite appelé mes deux soeurs », explique-t-il. Si sa petite soeur ne supporte pas la nouvelle et coupe toute communication, le reste de la famille et la plupart de ses amis le soutiennent.

« Tu peux vivre une vie normale »

Il s'estime chanceux d'avoir été dans le système carcéral lorsqu'il l'a appris. « J'étais pas trop au courant de cette maladie... heureusement qu'il y avait un médecin et une infirmière pour tout m'expliquer, puis j'ai rencontré un spécialiste qui a dit que je n'allais pas mourir. »

Il découvre alors qu'il est possible de vivre avec le VIH. « Tu prends tes médicaments chaque jour, tu suis ton médecin, tu restes indétectable et c'est correct, tu peux vivre une vie normale », souligne Richard Lafrenière.

Il est rapidement transféré dans un établissement albertain avant de sortir définitivement de prison. Avec la fatigue et la perte de poids liées aux traitements, il lui est toutefois difficile de continuer à travailler sur les chantiers de l'industrie pétrolière et gazière au nord d'Edmonton.

Richard Lafernière passe dorénavant ses journées à aider d'autres malades d'Edmonton venus chercher de l'aide au centre de l'association VIH Edmonton.

Un manque d'éducation criant

Selon les Services de santé de l'Alberta, 280 nouveaux cas ont été recensés dans la province en 2017. Parmi eux, 106 étaient à Edmonton.

Laura Keegan, la codirectrice de VIH Edmonton, s'étonne encore du manque d'éducation sur la maladie en 2018. « Nous luttons constamment contre la désinformation », dit-elle. « Les gens ont beaucoup d'idées reçues qui datent des années 1980. »

Laura Keegan, codirectrice de l'association VIH Edmonton, dans son bureau.

Laura Keegan, co-directrice de l'association VIH Edmonton, pense voir une augmentation du nombre de diagnostiqués à Edmonton puis une diminution avec le temps.

Photo : Radio-Canada

Elle rappelle que « plus vite les patients suivent un traitement, plus vite ils sont diagnostiqués, et plus vite le virus deviendra indétectable, c'est-à-dire qu'il devient impossible à transmettre à autrui ».

Avec tous les efforts pour dépister le plus grand nombre, Laura Keegan pense voir une augmentation du nombre de cas diagnostiqués à Edmonton, puis une diminution, avec le temps.

Le VIH, au Canada :

  • À la fin de 2016, il y avait 63 110 Canadiens vivant avec le VIH, selon CATIE, la source canadienne de renseignements sur le VIH et l'hépatite C.
  • Les chiffres sont en progression, puisqu'on compte 2945 personnes de plus porteuses du VIH entre 2014 et 2016.
  • Les usagers de drogues dures par injection sont 59 fois plus à risque.
  • Toujours en 2016, on estimait que 14 % des gens porteurs du VIH au Canada n'étaient pas au courant de leur état de santé.

Richard Lafrenière, lui, a aujourd'hui tourné les pages les plus sombres de sa vie. « Avant, ce n'était pas le soleil qui comptait le matin, c'était ça (la drogue) », avoue-t-il. « Mais maintenant, c'est le soleil qui est important chaque jour pour moi ».

L'homme de 51 ans caresse doucement l'espoir de voir un jour apparaître un vaccin contre le VIH.

Alberta

Santé physique et mentale