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D’autres accusations criminelles menacent Paul Manafort, l’ex-directeur de campagne de Trump

Paul Manafort devant une foule de manifestants et de journalistes

Paul Manafort arrive à la Cour de district des États-Unis à Washington pour une mise en accusation pour subornation de témoins, le 15 juin 2018.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Radio-Canada

Le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l'enquête sur la possible collusion entre Moscou et l'équipe Trump, envisage de nouveaux chefs d'inculpation contre Paul Manafort. L'ex-directeur de campagne du président est accusé d'avoir menti en dépit d'un accord de coopération.

« Il pourrait y avoir des charges supplémentaires, mais nous n'avons pas encore pris de décision », a déclaré l'avocat Andrew Weissmann, un des hommes forts du procureur Mueller, à Washington, vendredi.

Paul Manafort pourrait cette fois être inculpé pour parjure ou obstruction à la justice.

Reconnu coupable en août de malversations survenues avant la campagne électorale de 2016, Paul Manafort, qui a été directeur de campagne de Donald Trump pendant cinq mois, avait conclu en septembre un accord avec l'équipe de Robert Mueller. Il avait promis de coopérer avec les enquêteurs en échange d'une peine amoindrie en lien avec un deuxième procès.

Mais lundi, le procureur spécial l'a accusé d'avoir rompu l'accord en mentant au FBI. Ses avocats assurent qu'il est de bonne foi.

Lors d'une audience, vendredi, l'accusation n'a pas révélé le contenu de ses mensonges supposés. Elle devra transmettre à la justice le détail de ses griefs le 7 décembre, a fixé la juge Amy Jackson.

À cause de ce rebondissement, le prononcé de la peine de Paul Manafort ne pourra pas intervenir avant plusieurs semaines. La juge a fixé au 5 mars sa décision finale, tout en prévenant qu'elle devrait peut-être la reporter.

Donald Trump a loué cette semaine le « courage » de son ancien directeur de campagne et fait savoir qu'il n'excluait pas de lui accorder une grâce présidentielle.

D’abord accusé de fraudes fiscales et bancaires

En août dernier, Paul Manafort a été reconnu coupable de fraudes fiscale et bancaire. Il a ensuite plaidé coupable en septembre de conspiration contre les États-Unis et de conspiration d'entrave à la justice.

L’homme encourt 8 à 10 ans d'emprisonnement pour les chefs d'inculpation pour lesquels il a été reconnu coupable.

Ceux-ci concernent les sommes faramineuses qu’il a gagnées pour son travail de consultant politique auprès de politiciens prorusses en Ukraine, dont l'ex-président Viktor Ianoukovitch, qu'il a conseillé lors de sa campagne électorale victorieuse en 2010.

Manafort aurait dissimulé plus de 16 millions de dollars au fisc et a obtenu frauduleusement 20 millions de prêts bancaires.

Par ailleurs, la charge de conspiration contre les États-Unis dont il s’est lui-même reconnu coupable regroupe des délits de blanchiment d'argent, de fraude fiscale, de défaut d'enregistrement d'un compte bancaire à l'étranger et de défaut d'enregistrement du statut de lobbyiste pour des responsables politiques prorusses en Ukraine.

Celle de conspiration d'entrave à la justice est associée à celle de subornation de témoin.

Michael Cohen plaide coupable à son tour

Les rebondissements s’accumulent dans le dossier des liens qui unissent Donald Trump et la Russie.

Jeudi, l’ancien avocat du président, Michael Cohen, a de son côté plaidé coupable devant un tribunal de New York d'avoir menti à des comités du Congrès en 2017 au sujet du projet de construction d'une Trump Tower à Moscou.

M. Cohen a reconnu que les négociations qu'il a contribué à mener avec la Russie au nom de Donald Trump pour faire aboutir une transaction immobilière se sont poursuivies jusqu'en juin 2016, alors que son client faisait campagne pour devenir président des États-Unis.

Il avait d’abord affirmé que ces pourparlers s'étaient terminés avant le début des caucus et élections primaires pour l'investiture républicaine, en janvier 2016.

En août, Michael Cohen avait déjà plaidé coupable à huit chefs d'accusation. Il a notamment reconnu avoir contrevenu aux lois sur le financement des campagnes électorales, en versant de l'argent, en échange de leur silence, à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec le président américain.

Il avait alors affirmé avoir agi « à la demande du candidat » et « avec l'intention d'influencer l'élection » présidentielle de 2016.

Avec les informations de Agence France-Presse

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