•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'enquête publique sur la mort de Brydon Whitstone confirme qu'il n’était pas armé

Brydon Bryce Whitstone.
Brydon Bryce Whitstone est mort à l'âge de 22 ans. Photo: Albert Whitstone
Radio-Canada

Le premier témoin entendu lundi matin lors de l'enquête publique du coroner sur la mort de Brydon Whitstone à North Battleford a confirmé que l'Autochtone de 22 ans n'était pas armé au moment de sa mort.

Un texte d'Omayra Issa

Lors de son témoignage, le sergent Rob Zentner des crimes majeurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a aussi indiqué que Brydon Whitstone a effectué un mouvement suspect avec son bras vers sa taille lorsqu'un policier lui a demandé de se rendre aux autorités.

Le sergent Rob Zentner est un des policiers qui a mené une enquête sur la mort de l'Autochtone de la Première Nation d'Onion Lake survenue à la suite d'une poursuite policière le 21 octobre 2017.

Certaines informations avaient été dévoilées auparavant par la police. Les autorités avaient à l'époque indiqué avoir reçu un appel vers 20 h 55 de la part d'un automobiliste racontant qu'un véhicule le suivait et que ses occupants venaient de tirer un ou plusieurs coups de feu dans sa direction.

Ensuite, les agents de la GRC ont poursuivi le véhicule des suspects avant que son conducteur ne s'en serve pour foncer sur une voiture de police au coin de la 15e Avenue et de la 105e Rue, à North Battleford. Un des policiers s'est alors servi de son arme à feu, blessant le conducteur, Brydon Whitstone. Son décès a été déclaré à l'hôpital un peu plus tard, ayant reçu une balle dans la poitrine.

La poursuite policière entre les agents de la GRC et le véhicule que conduisait Brydon Whitstone a duré entre 20 et 30 secondes, selon le sergent Rob Zentner.

Le coroner Robert Kennedy, qui dirige l'enquête publique, confirme lui aussi qu’aucune arme n’a été retrouvée dans le véhicule. Toutefois, Brydon Whitstone a mis sa main dans sa poche droite. Les agents ont cru qu’il avait une arme, comme il a été mentionné lors de la présentation d'ouverture de l'enquête publique.

La GRC estime que Brydon Whitstone et Amanda Wahobin, la passagère du véhicule, n'ont pas obéi aux ordres des agents de lever les bras. Sans être armé, Brydon Whitstone avait toutefois des balles de calibre .22 sur lui.

Des vidéos captées par des civils

Plus tard, un avocat de la famille Whitstone, Mark Ebert, a interrogé le sergent détective de la police de Regina, Pierre Beauchesne. Ce dernier a donné des détails sur l’interrogatoire d’Amanda Wahobin mené par la police de Regina.

Selon Amanda Wahobin, Brydon Whitstone a prétendu avoir une arme cette soirée-là parce qu'il voulait mourir. « Il s’est suicidé par l’intermédiaire de la police », aurait déclaré Amanda Wahobin à Pierre Beauchesne.

Un responsable des caméras installées sur les voitures de la GRC, Jeff Soroka, a lui aussi témoigné.

Par ailleurs, les médias sociaux ont joué un rôle clé dans l’enquête publique du coroner, neuf vidéos ayant été présentées lors de l’audience de lundi.

Elles ont été captées par des civils et, dans certains cas, publiées sur des médias sociaux le soir de la fusillade, témoignant d’une scène chaotique.

Six véhicules de la GRC se sont trouvés sur les lieux ce soir-là, et bien que trois d'entre eux étaient équipés de caméras, un seul d'entre eux a capté des images.

5 jours d’audience

La procédure devrait durer 5 jours. Deux parties se partageront le temps de parole, soit la GRC et la famille de Brydon Whitstone, selon le coroner. Au total, 18 témoins devraient être entendus. Elle permettra à la famille du jeune Saskatchewanais tué par balle par un agent de la GRC de connaître les circonstances de sa mort.

Amanda Wahobin, qui était dans la voiture que conduisait Brydon Whitstone au moment de sa mort, fera partie des témoins.

Toutefois, le ministère provincial de la Justice n’a pas voulu préciser si l'agent de la GRC impliqué dans la mort du jeune homme passera à la barre des témoins.

Pas d'accusations criminelles

Cette enquête publique du coroner se déroule après une enquête policière menée par le service de police de Regina, à la suite de laquelle aucune accusation criminelle n'a été déposée contre l'agent de la GRC concerné.

L'enquête publique qui s'ouvre lundi matin n'est pas un procès criminel. Il s’agit d’une enquête de faits et non une conclusion de faute.

Six membres du jury, dont trois Autochtones, détermineront ce qui s'est passé.

Au terme des audiences, s'il le juge nécessaire, le jury pourra faire des recommandations à la GRC sur les façons de prévenir des morts semblables à celle de Brydon Whitstone.

Par ailleurs, la GRC a également mené une enquête interne, dont elle promet de publier les résultats après l'enquête publique du coroner. Elle s’abstiendra de tout commentaire pendant l'enquête de cinq jours.

Résultats des enquêtes publiques du coroner remis en cause

Pour les avocats Ammy Murray et Chris Murphy, les recommandations découlant des enquêtes publiques du coroner prennent la poussière dans des tiroirs, puisqu’elles ne sont pas contraignantes pour le gouvernement.

Pourtant, selon une analyse de nos collègues de CBC, le coût des enquêtes publiques a presque doublé au cours des cinq dernières années en Saskatchewan.

L’avocat de la famille, Donald Worme, souhaite qu'il y ait une structure indépendante qui se penche sur les agissements de la GRC en cas de mort de particuliers, à l’instar des provinces comme l'Ontario et l'Alberta

Saskatchewan

Autochtones