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Crise linguistique : une impression de déjà-vu pour d’anciens élèves de Sturgeon Falls

Un élève parle dans un porte-voix devant son école secondaire.

En septembre 1971, des élèves de la Sturgeon Falls Secondary School se mobilisent pour perturber les classes.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que des milliers de Franco-Ontariens se préparent à manifester samedi, d'anciens élèves de la Sturgeon Falls Secondary School ont un sentiment de déjà-vu. En septembre 1971, des centaines d'élèves francophones s'étaient mobilisés pour exiger la création d'une école secondaire francophone autonome.

Un texte de Mathieu Grégoire

denise truax entamait sa 13e année dans la polyvalente bilingue, dans laquelle les francophones représentaient 75 % de la population étudiante. Elle se souvient avoir participé avec conviction à la chaîne humaine devant l’établissement pour en bloquer l’accès.

Les jeunes francophones s’étaient concertés pour empêcher ainsi les élèves et enseignants anglophones de poursuivre leurs cours. Quelques jours plus tard, les élèves francophones avaient ensuite pris d’assaut l’école, empêchant toute activité scolaire.

Sur cette photo en noir et blanc, on voit denise truax alors âgée de 17 ou 18 ans; lunettes rondes et cheveux droits jusqu'aux épaules. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Denise Truax a terminé son secondaire en 1972 à l'école Sturgeon Falls Secondary School. On l'aperçoit ici dans l'album souvenirs des finissants.

Photo : Denise Truax

C’était une manière de dire haut et fort qu’on n’allait pas lâcher, qu’on voulait notre école. On était prêt à prendre les moyens qu’il fallait. [...] C’était une façon de dire : “On est vraiment très sérieux, écoutez-nous.”

Une citation de : denise truax, ancienne élève de l’école secondaire Sturgeon Falls Secondary School

La manifestation avait duré quelques jours. Bon nombre d’associations franco-ontariennes à travers la province, dont l’Association canadienne-française de l’Ontario, avaient appuyé sans réserve les revendications des élèves de Sturgeon Falls.

Des adolescents tiennent à la main grande bannière sur laquelle on peut lire « Nous voulons notre école ». Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les élèves francophones du secondaire bilingue de Sturgeon Falls avaient fait la grève et en avaient bloqué l'entrée alors qu'ils revendiquaient la création d'une école secondaire francophone distincte.

Photo : Radio-Canada

Le mouvement avait suscité certaines frictions entre francophones et anglophones de la province. L’ancienne élève Lise Gareau Smits n’avait pas le sentiment à l'époque que ces différends étaient aussi présents au sein même de la Sturgeon Falls Secondary School.

Il n’y avait pas d’animosité. Ils [les élèves anglophones] nous comprenaient et qu’on voulait avoir des classes françaises pour nous. Il n’avait jamais été question qu’on ne devait pas avoir une grève.

Une citation de : Lise Gareau Smits, ancienne élève de l’école secondaire Sturgeon Falls Secondary School

Après quelques jours de mobilisation, le gouvernement provincial avait annoncé la création de la Commission ministérielle sur l'éducation secondaire en langue française en Ontario. Dans son rapport, la Commission recommandait la création d’une école secondaire francophone distincte à Sturgeon Falls.

L’École secondaire Franco-Cité a ainsi été créée en décembre 1971. Le conseil scolaire a maintenu son école bilingue sous le même toit pendant les travaux de construction d'un nouvel établissement. Les élèves anglophones et certains francophones sont ensuite déménagés dans la nouvelle école secondaire bilingue Northern située à quelques pas de là.

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