•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les gilets jaunes manifestent à Bruxelles

Des gilets jaunes vandalisent un véhicule de police lors d'une manifestation à Bruxelles. Photo: Reuters / Yves Herman
Agence France-Presse

Le gouvernement français ne parvient pas à organiser une concertation avec le mouvement populaire et multiforme des « gilets jaunes », à la veille de sa troisième fin de semaine de mobilisation pour le pouvoir d'achat un peu partout en France, un phénomène qui a fait pour la première fois tache d'huile dans une autre capitale européenne : Bruxelles.

Le rendez-vous d'une délégation de « gilets jaunes » avec le premier ministre français, Édouard Philippe, a tourné court vendredi après-midi, avec la présence de seulement deux d'entre eux, dont l'un est ressorti presque aussitôt, alors que de nombreux politiciens appellent le gouvernement à poser un geste envers des « gilets jaunes ».

« Je souhaitais et j'ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision, cela a été refusé », a déclaré à la presse Jason Herbert, l'un des huit représentants, pour justifier son départ de la réunion.

Le jeune homme était arrivé à Matignon, le siège du premier ministre, une demi-heure après l'horaire prévu. Depuis l'annonce du rendez-vous jeudi matin, le cabinet d'Édouard Philippe n'a jamais été en mesure de dire qui serait reçu ni combien de personnes au total.

« Cet échange a eu lieu avec moins de représentants que j'espérais, mais il a eu lieu et je pense que c'était important qu'il ait lieu », a déclaré le premier ministre après une discussion qu'il dit avoir jugée « utile » et « intéressante ».

« Il aurait été incompréhensible », a-t-il ajouté, qu'il n'y ait « pas ce moment d'échange avec les représentants des gilets jaunes » après avoir reçu « tous les représentants des associations, des syndicats, des élus locaux, des corps intermédiaires » dans le cadre de trois mois de concertation voulus par le président Emmanuel Macron. Il a assuré que « la porte de Matignon sera toujours ouverte ».

Le mouvement des « gilets jaunes », né de manière spontanée contre la taxation des carburants, évolue hors des structures de concertation traditionnelles, sans cadres. Par ailleurs, ses revendications ont évolué, tout en restant majoritairement axées sur le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes.

Illustration des difficultés pour l'exécutif français à appréhender et à convaincre : la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a été exfiltrée par son service d'ordre lors d'une rencontre vendredi avec des manifestants « gilets jaunes » de l'île de la Réunion, dans l'océan Indien, où la mobilisation est forte.

Samedi, le périmètre des Champs-Élysées, à Paris, sera sous haute surveillance. Les voitures y seront interdites, et la police laissera passer les piétons après les avoir fouillés. D'importants moyens policiers seront déployés dans la capitale, alors que certains commerçants insistent sur l'importance de leur chiffre d'affaires en cette période, à quelques semaines des fêtes de fin d'année.

Des policiers vaporisent de gaz lacrymogènes des manifestants portant des gilets jaunes à Bruxelles, le vendredi 30 novembre 2018.
Des policiers vaporisent de gaz lacrymogènes des manifestants portant des gilets jaunes à Bruxelles, le vendredi 30 novembre 2018. Photo : Reuters / Yves Herman

À Bruxelles

Pour la première fois vendredi, des manifestants en gilets jaunes ont défilé à Bruxelles, où il y a eu, là aussi, des affrontements. C'est la première fois que le phénomène se produit hors de la région francophone de Wallonie.

Deux véhicules de police ont été incendiés lors d'incidents à la fin d'un défilé d'environ 300 « gilets jaunes », pendant lequel la police a fait usage de canons à eau pour disperser des manifestants qui lançaient des projectiles.

Une soixantaine de personnes ont été interpellées parce qu'elles transportaient des objets interdits, comme des objets tranchants, des fumigènes ou des bombes lacrymogènes.

« Le peuple c'est nous, Charles Michel, t'es fini », scandaient certains manifestants à l'adresse du premier ministre libéral belge. Comme en France, l'appel à manifester a été lancé à travers les réseaux sociaux, sans meneur revendiqué.

Charles Michel a dénoncé sur Twitter des « violences inadmissibles à Bruxelles ». « Les casseurs et les pilleurs devront être sanctionnés », a-t-il ajouté.

En Wallonie, la semaine dernière, les manifestations des « gilets jaunes » ont plusieurs fois été la cible de casseurs et la police a procédé à des arrestations par dizaines.

International