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  • 1993, l’année des raves à Montréal

    Le phénomène des raves parvient aux oreilles des médias en 1993

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Il y a 25 ans, la fièvre des raves s'emparait de Montréal. Issus d'un courant britannique, puis américain, les raves s'ancrent autour de la musique techno. L'organisation de ces fêtes clandestines dans la métropole gagne bientôt la curiosité des journalistes de Radio-Canada.

    Comme en témoigne ce reportage au Montréal ce soir du 14 juin 1993, le secret a été dévoilé à la suite d’un rave qui a mal tourné.

    Quelques semaines plus tôt, les policiers ont fait une intervention musclée au Palais du commerce. La fête qui s'y tenait enfreignait plusieurs règles de sécurité.

    La journaliste Martine Lanctôt remonte le fil. Depuis un an, il y a eu des dizaines de ces rassemblements festifs à Montréal, mais un seul a fait les manchettes.

    Les raves s’organisent jusqu’alors dans des entrepôts ou endroits désaffectés. Événements empreints de secret, c’est le bouche à oreille et quelques tracts qui en révèlent le lieu et la date.

    Homme de dos devant un faisceau de lumière qui danse parmi un large groupe dans un rave.

    Expérience rave à Montréal en 1993

    Photo : Radio-Canada

    Des initiés décrivent le rave comme une expérience collective au cours de laquelle les participants dansent toute la nuit sur de la musique techno avec des jeux d’éclairage qui contribuent à l’ambiance exaltée.

    « J’aime la musique, j’aime l’ambiance, tout le feeling d’un rave. C’est l’ambiance qui fait que c’est le fun », confie une adepte. « C’est comme le Peace and Love qui revient, mais version années 90 », ajoute un autre.

    Emmanuel Amar, un organisateur de ces fêtes, parle pour sa part d’une philosophie anarchique ou socialiste qui réunit dans le respect tous ces jeunes qui dansent ensemble.

    Pour fêter toute la nuit, on note qu’une nouvelle drogue a fait son apparition sur le marché montréalais : l’ecstasy. Les raveurs vantent aussi les vertus des smart drinks, des jus à base de produits naturels qui donnent de l’énergie.

    Après l’événement au Palais du commerce, l’avenir du mouvement rave est remis en question. Sera-t-il encore possible d’en tenir dans des lieux clandestins ou migreront-ils dans des endroits commerciaux?

    Au moment de produire le reportage, les raves gagnent les salles de spectacle et les discothèques, et deviennent de plus en plus accessibles à un large public de jeunes.

    Enjeux, 17 novembre 1993

    Le 17 novembre 1993, l’émission Enjeux s’intéresse à son tour au courant techno à Montréal.

    Le journaliste Claude Sauvé tente de résumer aux plus de 30 ans ce nouvel univers.

    Ils donnent la parole à plusieurs intervenants qui gravitent autour des raves. Les DJ qui se spécialisent chacun dans différentes variations de musique techno. Les artistes qui participent à créer un environnement visuel et une ambiance pour ces fêtes. Les producteurs qui ont de plus en plus maille à partir avec la police. Et les barmans, dont l’un révèle la composition du fameux smart drink.

    « C’est un monde plutôt inoffensif, mais assez compliqué pour que la police ait parfois du mal à y trouver du bien », explique le journaliste Claude Sauvé.

    Les raves appartiennent à une génération et, même, à une tranche d’âge bien précise.

    Ils dansent la danse de leur tribu. C’est un tribalisme assez paradoxal puisqu’ils forment la tribu du chacun pour soi. Tout seul ensemble. Et surtout, surtout, ce qui fait tant plaisir à voir et à ressentir, c’est que ce monde-là, il est pratiquement inconnu de tous ceux et celles qui n’ont plus cet âge-là.

    Le journaliste Claude Sauvé
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