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Les médecins ont parfois des propos discriminatoires, selon une personne transgenre

Une médecin examine une patiente avec un stéthoscope.
Plusieurs personnes transgenres évitent de se rendre chez le médecin de peur d'être jugées. Photo: iStock
Radio-Canada

Une personne transgenre a déposé une plainte au Collège des médecins et des chirurgiens de la Saskatchewan après qu'un médecin lui eut posé des questions qu'elle juge discriminatoires.

Lors d’une visite régulière chez un médecin généraliste, Reann Legge aurait dû répondre à des questions sur ses parties génitales, alors qu’elle consultait pour un dossier de réadaptation à la suite d’un accident de la route.

Le médecin aurait mentionné l'absence de cicatrice lors du rasage trachéal, une procédure visant à réduire la pomme d'Adam. Le médecin aurait ensuite demandé si elle avait des implants mammaires ou un soutien-gorge rembourré, avant de lui demander si elle avait subi une opération de changement de sexe.

Émotionnellement, c'est épuisant. Chaque fois que l'on me demande : "Alors, à quoi ressemblent vos organes génitaux?"

Reann Legge, 30 ans

Selon elle, d’autres professionnels de la santé lui ont déjà posé des questions « innocentes, mais inappropriées », mais jamais au même niveau que ce médecin.

Reann Legge vu du torse à la tête. Reann Legge dit qu'elle a été confrontée à une myriade de questions inconfortables de la part de professionnels de la santé concernant le fait d'être transgenre. Photo : Radio-Canada

Elle donne l'exemple d'un chiropraticien qui lui a demandé combien de temps il lui avait fallu pour marcher comme une femme et d'un physiothérapeute qui lui a demandé depuis combien de temps elle savait qu’elle était une femme.

« J'aimerais que les professionnels de la santé se rendent compte que les personnes transgenres ont les mêmes droits que les personnes cisgenres », déplore-t-elle.

Procédure en cours

Reann Legge a d’abord déposé une plainte à l’encontre de l’Autorité de la santé de la Saskatchewan, auprès de la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan, sur la base de l’orientation sexuelle et du genre.

La Commission n’a pas accepté la plainte et lui a plutôt conseillé de s’adresser au Collège des médecins et des chirurgiens de la Saskatchewan.

Selon un registraire associé du Collège, Byran Salte, il faudra évaluer si les questions étaient légitimes dans le cadre médical de la visite.

« Est-ce que c’est quelque chose qui va jusqu'à devenir une conduite non professionnelle qui est intrusive, blessante pour le patient ou qui crée des problèmes? Est-ce que c’est quelque chose que le médecin demandait, pensant que c'était pertinent, même si ce n'était pas le cas? », demande Byran Salte.

Curiosité mal placée

Les médecins doivent être particulièrement sensibles lorsqu’ils ont affaire à des populations marginalisées, d’après la Dre Sara Dungavell, psychiatre à Saskatoon.

« Il y a des médecins qui ne réalisent pas à quel point il peut être gênant pour des patients transgenres de parler de leurs organes génitaux, juste pour satisfaire la curiosité de leur médecin », souligne-t-elle.

En avril 2016, le Collège des médecins et des chirurgiens de la Saskatchewan a sanctionné la Dre Mary Anderson pour conduite non professionnelle, après qu'elle eut dit qu’« être transgenre est une abomination » à un patient. Une amende de 2 500 $ lui avait été imposée.

D'après les informations de Kendall Latimer et Emmanuelle Poisson

Saskatchewan

Communauté LGBTQ+