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L’avez-vous vu? Plus noir que le noir et vos aisselles vous parlent

Radio-Canada

La substance artificielle la plus sombre du monde quitte le domaine de la recherche et prend pied dans l'univers des jeux vidéo, et un timbre qui alerte son utilisateur de ses mauvaises odeurs est mis au point. Voici quelques nouvelles que vous auriez pu manquer dans les derniers jours.

Un texte d'Alain Labelle


1. Immersion dans le noir complet

La Black Ops House créée pour le lancement de Call of Duty : Black Ops 4.La Black Ops House créée pour le lancement de « Call of Duty: Black Ops 4 ». Photo : Activision/Surrey Nanosystems

Les physiciens britanniques créateurs du Vantablack, reconnu comme le matériau artificiel le plus sombre du monde, se sont associés à l’éditeur américain de jeux vidéo Activision afin de créer l’espace le plus sombre du monde dans le cadre du lancement du jeu vidéo Call of Duty: Black Ops 4.

Les murs de la Black Ops House sont enduits d’une version spéciale du Vantablack connue sous le nom de VBx2, qui n'absorbe pas moins de 99,965 % de la lumière qui atteint sa surface.

Avant d’y entrer, les joueurs doivent traverser un couloir de plusieurs mètres sur une plateforme surélevée au bout de laquelle se trouvent des portes coulissantes s’ouvrant automatiquement pour révéler une console PlayStation4 et un moniteur, provoquant un effet d’immersion qui laisse à penser qu’ils atteignent le vide total.

En fait, l’œil humain ne voit littéralement rien quand il regarde ce matériau et ne perçoit aucune dimension.

Le Vantablack n'absorbe pas moins de 99 965 % de la lumière qui atteint sa surface.Agrandir l’imageLe Vantablack n'absorbe pas moins de 99 965 % de la lumière qui atteint sa surface. Photo : Surrey NanoSystems

Le Vantablack est un matériau composé de millions de nanotubes de carbone. Chacun de ses tubes a un diamètre d'environ 20 nanomètres (3500 fois plus petit que le diamètre du cheveu) et mesure généralement de 14 microns à 50 microns. Ainsi, une surface de 1 cm2 peut contenir 1000 millions de nanotubes.

Le Vantablack n'absorbe pas moins de 99 965 % de la lumière qui atteint sa surface.Le Vantablack n'absorbe pas moins de 99 965 % de la lumière qui atteint sa surface. Photo : SurreyNanoSys

L’utilité de cette technologie brevetée par l’entreprise Surrey NanoSystems est grande, particulièrement dans les domaines de l’astronomie et militaire.


2. Une balance pour peser des virus

Le système qui permet de mesurer la masse d’objets nanométriques.Le système permet de mesurer la masse d’objets nanométriques. Photo : CNRS

Toujours dans l’univers de l’extrêmement petit, des scientifiques français ont mis au point une nanobalance capable de mesurer la masse de particules jusqu’alors inaccessibles aux technologies commerciales.

À ce jour, il était possible de mesurer la masse d’un éléphant ou d’un atome, mais les chercheurs ne disposaient d’aucun instrument pour peser certains nano-objets de masses intermédiaires entre ces deux extrêmes. Des objets qui incluent la plupart des virus, des biomarqueurs de maladies et certaines nanoparticules synthétiques.

C’est maintenant chose faite. Ils ont mis au point un spectromètre de masse basé sur des résonateurs nanomécaniques. Concrètement, cette balance a permis pour la première fois de mesurer la masse d’une capside (coque) de virus bactériophage.

Ce virus tueur de bactéries est considéré comme une solution de rechange prometteuse aux antibiothérapies classiques. Si sa composition moléculaire était connue, les instruments commerciaux ne pouvaient établir sa masse avec précision. Cette percée permettra un meilleur contrôle de la qualité dans la production de ce virus ou d’autres bactériophages utilisés dans le traitement de certaines maladies infectieuses d’origine bactérienne.


3. Un premier atlas numérique du cerveau en 3D

Le cerveau d'une souris.Représentation du cerveau d'une souris Photo : Projet Blue Brain

Le projet Blue Brain a publié le tout premier atlas numérique du cerveau en 3D.

Pour le moment, il s’agit de celui d’une souris, mais il pourrait quand même permettre d’accélérer considérablement les progrès de la science du cerveau.

Cet atlas offre une vue en 3D à haute résolution, navigable et annotée du cerveau du rongeur.

Il permet aux neuroscientifiques de consulter des informations jusqu'ici inaccessibles sur les principaux types de cellules, leur nombre et leur position dans l'ensemble des 737 régions cérébrales.

Cette ressource gratuite est disponible en ligne. Elle est interactive et conviviale. Elle comble, selon ses créateurs, « un immense vide dans notre connaissance de 96 % des aires du cerveau de la souris » en intégrant les données de milliers d'échantillons de cellules cérébrales.

Cet atlas numérique révolutionnaire peut être utilisé pour analyser et modéliser des zones spécifiques du cerveau et constitue une percée majeure pour une simulation complète du cerveau des souris.


4. Voir un trou noir comme si vous y étiez… ou presque

Représentation artistique d'un trou noir.Représentation artistique d'un trou noir Photo : BlackHoleCam

Une visualisation immersive en 360 degrés et en réalité virtuelle du trou noir supermassif qui trône au centre de notre galaxie a été créée par des scientifiques européens.

Par définition, les trous noirs sont invisibles et ne peuvent être observés directement. La technologie a permis de représenter leur environnement proche qui trahit leur présence.

La présence de Sagittarius A* a ainsi été simulée par ordinateur par les astrophysiciens du projet « BlackHoleCam ». Cet objet céleste est situé à environ 25 000 années-lumière de la Terre.

Dans la vidéo, l’humain se retrouve en orbite et peut observer la matière attirée par l’objet dont la masse n'équivaut à pas moins de 4 millions de fois celle du Soleil.

Cette matière tourne autour du trou noir et forme un disque d’accrétion.

On voit qu'une partie de cette matière se trouve siphonnée, tandis qu’une autre est éjectée au niveau des pôles de l’objet.

Toutes les images ont pu être modélisées grâce à des calculs fondés sur la théorie de la relativité d’Einstein.


5. Un timbre qui alerte son utilisateur de ses mauvaises odeurs

Illustration d'un homme qui sent ses aisselles.Un timbre pourrait vous avertir si vous dégagez des odeurs nuisibles. Photo : iStock / Mary Valery

Un capteur qui conjugue intelligence artificielle (IA) et analyse chimique est actuellement développé au Royaume-Uni dans le cadre du projet PlasticArmPit.

Ce timbre de plastique flexible se colle sur la peau. Il peut avertir son propriétaire de ses propres mauvaises odeurs en l’alertant au moyen d'une application mobile.

Un prototype de cette puce sera testé en 2019.

Du plastique souple recouvre des réseaux de capteurs.Du plastique souple recouvre des réseaux de capteurs et les circuits d'apprentissage machine pour interpréter leur sortie. Photo : Arm

Les mauvaises odeurs sont un mélange complexe de dizaines d’éléments chimiques.

Le recours à l’IA permet à la puce d’analyser ces éléments et d’établir si elle est en présence d’une combinaison dangereuse.

En fait, cette puce en plastique est composée de capteurs, d'un processeur d'IA et d’une interface. Ses constituants sont liés par un mince film de plastique et permettent d’analyser et de réagir à la présence de différents éléments chimiques.


6. Des microbes qui mangent des gaz à effet de serre

Une communauté microbienne vivant dans les sédiments d'eau profonde  situés dans le bassin de Guaymas, dans le golfe de Californie.Une communauté microbienne vivant dans les sédiments d'eau profonde situés dans le bassin de Guaymas, dans le golfe de Californie. Photo : Université du Texas à Austin

Des microbes découverts récemment dans les grands fonds marins californiens absorbent des gaz à effet de serre et peut-être même du pétrole, ont découvert des scientifiques américains de l’institut des sciences de la mer de l’Université du Texas à Austin.

Lors d’une récente expédition sous-marine, ces chercheurs ont observé près de deux douzaines de nouveaux types de microbes, dont beaucoup utilisent des hydrocarbures tels que le méthane et le butane comme sources d'énergie pour survivre et croître, ce qui signifie que les organismes pourraient aider à limiter les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

En outre, elles pourraient aussi être utiles pour nettoyer les marées noires.

« Nos observations montrent que les grands fonds marins contiennent une vaste biodiversité inexplorée et qu'il y existe des organismes microscopiques qui peuvent dégrader le pétrole et d'autres produits chimiques nocifs », affirme Brett Baker, l’auteur principal de l’étude publiée dans la revue Nature Communications (en anglais).


7. Des casse-têtes très design

Les pièces d'un casse-tête de la Terre.Les pièces d'un casse-tête de la Terre Photo : Nervous System

Le studio américain Nervous System, dont le travail se situe à l'intersection de la science, de l'art et de la technologie, a créé des casse-têtes de la Terre et de la Lune comme vous n'en avez probablement jamais vu : sans bord, sans nord ni sud et sans forme fixe.

Vous pouvez le commencer n'importe où et voir où votre voyage vous mènera. Celui de la Terre contient 442 pièces et celui de la Lune 186.

Les pièces d'un casse-tête de la Terre.Les pièces d'un casse-tête de la Terre Photo : Nervous System

Chacune des pièces est imprimée et découpée séparément et est composée d’un contreplaqué de bouleau.

Ces casse-têtes peuvent être réarrangés en un nombre pratiquement illimité de possibilités.

Les concepteurs ont eu recours à une projection cartographique icosaédrique, c’est-à-dire qui applique la topologie d'une sphère sans les frontières traditionnelles.

Les pièces d'un casse-tête de la Lune.Les pièces d'un casse-tête de la Lune Photo : Nervous System

Science