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L’arthrite juvénile associée au manque de vitamine D

Des enfants jouent au soccer dans la neige dans la petite ville de Baker Lake, au Nunavut.
Comme la synthèse de la vitamine D dépend de l'exposition au soleil, les enfants des régions nordiques sont plus à risque de souffrir d'arthrite juvénile. Photo: La Presse canadienne / Nathan Denette
Radio-Canada

Des carences en vitamine D sont observées dans la plupart des cas d'arthrite juvénile, selon une étude de l'Université de la Saskatchewan. D'après les chercheurs, ce résultat pourrait servir au traitement de cette maladie chronique pour les jeunes Canadiens, principalement ceux vivant dans les communautés nordiques.

Un texte de Miriane Demers-Lemay

« Nous avons observé que beaucoup de nos patients souffrant d’arthrite juvénile avaient de faibles niveaux de vitamine D », explique Alan Rosenberg, un rhumatologue pédiatrique de l’Université de la Saskatchewan ayant participé à l’étude.

Alan Rosenberg et son équipe ne sont toutefois pas les seuls à faire ces observations. En consultant divers rapports sur l’arthrite juvénile provenant de partout dans le monde, ils ont découvert que la plupart d'entre eux font également état de carence chez les enfants atteints d’arthrite.

Le spécialiste explique que la vitamine D est associée à la santé des os. Elle joue également un rôle relativement au système immunitaire et aux réactions inflammatoires. Tous ces aspects sont associés à l'arthrite juvénile.

L’arthrite est l’une des maladies chroniques les plus communes dans l’enfance. Pourtant, nous n’avons pas une bonne compréhension de ses causes.

Alan Rosenberg, rhumatologue pédiatrique

Au Canada, plus de 20 000 enfants souffriraient d'arthrite juvénile, selon l'étude. Il s'agirait de l'une des maladies chroniques les plus fréquentes chez les enfants au pays.

Les régions nordiques plus à risque

Les enfants vivant dans les régions nordiques, comme le Canada et le nord de l’Europe, sont plus susceptibles de souffrir de carences en vitamine D et des maladies y étant associées, comme l’arthrite, selon l’étude de l’Université de la Saskatchewan.

De fait, la vitamine D est principalement synthétisée après l’exposition de la peau au soleil. Certains aliments, comme le thon, le saumon ou le foie, peuvent également contribuer à l’apport en vitamine D.

Un Inuit marche dans les rues d'Iqaluit, au Nunavut, pendant l'hiver.Les régions nordiques, comme le Nunavut (photo), observent un plus grand nombre d'enfants atteints d'arthrite que les régions plus au sud, notamment en raison de l'exposition réduite au soleil. Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

« On a des préoccupations pour nos communautés autochtones dans le nord de la Saskatchewan, par exemple, qui sont encore plus à risque de souffrir d’une carence en vitamine, en raison du manque de lumière et du manque d’accès à une nourriture riche en vitamine D », explique M. Rosenberg.

Selon lui, le résultat de l’étude permet d’inclure cette vitamine dans les stratégies pour traiter l’arthrite juvénile dans les régions nordiques. « On pourrait utiliser des compléments de vitamine D pendant les mois d’hiver, donne-t-il comme exemple. La vitamine D devrait être prise en considération au sein du traitement, mais aussi dans la gestion globale de l’arthrite juvénile. »

Différents facteurs en cause

Le traitement de l’arthrite juvénile doit continuer à se faire de façon globale, en prenant en compte des facteurs comme l’alimentation, croit toutefois James Irvine, médecin à La Ronge, une communauté du nord de la Saskatchewan. « Plusieurs facteurs peuvent jouer un rôle dans l’absorption de la vitamine D », dit-il.

Le médecin explique que les communautés nordiques ont délaissé, par exemple, des sources de nourriture traditionnelles riches en vitamines, comme la viande de phoque, et qu’elles font maintenant face à une plus grande insécurité alimentaire.

La couleur de la peau de l'enfant peut également influer sur le degré d’efficacité qu'a celle-ci d'absorber les rayons du soleil et, par conséquent, de synthétiser de la vitamine D.

« La génétique peut aussi jouer un rôle dans la capacité du corps à générer ou non de la vitamine D », ajoute M. Rosenberg. Avec son équipe, le chercheur se penche actuellement sur le rôle des gènes dans la production de vitamines dans le corps. Leur étude sur ce sujet devrait bientôt être publiée.

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