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Montréal se donne un plan d’action pour empêcher toute nouvelle infection au VIH en 2020

Une femme tient dans ses mains un ruban rouge.

Le ruban rouge est devenu le symbole de la lutte contre le VIH/sida.

Photo : La Presse canadienne / AP/Alvaro Barrientos

Radio-Canada

Mieux informer la population, lutter contre la judiciarisation des personnes vulnérables, améliorer les conditions de vie des personnes atteintes et leur fournir des services adéquats : la Ville de Montréal, les autorités de santé et des organismes communautaires se dotent d'un plan d'action en 24 mesures pour « enrayer localement l'épidémie » de sida et participer aux efforts d'autres villes pour « éradiquer le virus d'ici 2030 à travers le monde ».

Ce plan fait suite à la décision de la Ville de Montréal de se joindre en décembre 2017 au réseau international des villes sans sida.

La Municipalité s’est alors donné des objectifs « ambitieux » pour 2020 :

  • Il n’y aura aucune nouvelle infection;
  • 90 % des personnes séropositives sauront qu’elles le sont;
  • 90 % des personnes qui se savent séropositives seront traitées;
  • Chez 90 % des personnes traitées, le virus sera indétectable;
  • Il n’y aura ni discrimination ni stigmatisation des personnes atteintes ou vulnérables.

Le plan d’action 2019-2020 a été préparé conjointement par la Municipalité, la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP), le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et la Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida.

« Sur l'île de Montréal, environ 10 000 personnes vivent avec le VIH. En 2017, il y a eu plus de 200 nouveaux diagnostics de VIH sur le territoire, et ce, malgré les progrès remarquables observés dans la lutte contre le VIH/sida. Il ne faut donc pas baisser les bras, et ce plan d'action commun vient justement cibler les actions les plus prometteuses à mettre en place afin d'éliminer les derniers obstacles à la fin de l'épidémie », indique la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal et coprésidente de Montréal sans sida.

Plusieurs des mesures du plan d'action visent à ce que les services médicaux et les outils de prévention soient plus accessibles, en particulier auprès de groupes marginalisés.

Indétectable = intransmissible

Un des messages que souhaitent marteler les partenaires est que l’infection au VIH n'est pas transmise sexuellement par une personne chez qui le virus est indétectable – bien qu'il demeure présent dans l'organisme – parce qu'elle prend assidûment ses médicaments antirétroviraux.

Le slogan i = i (pour indétectable = intransmissible) devrait ainsi être diffusé largement.

Les auteurs du plan d’action se penchent aussi sur certains éléments du Code criminel. « La criminalisation de l’usage et de la possession de drogues, du travail du sexe et de la non-divulgation du statut sérologique constitue un obstacle de taille à la santé et au bien-être des communautés vulnérables au VIH », écrivent-ils.

La DRSP prendra d’ailleurs position contre l’obligation de divulguer son statut sérologique (le fait d'être séropositif) lors d’une relation sexuelle lorsque le risque de transmission est négligeable.

Améliorer les services et les conditions de vie

Un des volets du plan d’action concerne l’accès aux moyens de transport, à la nourriture et au logement, afin de faciliter la vie aux personnes infectées par le VIH.

En 2017, il y aurait eu 204 nouveaux diagnostics d’infection au VIH à Montréal. Comme ce n’est pas une maladie à déclaration obligatoire (sauf lorsque la personne infectée a donné ou reçu du sang ou des tissus), « la qualité des renseignements épidémiologiques de base disponibles à Montréal demeure un enjeu », écrivent les auteurs.

D’ici 2020, le plan d’action montréalais ciblera les groupes les plus touchés par l’épidémie, soit les personnes vivant avec le VIH, les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, les utilisateurs de drogues injectables, les personnes originaires de pays où le VIH est endémique, les jeunes des communautés les plus touchées, les travailleurs du sexe et les Autochtones.

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