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Recyc-Québec manque de vision pour recycler les pneus

Les opposants au projet estiment que la cimenterie Lafarge privera l'industrie locale du recyclage d'une grande quantité de pneus usagés. Photo: iStock / stoonn
Radio-Canada

La Société québécoise de récupération et de recyclage (Recyc-Québec) n'assume pas le leadership qui lui revient en matière de gestion des pneus hors d'usage, alors que les stocks des recycleurs québécois ont plus que doublé en deux ans seulement. Selon le dernier rapport de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, la société d'État est passive plutôt que proactive, ce qui l'empêche d'atteindre les objectifs de son programme.

Un texte de Véronique Prince, correspondante parlementaire à Québec

Un seul inspecteur de Recyc-Québec est affecté à la surveillance du traitement des pneus de 12 000 détaillants et de 4 centres de transformation au Québec. Plus souvent qu’autrement, il mènera une enquête à la suite de plaintes au sujet d’amas de pneus dans les cours des détaillants. Devant l’ampleur de la tâche, il n’arrive pas à réaliser des inspections préventives.

Recyc-Québec est pourtant au fait que, depuis 2015, la quantité de pneus récupérés dépasse la capacité de traitement.

Le Programme québécois de gestion intégrée des pneus hors d’usage 2015-2020 est financé par les contribuables qui conduisent des véhicules routiers : 3 $ sont perçus sur chaque pneu neuf vendu au Québec.

Le programme a rapporté 25 millions de dollars en 2017. Il vise à récupérer les pneus d’automobiles et de camions et de les acheminer vers l’industrie du remoulage et du recyclage, que Recyc-Québec a le mandat de développer.

L’objectif est de veiller à que les pneus ne soient pas enfouis ou entreposés, et qu’ils ne génèrent aucun déchet. Or, Recyc-Québec ne s’en assure pas.

Pas de mécanismes de surveillance

Le bureau de la vérificatrice générale observe qu’« aussitôt qu’un pneu est acheminé vers un centre de traitement, la société d’État considère que l’objectif du zéro déchet est atteint sans égard au mode de transformation utilisé ». De plus, Recyc-Québec « n’a pas mis en place de stratégie ni de mécanismes de surveillance basés sur les risques, ce qui ne lui permet pas d’obtenir l’assurance que les pneus hors d’usage sont traités ou entreposés de façon sécuritaire ».

Les suivis effectués par Recyc-Québec sont limités, puisque l'organisme ne dispose pas d’informations suffisantes et fiables quant au nombre de pneus en circulation et à leur durée de vie utile.

De plus, la vérificatrice Guylaine Leclerc constate que la société d’État ne fait pas suffisamment d’efforts pour soutenir l’innovation et le développement de nouveaux produits dérivés des pneus hors d’usage, tels que les bardeaux pour les toitures.

Le marché des produits dérivés stagne en raison du manque d’intérêt.

Peu de mesures pour favoriser la recherche et le développement ont été mises en place. Le Québec fait donc piètre figure comparativement à la Colombie-Britannique qui a trouvé une façon d’intégrer le caoutchouc dans le béton, ou à l’Europe qui a développé l’asphalte caoutchouté.

Parce que Recyc-Québec n’influence pas suffisamment le développement de l’industrie des pneus hors d’usage, de moins en moins d’entreprises s’intéressent au remoulage et au recyclage des pneus hors d’usage.

En 10 ans, leur nombre est passé de 10 à seulement 4. La concurrence étant moins grande dans le domaine, Recyc-Québec dépend de plus en plus de ce nombre limité de joueurs, ce qui ne favorise pas la concurrence.

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