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  • Archives
  • Il y a 25 ans, Pablo Escobar était abattu

    Gros plan du visage de Pablo Escobar
    Il y a 25 ans, le baron de la drogue Pablo Escobar était abattu par les autorités colombiennes. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 2 décembre 1993, le célèbre trafiquant Pablo Escobar est abattu par des tireurs d'élite appartenant à la police et à l'armée colombienne. Nos archives ont rendu compte de sa mort et de l'impact que cette dernière a eu pour Medellín, sa ville d'adoption.

    Bonsoir, l’armée de la Colombie vient de décapiter le cartel de la drogue. Pablo Escobar a été tué cet après-midi à Medellín après une chasse à l’homme de 16 mois qui aura impliqué une escouade spéciale de 2000 soldats et policiers.

    Michèle Viroly

    Un mythe disparaît

    Téléjournal, 2 décembre 1993

    C’est par ces mots que l’animatrice du Téléjournal du 2 décembre 1993 présentait le reportage de notre correspondant en Amérique latine, Jean-Michel Leprince, sur la mort d’un des plus mythiques criminels du 20e siècle.

    Jean-Michel Leprince rappelle que le nom de Pablo Escobar est associé à l'une des plus grandes vagues de violence qu’ait connues la Colombie.

    Par exemple, il a donné l’ordre de tuer 100 000 civils colombiens et au moins 3000 policiers. C’est sans compter les juges, les politiciens et trois candidats à la présidence de la Colombie qu’il faut ajouter à cette liste.

    Fils d’un pauvre fermier, il est devenu l'un des principaux barons de la drogue dans les années 1980. À cette période, son cartel de Medellín distribuait 80 % de la cocaïne vendue aux États-Unis.

    Son groupe faisait un chiffre d’affaires hebdomadaire de 420 millions de dollars américains pour un total de 22 milliards de dollars. Au début des années 1990, sa fortune personnelle était évaluée à 30 milliards de dollars américains.

    Outre sa richesse, c’est son utilisation de la corruption et de la violence qui caractérise Pablo Escobar.

    Il avait établi un système de pots-de-vin et d’intimidation des officiels colombiens qu’on résumait en espagnol par l’expression « plata o plomo » (ou l’argent ou la balle de plomb).

    On comprend dans ce contexte que la tête du baron de la drogue était mise à prix autant par les autorités colombiennes que par les autorités internationales. Un groupe paramilitaire financé par les victimes de Pablo Escobar cherche aussi à avoir sa peau.

    Le 2 décembre 1993, alors qu’il est évadé depuis 16 mois de la luxueuse prison où il était détenu, Pablo Escobar tombe sous les balles de tireurs d’élite des autorités colombiennes (certains prétendent qu’il se serait suicidé).

    La journée précédente, il venait d’avoir 44 ans.

    Medellín renaît

    Les années sombres font partie du passé. Medellín se modernise, regarde en face la pauvreté et sert même de modèle à d’autres villes.

    Céline Galipeau
    Téléjournal, 12 octobre 2011

    L’animatrice du Téléjournal présentait ainsi le 12 octobre 2011 un reportage de notre correspondant en Amérique latine Jean-Michel Leprince sur la spectaculaire renaissance de la deuxième ville de Colombie après la mort de Pablo Escobar.

    Les Medelliniens entretenaient avec Pablo Escobar une relation amour-haine. S’il est certain que le baron de la drogue a terrorisé la ville, il l’a aussi aidé par certains gestes à se développer.

    Avec une partie de ses gains mal acquis, le baron de la drogue a fait construire pour son fief d’adoption des routes, des écoles, des stades de football et des hôpitaux.

    Pablo Escobar jouissait d’une popularité certaine auprès des pauvres de Medellín.

    Il n’en demeure pas moins que, dans l'ensemble, les activités de Pablo Escobar à Medellin ont entaché la réputation de la ville et nuit à son développement.

    Sa mort a levé cette hypothèque. La deuxième ville de Colombie a connu un essor que peu lui prédisaient en 1993.

    Jean-Michel Leprince montre dans son reportage des exemples de cette progression.

    À côté de la prison désaffectée de Pablo Escobar, qui se situait dans un des quartiers les plus violents de la ville, se trouve maintenant une école secondaire ainsi qu’une excellente bibliothèque.

    Sous ces lieux se trouve également une des quatre stations de métro qui est liée à un réseau de téléphériques qui dessert les quartiers pauvres de Medellín.

    Le journaliste note aussi que le développement urbain y a connu un éclair de génie. On a cessé de cacher les quartiers défavorisés. On les a aussi désenclavés.

    Ces initiatives peu orthodoxes ont aidé dans la lutte contre la corruption et la violence. Medellín s’est ainsi transformé en un modèle en Colombie et en Amérique latine. Des métropoles comme Rio de Janeiro et Caracas ont copié ses méthodes.

    En 2017, un sondage d’opinion réalisé par la firme Ipsos confirmait Medellín comme étant la meilleure ville où vivre en Colombie.

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