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Appels à rétablir le poste de l'intervenant de l'Ontario en faveur des enfants

On voit des manifestants tenir des pancartes contre l'abolition du Bureau de l'intervenant provincial en faveur des jeunes et des enfants.

Des manifestants protestent contre l'abolition du bureau de l'intervenant provincial en faveur des jeunes et des enfants.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Radio-Canada

Près de 150 personnes ont manifesté jeudi midi devant Queen's Park contre l'abolition du bureau de l'intervenant en faveur des enfants de l'Ontario. Le gouvernement Ford a décidé la semaine dernière de transférer les responsabilités de l'intervenant Irwin Elman à l'ombudsman de la province pour des raisons budgétaires.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le rassemblement était organisé par une coalition qui défend les intérêts des jeunes Ontariens ainsi que des étudiants, actuels et anciens, en service social de l'Université Ryerson. Les manifestants ont scandé des slogans peu flatteurs à l'endroit du premier ministre Doug Ford, en criant Honte au gouvernement et Sauvons nos enfants.

Tous demandent au gouvernement de revenir sur sa décision pour le bien-être et la sécurité des enfants qui sont placés en foyer d'accueil dans la province.

L'intervenant Irwin Elman a été le premier nommé à ce poste et il est le seul jusqu'à présent à l'avoir occupé depuis sa création en 2007. M. Elman a déjà déclaré jeudi matin dans une entrevue accordée à Metro Morning, sur les ondes de CBC, qu'il comptait bien jouer son rôle jusqu'à l'adoption de la loi des conservateurs qui abrogera son mandat.

Irwin Elman a des cheveux gris, des lunettes à monture noire, il a les yeux bleu clair

Irwin Elman est devenu le premier intervenant provincial en faveur des enfants et des jeunes de l'Ontario en 2008.

Photo : Radio-Canada

Selon la coalition, le poste de M. Elman est crucial, parce qu'il est un commissaire indépendant de la législature et qu'il agit comme un chien de garde devant lequel le gouvernement est imputable.

Elle rappelle que l'ombudsman et la ministre responsable, Lisa MacLeod, ne pourront pas faire tout son travail pour protéger les jeunes. Elle veut donc que son bureau soit entièrement rétabli.

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de services à l'enfance, Monique Taylor, rappelle que la ministre ne peut de toute façon pas endosser le rôle de l'intervenant comme elle l'a laissé entendre la semaine dernière, puisque c'est à l'intervenant de s'assurer que la ministre remplisse ses tâches convenablement en lui faisant des recommandations sur des enjeux particuliers.

L'ombudsman n'agit que sur des plaintes, alors que le mandat de l'intervenant est beaucoup plus large, parce qu'il peut se pencher sur des problèmes systémiques dans le système de la protection à l'enfance.

Monique Taylor, députée néo-démocrate

La coalition estime par ailleurs que la décision d'abolir le bureau de M. Elman sera dévastatrice pour les jeunes marginaux et racialisés, ceux qui ont des difficultés particulières, comme un handicap ou une maladie mentale, et ceux qui ont des problèmes avec la loi.

Bailey Beattie, une ancienne enfant de la Couronne, affirme que les enfants sous tutelle sont forts et qu'ils ne veulent pas être davantage institutionnalisés par la faute du gouvernement qui a supprimé leur allié en la personne de l'intervenant, selon elle.

La jeune femme de 19 ans, qui a eu un enfant à l'adolescence, souligne que la sécurité de ces enfants est maintenant compromise. Il est important que le gouvernement ne puisse équilibrer le budget de la province sur le dos des enfants de la Couronne.

On voit quatre membres de la coalition qui défend les intérêts de jeunes Ontariens en conférence de presse à Queen's Park juste avant la manifestation à l'extérieur.

Des membres de la Coalition qui défend les intérêts de jeunes Ontariens ; Bailey Beattie est complètement à droite.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Mme Taylor rappelle d'ailleurs que la majorité des enfants sous tutelle dans la province sont de jeunes Noirs et de jeunes Autochtones. Le travail de l'intervenant consistait à s'assurer que tous les enfants soient écoutés et puissent vivre au mieux de leur capacité; sans lui, tout son travail est perdu, tous ses efforts auront été vains... sans protection juvénile, aucune prévention n'est possible.

La porte-parole du Parti libéral en matière de services à l'enfance, Mitzie Hunter, pense aussi que le travail de l'intervenant doit être sauvegardé. Mme Hunter croit que l'ombudsman de l'Ontario ne pourra pas faire son travail de manière juste, parce qu'il n'a pas l'expertise en matière de protection juvénile.

Nous ne voulons plus d'enquête du coroner sur la mort d'un enfant qui a été négligé par ses tuteurs légaux, nous ne voulons pas que nos enfants soient violentés, mais lorsque le système de protection juvénile faillit à sa tâche, nous devons avoir un bureau attentif à la voix des enfants en détresse.

Mitzie Hunter, députée du Parti libéral

Sa collègue libérale, la députée Marie-France Lalonde, était elle aussi présente à la manifestation. Le rôle de l'intervenant est d'être un défenseur indépendant pour éclairer le gouvernement en vue d'établir des politiques et des règlements pour prévenir des accidents lorsqu'il y a des situations difficiles.

On voit la porte-parole du NPD en matière de services sociaux, Monique Taylor, à la tribune lors de la manifestation devant Queen's Park.

La députée du NPD, Monique Taylor, à la tribune lors de la manifestation devant Queen's Park.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

La coalition prédit que la décision de supprimer le poste de l'intervenant aura des conséquences négatives à long terme sur les services sociaux, les services de santé et les services correctionnels.

Mme Hunter dit d'ailleurs voir à ce sujet un parallèle entre ce qui se passe en ce moment et les années Harris il y a 20 ans lorsque des compressions budgétaires ont mis à mal des programmes sociaux pour les familles en général et les mères monoparentales en particulier, si bien que des enfants sont aujourd'hui devenus des adultes en marge de la société.

Voilà la tragédie dans l'abolition de ce poste, car beaucoup de jeunes ont été renvoyés des écoles à l'époque, certains se sont retrouvés dans la rue faute de services et de programmes appropriés.

Mitzie Hunter, députée du Parti libéral

La coalition dit en outre qu'elle ne se satisfera pas d'une demi-mesure si jamais le gouvernement Ford devait décider de transférer l'équipe de l'intervenant au bureau de l'ombudsman dans une entité séparée, mais sous son autorité, comme il l'a fait avec le commissaire aux services en français pour calmer la grogne des Franco-Ontariens.

Rien ne justifie, selon eux, l'abolition du poste, qu'il est nécessaire de maintenir pour la protection de ceux qu'ils qualifient des plus vulnérables de la société.

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