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Bayer compte supprimer 12 000 postes après le rachat de Monsanto

Le groupe allemand Bayer

Le logo de la compagnie Bayer

Photo : Reuters / Marco Bello

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bayer, le géant allemand de la pharmacie et de la chimie, a annoncé jeudi la suppression de 12 000 emplois dans le monde d'ici 2021, soit 10 % de ses effectifs, quelques mois après le rachat aussi coûteux que risqué du géant américain Monsanto.

« Ces décisions n'ont pas été rendues nécessaires par la récente acquisition », a affirmé lors d'une conférence téléphonique le patron du groupe, Werner Baumann, évoquant une « stratégie remontant à 2014 ».

Un tiers des suppressions de postes envisagées concerne cependant la division agrochimique, effet direct de la récente intégration de Monsanto, explique le groupe dans un communiqué.

Bayer tablait jusqu'ici sur 1,2 milliard d'euros de synergies à partir de 2022, mais n'avait pas détaillé les conséquences sociales de ce mariage lancé en 2016 et conclu début juin pour 63 milliards de dollars.

Environ 1250 emplois supplémentaires seront supprimés dans la division pharmacie et 1100 dans les médicaments sans ordonnance, tandis que les services administratifs et commerciaux seront amputés de « 5500 à 6000 postes ».

L'Allemagne concernée

Un « nombre significatif » de ces coupes concernera l'Allemagne, dont « environ 350 emplois » sur le site pharmaceutique de Wuppertal, a indiqué Bayer.

Au total, le groupe entend économiser « 2,6 milliards d'euros par an » à partir de 2022, tandis que son vaste plan de restructuration devrait lui coûter « 1,7 fois ce montant », soit autour de 4,4 milliards d'euros.

En se séparant de plus de 10 % de ses 118 200 salariés dans le monde, Bayer compte « améliorer ses performances et son agilité », argumente Werner Baumann.

« Entreprise des sciences du vivant »

Le groupe pharmaceutique et chimique, qui se présente désormais comme une « entreprise des sciences du vivant », entend par ailleurs se délester d'activités non stratégiques.

Bayer prévoit vendre l'an prochain sa division de santé animale, la plus modeste du groupe, et « examine ses options stratégiques » concernant deux activités de parapharmacie, Coppertone (crèmes solaires) et Dr. Scholl's (soin des pieds).

Comme il l'avait fait avec Covestro, son ex-filiale de chimie de spécialité, le groupe envisage de céder les 60 % qu'il détient dans Currenta, qui gère trois sites chimiques en Allemagne.

L'ensemble de ces mesures doit permettre à l'inventeur de l'aspirine, bénéficiaire mais violemment chahuté en Bourse depuis le rachat de Monsanto, de viser 10 euros de bénéfice par action en 2022, contre une cible de 5,70 à 5,90 euros cette année.

Recherche et développement

Pour « renforcer sa compétitivité », Bayer entend aussi réinvestir une partie des sommes économisées en déboursant 35 milliards d'euros d'ici la fin 2022, dont les deux tiers en recherche et développement.

Le groupe n'explique cependant pas comment il compte apaiser les inquiétudes liées au rachat de Monsanto et à la cascade de risques judiciaires associés au mastodonte des semences et des OGM.

Depuis cet été, et la retentissante condamnation de Monsanto à indemniser un jardinier californien en raison de la dangerosité de son herbicide au glyphosate, les procédures du même type se sont accumulées.

Lors du dernier pointage au 30 octobre, « quelque 9300 requêtes avaient été déposées aux États-Unis » contre le seul glyphosate, « et d'autres devraient suivre », avait indiqué M. Baumann à la mi-novembre.

Pas de lien avec le glyphosate

La nouvelle restructuration n'est « certainement pas » liée au glyphosate, a-t-il insisté jeudi, alors que le groupe martèle depuis cet été sa confiance dans ce produit « sûr et très efficace ».

Mais les analystes soulignent l'énorme aléa judiciaire et financier associé à ces litiges, rendant la facture potentielle pour Bayer très difficile à évaluer.

Mi-août, la banque Berenberg avançait le possible montant final de cinq milliards de dollars, tandis que Michael Leacock, analyste chez MainFirst, jugeait que Bayer risquait de « facilement » débourser le double.

En Bourse, le titre de Bayer a fini en baisse de 0,72 % à 63,77 euros jeudi, portant à 37,7 % ses pertes depuis le début de l'année.

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