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Transit sur le mont Royal : l'opposition à la recherche d'un compromis

Un vélo monte la voie Camillien-Houde en bordure de celle-ci.

La cohabitation entre les automobilistes et les cyclistes n'est pas toujours facile sur le mont Royal.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Jérôme Labbé

L'opposition officielle à l'Hôtel de Ville propose une série de mesures pour améliorer l'expérience de tous les usagers du mont Royal, dont la réduction de la vitesse maximale à 30 km/h sur la voie Camillien-Houde et le chemin Remembrance. Elle souhaite rétablir la circulation de transit, mais elle ne s'opposerait pas à une interdiction en semaine aux heures de pointe si les conditions étaient réunies pour le faire.

Ensemble Montréal présentera son mémoire jeudi soir à l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM), qui s'est penché sur le projet pilote mené par l'administration l'été dernier.

Sur la circulation de transit – interdite pendant toute la durée du projet pilote, du 2 juin au 31 octobre – l'approche de l'opposition consiste à réduire de manière significative le nombre d'automobilistes utilisant la montagne pour passer d'un quartier à l'autre « sans pour autant bloquer directement la circulation ».

« Notre approche est graduelle et vise une transformation des habitudes de vie des citoyens par le biais de mesures dissuasives plutôt que coercitives », résume Lionel Perez, auteur du mémoire et chef par intérim du parti.

« S’il était possible d’interdire le transit uniquement aux heures de pointe en semaine, sans nuire à la sécurité ou à l’accessibilité des usagers du parc le reste du temps, nous n’y serions pas opposés », écrit-il, précisant qu'« aujourd’hui, la mise en œuvre d’une telle mesure, circonscrite dans le temps, serait difficile à faire respecter ».

« Si jamais il y avait une solution potentielle, on est prêts à entendre ce qui va être proposé par d'autres », a affirmé M. Perez jeudi matin, en point de presse. « On ne prétend pas avoir la vérité absolue comme le fait très souvent Projet Montréal. »

Il n’y a pas de solution miracle.

Lionel Perez, chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville

Largement décriée par l'opposition officielle et par plusieurs automobilistes, l'interdiction d'utiliser la voie Camillien-Houde et le chemin Remembrance pour passer du Plateau-Mont-Royal à Côte-des-Neiges (et vice-versa) était au coeur du projet pilote, annoncé pour la première fois en février 2018.

M. Perez en point de presse à l'hôtel de ville.

Le chef par intérim d'Ensemble Montréal, Lionel Perez, jeudi matin.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Dans son rapport, Ensemble Montréal propose notamment de :

  • Réduire la vitesse à 30 km/h dans tout le parc et y installer des radars photo, des indicateurs de vitesse, des dos d’âne et des bandes rugueuses;
  • Aménager une piste cyclable surélevée des deux côtés de la voie Camillien-Houde et du chemin Remembrance;
  • Construire un trottoir en bois sur cette même artère, un projet baptisé « montée Hochelaga »;
  • Réaménager le belvédère Camillien-Houde pour qu'il soit plus facile aux automobilistes d'y accéder, quelle que soit leur direction d'origine;
  • Créer une « zone partagée » entre le belvédère et la maison Smith en supprimant l'une des deux voies de circulation et en installant un « feu alternatif à décompte ».

L'OCPM, qui a été mandaté pour se pencher sur le projet pilote après l'annonce de celui-ci, déposera son rapport début 2019. Les consultations publiques qui ont été menées jusqu'ici ont attiré un nombre record de participants, a fait savoir l'organisme.

Une mort tragique

Le projet pilote avait été annoncé par Luc Ferrandez, maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal et responsable des grands parcs au comité exécutif de la Ville de Montréal, quelques mois après la mort de Clément Ouimet, à l'automne 2017.

Ce cycliste de 18 ans avait heurté de plein fouet le véhicule d'un touriste américain qui effectuait un demi-tour interdit sur la voie Camillien-Houde. Le conducteur n'a jamais été accusé.

L'accident, survenu en pleine campagne électorale, avait poussé le maire sortant, Denis Coderre, et la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, à promettre d'en faire plus pour assurer la sécurité des cyclistes sur le mont Royal.

Un comité de travail, qui a depuis convaincu la Ville de réduire la vitesse à 40 km/h sur le mont Royal, avait notamment été mis sur pied pour réfléchir à des moyens permettant d'éviter ce genre d'accident.

Or, deux mois et demi après le début du projet pilote, le secteur restait relativement dangereux pour les cyclistes, Radio-Canada ayant pu constater que les automobilistes étaient encore nombreux à enfreindre les règlements.

Les cyclistes, plus nombreux à venir s'entraîner sur la montagne, ont, quant à eux, été bannis du cimetière Mont-Royal en plein milieu de l'été.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

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