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Des commissions scolaires veulent recruter des enseignants à l'étranger

Théodore Zagbai réalise son rêve et enseigne fièrement les mathématiques.

Photo : Radio-Canada

Jean-Philippe Robillard

Alors que les écoles font face à une pénurie de personnel enseignant, des commissions scolaires courtisent les nouveaux arrivants pour combler leurs besoins. Certaines songent même à recruter à l'étranger tant le manque est criant.

Théodore Zagbai en a rêvé pendant des mois. Mais aujourd'hui, il enseigne enfin les mathématiques à l'école Mont-Royal, dans Outremont, à Montréal.

Pour lui, tout est nouveau. L'école, la salle de classe et les élèves qui se trouvent devant lui. Il y a à peine un an et demi, il vivait encore en Suède avec sa famille. « L'enseignement, c'est ma passion. Moi, je suis un passionné de l'enseignement. »

Monsieur Zagbai, comme l'appellent ses élèves, a effectué sa formation en Côte-d'Ivoire. Il a aussi vécu une dizaine d'années en Suède, où il a enseigné les mathématiques et les sciences. Il y a un an et demi, il a immigré au Canada, et il a entamé des démarches pour devenir titulaire.

Seul, sans aide et sans bien connaître le système d'éducation québécois, il a eu à faire des démarches longues et difficiles. Mais il est finalement parvenu à obtenir un permis d'enseigner du ministère de l'Éducation, ce qui lui a ouvert la porte de plusieurs écoles.

Je suis vraiment très heureux parce que c'est pour ça que je suis venu ici au Canada, pour être enseignant.

Théodore Zagbai, enseignant

Des enseignants comme M. Zagbai, les écoles du Québec en ont grandement besoin. La pénurie de personnel enseignant se fait particulièrement sentir au niveau primaire.

La situation est telle que la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys tente une opération de séduction auprès des immigrants qui ont une formation en enseignement.

Une représentante de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys debout devant des nouveaux arrivants, assis à des tables.

La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys organise des rencontres avec des nouveaux arrivants qui ont une formation en éducation.

Photo : Radio-Canada

Les gens issus de l'immigration récente font partie de la solution pour atténuer les impacts de la pénurie de main-d'œuvre.

Frédéric Berthiaume, directeur adjoint aux ressources humaines à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys

La commission scolaire a même organisé récemment une journée d'information et de recrutement pour attirer les nouveaux arrivants. Une vingtaine d’immigrants y ont participé.

Pour Frédéric Berthiaume, directeur adjoint aux ressources humaines à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, c'est là une façon de garnir la liste de rappels et de dépister de futurs candidats. « Pour nous, c'est de rencontrer ces personnes-là et voir avec eux le chemin à parcourir pour obtenir leur permis d'enseignement et leur brevet et voir les possibilités d'emplois à la commission scolaire. [...] Ce sont des gens, on espère, qui viendront travailler à plus long terme comme enseignant », dit-il.

Mais pour certains de ces nouveaux arrivants formés en éducation, le parcours sera long et ardu, car une fois qu'ils auront leurs permis d'enseigner en poche, ils auront cinq ans pour obtenir un brevet, l'autorisation permanente d'enseigner. Au cours de cette période, ils devront notamment faire un stage et suivre des cours à l'université.

Gros plan de Lamyaa Fattah

Malgré son expérience, Lamyaa Fattah doit suivre une nouvelle formation pour pouvoir enseigner au Québec.

Photo : Radio-Canada

Pour Lamyaa Fattah, une immigrante marocaine, les prochains mois s'annoncent donc difficiles. Elle n'a pas encore obtenu le permis temporaire pour enseigner. « Je n'ai aucune qualification pour le moment. J'ai commencé la procédure avec le ministère de l'Éducation. Je suis en train de rassembler mes papiers. »

J'ai déjà 18 ans d'enseignement. Venir ici et devoir un peu refaire des études, ça au début c'était difficile à digérer, mais c'est un chemin important, primordial, qu'il faut faire.

Lamyaa Fattah

En 2017-2018, 188 nouveaux arrivants ont obtenu un permis d'enseigner et 149 autres ont eu un brevet d'enseignement. Des chiffres relativement semblables aux années précédentes.

La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys envisage maintenant de recruter à l'étranger tant les besoins sont grands.

« On a entrepris des pourparlers avec le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion pour évaluer les options de recrutement à l'international. Il y a plusieurs pays de la Francophonie, entre autres, où il serait intéressant d'établir des partenariats », soutient Frédéric Berthiaume.

Pour sa part, la Commission scolaire de Montréal songe aussi à recruter des enseignants en France. Par courriel, le porte-parole de la CSDM a indiqué que « certaines démarches ont été amorcées afin d’accueillir des enseignants français, toutefois, les procédures au niveau de l’immigration sont très longues ».

La direction de la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île a de son côté fait savoir qu'en raison de la pénurie, elle a embauché « des enseignants qui ont été formés dans leur pays d'origine, mais qui n'ont pas encore leur permis d'enseigner. Selon leurs compétences, certains peuvent aussi être embauchés comme suppléants ou comme remplaçants. »

La commission scolaire précise que le ministère de l'Éducation lui a émis une tolérance d'engagement valide pour un an pour ces personnes et que des vérifications des antécédents judiciaires ont été effectuées.

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