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L'ex-avocat de Trump plaide coupable d'avoir menti au Congrès

L'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, quitte la Cour fédérale le 21 août 2018.
Michael Cohen, ancien avocat personnel du président Donald Trump, quitte la Cour fédérale à New York le 21 août 2018. Photo: Associated Press / Craig Ruttle
Radio-Canada

Devant un tribunal de New York, Michael Cohen a reconnu jeudi que les négociations qu'il a contribué à mener avec la Russie au nom de Donald Trump pour faire aboutir une transaction immobilière se sont poursuivies jusqu'en juin 2016, alors que son client faisait campagne pour devenir président des États-Unis.

Accompagné par ses avocats, Michael Cohen a plaidé coupable d'avoir menti à des comités du Congrès en 2017 au sujet du projet de construction d'une Trump Tower à Moscou.

Lorsqu'il avait soumis des déclarations écrites aux commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants, l'avocat désormais déchu avait pourtant assuré que les pourparlers s'étaient terminés avant le début des caucus et élections primaires pour l'investiture républicaine, en janvier 2016.

Or, les négociations ont duré au moins jusqu'à la mi-juin, selon les documents soumis au tribunal. À ce stade, son client était déjà assuré de remporter l'investiture républicaine.

« J'ai fait ces déclarations de façon à être en accord avec le message politique de l'Individu 1 et pour être loyal à l'Individu 1 », a-t-il indiqué, se référant à Donald Trump.

Contrairement à ce qu'il avait affirmé en 2017, Michael Cohen a précisé avoir discuté du projet avec lui à plus de trois reprises et avoir également informé des membres de la famille de son client, dont Ivanka et Donald Trump fils.

Selon le New York Times, Michael Cohen et Donald Trump auraient évoqué l'idée du voyage que ferait le magnat de l'immobilier en Russie après la convention républicaine de juillet 2016, mais le voyage ne s'est jamais concrétisé.

Ce nouveau rebondissement dans l'enquête russe menée par le procureur spécial Robert Mueller constitue un développement potentiellement embarrassant pour le président américain.

À l'époque des discussions autour de la transaction, Donald Trump plaidait pour un réchauffement des relations entre les États-Unis et la Russie et pour la levée des sanctions mises en place par l'administration Obama.

Les démocrates, qui reprendront le contrôle de la Chambre des représentants dès janvier, ont d'ailleurs rapidement indiqué que des comités réétudieraient la question et envisageaient de faire témoigner à nouveau Michael Cohen.

CNN et BuzzFeed ont par ailleurs rapporté jeudi que le projet immobilier de Moscou prévoyait de donner au président russe, Vladimir Poutine, le penthouse du Trump Tower, qui aurait valu 50 millions de dollars.

Un des procureurs de l'équipe du procureur spécial Robert Mueller chargé de l'enquête sur l'ingérence russe lors de la présidentielle de 2016 et sur une éventuelle collusion avec l'équipe de Donald Trump était présent dans la salle d'audience.

Un des avocats de M. Cohen a indiqué qu'il remettra au tribunal une lettre détaillant comment son client a coopéré avec l'enquête du procureur spécial.

En août, M. Cohen a plaidé coupable à huit chefs d'accusation. Il a notamment reconnu avoir contrevenu aux lois sur le financement des campagnes électorales, en versant de l'argent, en échange de leur silence, à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec le président américain.

Il avait alors affirmé avoir agi « à la demande du candidat » et « avec l'intention d'influencer l'élection » présidentielle de 2016.

Trump pourfend son ancien avocat

La riposte de M. Trump n'a pas tardé. Il a accusé Michael Cohen d'avoir menti afin d'obtenir une peine réduite. « C'est une personne faible, a-t-il déclaré aux journalistes depuis la Maison-Blanche. « Il ment donc à propos d'un projet dont tout le monde avait connaissance » et qui « n'a pas duré longtemps », a-t-il lancé.

« Nous avons décidé – ultimement j'ai décidé – de ne pas mener ce projet », s'est défendu le milliardaire républicain avant de s'envoler pour le Sommet du G20 en Argentine.

Cela ne l'a pas empêché d'ajouter : « Il n'y aurait rien eu de mal à ce que je le fasse ».

« Il y avait de fortes chances que je ne remporte pas [l'élection], et j'aurais donc repris mes affaires. Pourquoi aurais-je dû perdre des occasions d'affaires? », a-t-il demandé.

En matinée, le président s'en est encore pris sur Twitter à Robert Mueller, l'accusant de dépenser l'argent des contribuables à des fins partisanes.

Après la reconnaissance de culpabilité de son ancien avocat, Donald Trump a annulé une rencontre prévue avec son homologue russe en marge du G20, invoquant la saisie de navires ukrainiens par la Russie.

Le plaidoyer de M. Cohen survient quelques jours après de nouvelles accusations portées à l'encontre de Paul Manafort, l'ancien directeur de campagne de Donald Trump.

Le procureur spécial Robert Mueller accuse ce dernier d'avoir menti à répétition au FBI et à son équipe après avoir accepté de collaborer à l'enquête russe dans le cadre d'une reconnaissance de culpabilité négociée.

Selon les médias américains, M. Mueller serait sur le point de conclure son enquête après avoir reçu la semaine dernière les réponses écrites du président américain, qu'il attendait depuis plusieurs mois.

En juillet dernier, un grand jury fédéral américain a inculpé 12 agents des services russes de renseignement militaire qui auraient piraté les réseaux d'ordinateurs de la candidate démocrate à l'élection présidentielle de 2016, Hillary Clinton, et du Comité national du Parti démocrate.

Avec les informations de New York Times, AFP, et Associated Press

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